Passage de Philippe Forest chez Mollat, venu présenter son nouveau roman, Le siècle des nuages (Ed. Gallimard).

Passionnant échange avec un auteur volubile et décontracté, balayant l'histoire de l'aviation et de la littérature, évoquant incidemment d'autres auteurs, comme Blaise Cendrars, Louis Aragon ou Antoine de Saint-Exupéry.

J'ai noté à la volée sur mon calepin quelques phrases : "Il y a une volonté de ma part de m'affronter au genre de l'épopée" (...) "C'est un roman sur le temps, l'Histoire, mais aussi l'espace" (...) "Saint-Exupéry est un très grand styliste, je m'en suis aperçu en essayant de décrire ce qu'on voit d'un avion, Saint-Exupéry y parvient de façon remarquable."

Évoquant l'expérience singulière de pilote de ligne qui était celle de son père, il explique : "On flotte à la fois dans l'espace et le temps. Par exemple, quand nous lui demandions l'heure, mon père avait sa montre réglée en GMT, sur le Méridien de Greenwich, donc du coup il n'était pas dans le même temps que nous. Cela produit un rapport père-fils fait de relativité."

Sur la littérature et l'existence en général, Philippe Forest a aussi dit : "Toute vie est un roman, la liberté à laquelle nous pouvons accéder consiste à devenir le romancier de sa propre vie. Mentalement il s'agit de réinventer sa vie en la transformant en un roman dont on produise le sens" (...) "Pour un romancier, l'imaginaire investit tout espace vide, on se retrouve exproprié de sa propre vie à travers l'imaginaire qui s'infiltre partout" (...) "Il faut que le roman soit tourné vers l'avenir, il faut laisser le livre ouvert."

Le podcast de la rencontre est disponible sur le site de la librairie Mollat.