Passage de Mathias Enard à la librairie Mollat, pour présenter son nouveau roman Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Ed. Actes Sud).

L'auteur de Zone a beaucoup parlé d'Histoire, il est revenu sur l'idée de ce livre, qui lui a été donnée lors de son séjour à Rome à la Villa Medicis, en feuilletant dans une bibliothèque une biographie de Michel-Ange où était rapporté que le Sultan Bajazet lui avait proposé de construire un pont qui enjamberait la Corne d'Or. Il a parlé du portrait qu'il fait de Michel-Ange dans son roman : "J'envisage un Michel-Ange tellement passionné par la beauté qu'il n'arrive pas à l'atteindre. Ce qui l'intéresse est au-delà. (...) Ce désir de mettre de la beauté dans le monde l'éloigne de la perfection que nous sommes et qui est l'altérité".

À propos des différences de longueur et de construction dans ses deux derniers livres, Mathias Enard précise : "Chaque sujet a sa forme, et la forme d'un livre est donnée par l'histoire. J'avais quelques petites choses à raconter, ce que j'ai fait, et j'ai donné à ce livre la forme d'un conte. C'est une nuit des Mille et une nuits." J'ai noté également ceci, sur l'idée de pont qui est le sujet du roman : "Le livre aimerait être un pont disparu, un pont à construire." Pour finir, Mathias Enard explique : "Je ne suis pas pessimiste. Il y a des constats terrifiants sur l'histoire du XXe siècle et il y a l'avenir. On utilise l'Histoire pour projeter une volonté d'avenir, il y a ces deux aspects : un aspect de constat et un aspect de projection".

Le podcast de la rencontre est disponible sur le site de Mollat.