En général, les métros des grandes villes ne me font pas peur, mais j'appréhendais celui de Tokyo, et j'avais raison, il est étrange, il a sa logique; voilà ce que je crois avoir compris.

D'abord, et heureusement, toutes les stations sont affichées à la fois en japonais et en anglais, et généralement (mais pas toujours), les écrans qui indiquent dans la rame la prochaine station et le plan de la ligne sont eux aussi bilingues.

C'est un métro compliqué parce qu'il y a plusieurs réseaux entrecroisés : le réseau de la compagnie Tokyo-Metro, le réseau de la compagnie de métro Toei, le réseau des trains de banlieue de la compagnie JR, tous reliés par des passerelles de correspondance, certes, mais avec chacun leur tarif et leur portique. Dès qu'on change de compagnie, on repaie.

J'ai constaté aussi qu'on paie en fonction de la longueur du trajet, et si on n'avait pas payé assez on est bloqué à la sortie et on doit payer le supplément. Les tarifs sont assez élevés, de ¥150 à ¥300 (1,50 € à 3 €) le trajet, à multiplier par deux si on doit prendre une correspondance sur une autre compagnie, ce qui est fréquent puisqu'on jongle en permanence entre les réseaux Tokyo-Metro, Toei et JR. On peut dépenser facilement 10 € par jour de métro. Les cartes et abonnements sont adaptés aux tokyoïtes, mais pas aux visiteurs séjournant un ou deux mois. A chaque portique d'entrée et de sortie, il y a une guérite avec un contrôleur, prêt à renseigner, ou faire la monnaie (inutile car les distributeurs de tickets prennent les billets), ou encaisser le prix du ticket, le tout dans une logique d'aide et jamais de sanction car ici personne n'aurait l'idée de frauder.

Après quelques errances, j'ai compris qu'il faut identifier les lignes à leur lettre (généralement la première lettre du nom de la ligne) et à leur couleur (les rames elles-mêmes sont souvent peintes à la couleur de la ligne), mais surtout pas à leur numéro (le numéro indique le quai).

A part ça, le métro de Tokyo est partout d'une propreté incroyable, c'est un réseau très efficace, confortable, assez silencieux, avec une haute fréquence de trains (jamais plus de 5 minutes d'attente entre deux rames, 20 secondes aux heures de pointe), on s'y sent totalement en sécurité comme partout à Tokyo, et le personnel du métro est nombreux, disponible et d'une courtoisie au-delà du possible.