Le nouveau recueil de Valérie Rouzeau est arrivé : Quand je me deux (Ed. Le temps qu'il fait, 112 p., 16 €)

Extraordinaires poèmes à mille sens, à la fois tristes et plein d'espoirs. Raccourcis, amputations, patchworks, carillons, c'est une langue qui en comparaison réduit à presque rien nos pauvres livres de prosateurs. La poésie, c'est vraiment la maîtrise suprême du langage, pouvoir produire l'émotion la plus forte avec le nombre le plus réduit de mots, et Valérie Rouzeau excelle dans ce langage, elle en sublime les bases, car comme elle dit : "...La grand-mère n'est pas l'ensemble des règles à suivre pour parler et écrire correctement une langue la grand-mère a tout bonnement avalé le loup toutes les grand-mères véritables font cela" (Mes mots des autres).

Et beaucoup d'histoires d'amour aussi dans ce livre, puisque c'est peut-être la seule chose qui vaille d'être écrite. En tout, quarante et un poèmes à lire pour traverser l'automne et l'hiver qui arrivent.

Extraits :

"Le cheval a mangé la rose voici le Prince" (Éden, deux, trois émoi)

(...)

"La mer c'est l'infini et l'amour l'incendie qui brûle les
grands bateaux qui échouent sur les grèves de la RATP je
rentre avec tes pieds"
(Mes mots des autres)

(...)

"Cueillir les roses de la vie
Épines écailles ceci cela
Garnir un bouquet chanceuse moi
Au marché marcheuse sans marmaille"
(Seize the day (Carpe diem))

(...)

"Ne te tourmente pas tu es lancée partie
Mords la vie mords la vie mords la vie mords la vie."
(Trente-deux dents)

 

À noter que Va où (2002), un des plus beaux livres de Valérie Rouzeau, qui était épuisé, vient d'être réimprimé par Le temps qu'il fait, et qu'une édition de poche contenant Pas revoir (1999) et Neige rien (2000) est annoncée prochainement aux Éditions de La Table Ronde.