Aujourd'hui, l'accès à Internet est devenu pour beaucoup d'entre nous presqu'aussi indispensable que l'accès à l'électricité. 

Pour un écrivain : sans accès à Internet, pas de réception ni d'envoi de ses mails, pas d'accès à son blog et pas de publication en ligne, pas de lecture des flux RSS, pas de consultation des outils rédactionnels basiques que sont les dictionnaires pointus et les encyclopédies ou moteurs de recherche. On pourrait encore écrire certes, mais plus lentement, et en étant lu aussi bien plus lentement (envoyer le fichier informatique à l'éditeur par courrier postal ?).

Plus généralement, pour tout le monde : sans accès à Internet, pas de liberté d'information et pas de liberté d'expression.

Un projet de loi, dit "Création et Internet" (Hadopi), se propose de couper l'accès à Internet (avec interdiction de réabonnement) à tous ceux dont la connexion aura servi à télécharger deux fois de suite un fichier de musique MP3 ou un film sur Internet, et ce sans décision judiciaire.

Ce projet est idiot : on ne pourra jamais couper Internet à ceux qui l'utilisent professionnellement, aux entreprises, aux associations, aux particuliers travailleurs indépendants à domicile, ni même à tous ceux qui l'utilisent à titre non-professionnel pour gérer leur compte bancaire, régler leurs factures, dialoguer par webcam avec leur famille, acheter leurs billets de train, écouter la radio en podcast, c'est à dire : tout le monde. L'accès à Internet est un service universel, et même une liberté fondamentale que seul un juge peut limiter, un texte européen vient de le rappeler.

Le projet de loi est en discussion ces jours-ci au Parlement. Informez-vous, le sujet est débattu sur des centaines de sites Internet, par exemple ceux de Numerama et La Quadrature du Net.