Pour répondre à une sempiternelle et pourtant vraie question, j'écris tous mes livres importants à la main, et voici une photographie de la première page de L'homme pacifique.

[cliquer sur l'image pour voir la page entière en haute définition]

J'écris avec un stylo-plume à encre bleue, jadis un Pelikan, aujourd'hui un Waterman, sur des feuilles blanches courantes, couvertes de haut en bas, côté recto seulement. Parce que je peine à me relire, je dactylographie le texte aussitôt, si possible le jour même. Écrire à la main me permet d'écrire plus vite, de transférer d'une traite ma pensée dans les mots sans devoir tracer toutes les lettres. Peu importe que le texte soit illisible, en y revenant je me souviendrai de ce que je voulais dire, je sais que ma mémoire saura boucher les trous.

J'aimerai un jour pouvoir dicter, pour aller encore plus vite, pour penser tout haut. J'avais essayé il y a quelques années les logiciels informatiques de reconnaissance vocale, mais ils ne comprenaient pas toujours ce que je disais, ni mon vocabulaire ni ma ponctuation, je sentais que la machine était déroutée par le texte.

Bien sûr, je n'écris pas tout à la main, ce billet de blog est écrit au clavier directement sur le serveur informatique de Gandi.net. Les mails, et les statuts Facebook également, c'est l'évidence. Mais les phrases quotidiennes du Carnet sont toutes d'abord tracées et longuement raturées à la main sur un vrai petit carnet (vénitien) et seulement ensuite recopiées sur le serveur informatique : on ne corrige bien qu'à la main.