Comme tous les scientifiques, mathématiciens, biologistes, physiciens, les écrivains ont leur laboratoire de recherche, un coin à part où ils essaient un peu tout et n'importe quoi, où ils se mettent en roue libre pour faire bouger les choses. Mon laboratoire à moi, c'est le carnet.


Je travaille depuis 6 mois sur ce qui sera plus tard mon prochain livre, et bien sûr comme toujours ça se passe mal, j'en suis déjà à la cinquième version et il y a un mois j'ai dû supprimer les deux derniers tiers du texte et commencer à réécrire toute cette partie depuis zéro. Or, chaque soir au coucher, je prends des notes sur un petit carnet et je les stocke en ligne. Ce carnet, c'est mon état d'esprit présent, j'y décris mon sentiment de l’instant.

Il y a quelques jours, j'ai trouvé dans ce carnet de quoi approfondir le futur livre (qui sortira dans longtemps, 2010, peut-être 2011, et si mon éditeur l'accepte). J'ai trouvé soudainement une porte, j'ai découvert parmi les fragments quotidiens du carnet, au milieu des innombrables pistes sans lendemain, quelque chose qui pouvait densifier l'autre texte, lui offrir une nouvelle dimension. Comme quoi, le laboratoire a son utilité, ce carnet mis en ligne chaque jour, immédiatement et sans corrections ultérieures, sert à quelque chose, quand bien même ce ne serait qu'à l'écriture de mes propres livres.