Le principal problème que j'ai, en écrivant, c'est que je ne parviens pas à relire objectivement mon texte, je ne sais pas s'il est bon ou s'il est mauvais.

Je n'ai aucune distance sur ce que j'ai écrit. C'est le cas non seulement pour les textes en cours d'écriture, mais aussi pour ceux publiés et donc pourtant considérés par l'éditeur, et éventuellement par les lecteurs ou les journalistes, comme intéressants. Moi je ne sais pas si ce que j'ai écrit est intéressant. Je suis incapable de savoir ce que ça vaut - même si je me sais un devoir : une fois le texte choisi, le défendre publiquement coûte que coûte -.

Je n'ai qu'un seul critère : la réponse de mon éditeur, son acceptation ou son refus du texte. Or cette réponse n'intervient qu'au terme de l'écriture intégrale du manuscrit. D'ici là, je suis tout seul et je suis aveugle. Unique solution : écrire en apnée, comme dit Chloé Delaume, être au plus près de son corps par la langue, et advienne que pourra.

Bref, en cette fin d'été caniculaire : plongée quotidienne systématique dans la narration, au stylo le matin, avec dactylographie en fin d'après-midi. Je me relirai plus tard, une fois que les lignes se seront dénouées et qu'on y verra plus clair.