Enivrante lecture de la biographie d'Henri Beyle dit Stendhal, écrite par Sandrine Fillipetti : Stendhal (Folio, 323 p., 7,60 €).

C'est un livre superbement écrit, stendhalo-stendhalien dans le meilleur sens du terme, vif, enlevé, drôle, passionnant.

Nous ne quittons pas Beyle d'une semelle de sa naissance à sa mort, nous l'entendons respirer. Il y a les voyages, l'armée, la haute administration, les tracas, les gaffes, l'ennui, le dilettantisme, la musique, les femmes, les femmes, encore les femmes, l'Italie, Milan, Trieste, Florence, Rome, et bien sûr : la composition des livres, l'écriture, cette joie suprême.

Extraits :

"A la sensation d'affranchissement que procure l'ivresse de cette liberté toute nouvelle s'ajoute un événement inespéré : le décès de sa damnée tante Séraphie" (...)

"Parce que les années passent pour ne plus revenir, il dévore les auteurs anciens et modernes au Collège de France et à la Bibliothèque nationale, s'intéresse à Hobbes, Destutt de Tracy, Vauvenargues, Hume et Goldoni" (...)"

"En société, Henri Beyle n'est pas un figurant discret. Prompt à la provocation et à l'invective, sa franchise et ses audaces en éloignent plus d'un" (...)

"[Clémentine Curial et Stendhal] vivent une passion mutuelle et exclusive, mais elle lui reproche vite un amour purement physique et un certain art de l'éclipse" (...)

"Il meurt le 23 mars à deux heures du matin sans avoir repris connaissance. Il a cinquante-neuf ans. Cet anticlérical notoire n'a pas eu la présence d'esprit, à l'instar de Sainte-Beuve, de s'opposer par testament à la présence d'un prêtre et à toute cérémonie religieuse."