Je rebondis sur la très intéressante étude du MOTif à propos des agents littéraires, au sujet de laquelle François Bon a d'ailleurs fait un excellent billet.

Je n'ai pas d'agent littéraire et je ne songe pas à en prendre un. Pourquoi ? d'abord parce que je préfère gérer mes affaires tout seul. Je ne fais confiance à personne d'autre que moi pour défendre mes intérêts. Je plie moi-même mon parachute.

Ensuite, je n'ai pas envie d'amputer mes maigres revenus d'auteurs d'une part à verser à un agent (on parle de 10 %). La tendance générale est à la diminution du nombre des intermédiaires, et les auteurs ont aujourd'hui la chance de pouvoir prendre en main directement de plus en plus de choses (à commencer par leur site web), ce n'est pas pour ajouter un agent entre soi et l'éditeur.

Enfin, et c'est un élément important, mes relations avec mon éditeur-editor (la personne qui lit mes manuscrits) et mon éditeur-publisher (la maison d'édition qui publie mes livres) sont sans nuage. Je me trouve bien, et plus que bien, chez mon éditeur : les contrats contiennent des clauses qui me conviennent (*), mes livres sont bien défendus et bien vendus, les lecteurs et les institutions culturelles respectent le nom de cet éditeur et prêtent attention à mon travail.

Bref, tout cela pour dire que je suis mon propre agent littéraire.

(*) concernant la fameuse clause souhaitée par François Bon et qui limiterait les droits cédés à 10 ans, pourquoi pas, mais personnellement ça ne me gêne pas de donner à mon éditeur les droits jusqu'à 70 ans après ma mort, dans la mesure où cela ne concerne qu'un seul livre tous les un ou deux ans. Je veux dire que je ne vends à mon éditeur papier qu'une petite partie de mon travail, tout le reste m'appartient : 60% de ce que j'écris, je le donne gratuitement sur mon site web (carnet d'écriture, textes en revues, manuscrits refusés).