Ma résidence au Chalet Mauriac avec Écla et la Région Aquitaine s'est achevée (trop tôt).

Ça a été un séjour idyllique, dans un très bel endroit, la maison où François Mauriac a passé son enfance à Saint-Symphorien (Gironde), rénovée et remeublée, avec une forêt en guise de jardin, des conditions de vie et de travail parfaites, et un absolu respect de l'auteur et de ses souhaits par l'équipe d'ECLA et du Chalet. Un grand merci à Aimée A., Alain H., Chantal D., ainsi qu'à Corinne C et Olivier D. P. Sans oublier mes camarades résidents : Guillaume Hillairet, Virginie Lydie, Emmanuelle Samson, et Guillaume Trouillard.

Ci-dessous un extrait de mon journal de résidence :

"05.IX.2013

En début d'après-midi, Aimée nous emmène chez des gens qui habitent à une dizaine de kilomètres de Saint-Sym, au bout du bout d'un bourg appelé Le Tuzan. Après la départementale, on oblique à gauche et on doit rouler de longues minutes sur une route moins large que la voiture, et qui serpente entre les pins maritimes et la lande. La maison est entourée de petites granges en bois, j'en compte au moins trois, et devant il y a un airial qui forme une clairière étrange, sans doute jadis un lieu de sorcières nous dira en riant la femme qui nous accueille avec son mari. Le couple a longtemps élevé des moutons ici, ils étaient arrivés de la ville dans le prolongement des années 1968, des jeunes intellectuels (avant sa retraite, elle était professeur agrégée). Passionnant échange. Ils nous parlent de beaucoup de choses, du monde d'avant les pins, la Grande-Lande étudiée par Félix Arnaudin, et ce qui en a survécu, de leur vie ici aujourd'hui, de la désertification suivie de l'arrivée de néo-ruraux, des résiniers, de l'isolement (mais à la vue de leur boitier posé sous la télévision, je note que même ici ils ont une connexion Internet haut-débit). Ils nous racontent aussi les trous d'eau dans la lande, capables de faire disparaître un tracteur dans la nuit, trous dans lesquels les suicidaires viennent s'allonger pour mettre fin à leurs jours plutôt que se pendre comme partout ailleurs à la campagne. Le couple nous sert aussi un Armagnac de 1993, dans une énorme bouteille de verre blanc avec un morceau de bois coulé au fond. Nous parlons encore et ils nous donnent beaucoup d'autres informations très importantes qui me reviendront sûrement un jour à la mémoire, le moment venu."