Disparition hier à l'âge de 76 ans de John Updike, l'auteur de la série des Rabbit.

Nous ne connaîtrons jamais la suite des aventures de Harry "Rabbit" Angstrom, ce héros lyrique de la classe moyenne américaine que John Updike retrouvait chaque décennie pour suivre les évolutions de sa vie : Rabbit, Run (1962) (traduit sous le titre Coeur de lièvre, Seuil), Rabbit Redux (1971) (traduit sous le titre Rabbit rattrapé, Gallimard), Rabbit est riche (1981) (Gallimard) et, peut-être le meilleur : Rabbit at Rest (1990) (traduit sous le titre Rabbit en paix, Gallimard).

Personnellement j'avais beaucoup regretté que l'auteur ait fait mourir Rabbit à la fin du quatrième volume, l'empêchant ainsi de vivre dans l'Amérique des années 1990-2010, et j'avais toujours secrètement espéré qu'il le ressuscite un jour (nous verrons dans les inédits s'il le prévoyait). Il faut relire ces livres et se demander au passage pourquoi pas un seul auteur français n'a pu inventer un tel personnage témoin de son pays, un "Lièvre" qui ait traversé la France des années 1960, 1970, 1980, 1990. Bientôt, peut-être ?

Voir l'article du New York Times avec une vidéo d'une interview d'octobre dernier et de nombreuses photos, et aussi le portrait de Matthieu Lindon dans Libération.