Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est vu décerner le prix Nobel de littérature 2008, et c'est un superbe Nobel succédant à Luigi Pirandello (1934), André Gide (1947), William Faulkner (1949), François Mauriac (1952), Ernest Hemingway (1954), Jean-Paul Sartre (1964), Samuel Beckett (1969), Saul Bellow (1976), Claude Simon (1985), Kenzaburo Oe (1994).

Le discours de Stockholm prononcé cet après-midi en Suède par Le Clézio pour la réception de son prix est disponible en ligne. Il est intitulé Dans la forêt des paradoxes.

Extraits :

"Le langage est l’invention la plus extraordinaire de l’humanité, celle qui précède tout, partage tout. Sans le langage, pas de sciences, pas de technique, pas de lois, pas d’art, pas d’amour. Mais cette invention, sans l’apport des locuteurs, devient virtuelle. Elle peut s’anémier, se réduire, disparaître. Les écrivains, dans une certaine mesure, en sont les gardiens. (...)

De ce voyage, de ce séjour (au Nigéria où mon père était médecin de brousse) j’ai rapporté non pas la matière de romans futurs, mais une sorte de seconde personnalité, à la fois rêveuse et fascinée par le réel, qui m’a accompagné toute ma vie – et qui a été la dimension contradictoire, l’étrangeté moi-même que j’ai ressentie parfois jusqu à la souffrance. La lenteur de la vie est telle qu’il m’aura fallu la durée de la majeure partie de cette existence pour comprendre ce que cela signifie."

Pour moi, Le Clézio est précisément l'auteur magnifique de L'Africain (Ed. Mercure de France), un des livres contemporains qui m'ont le plus marqué avec Un pedigree de Patrick Modiano (Ed. Gallimard) et Ravel de Jean Echenoz (Ed. de Minuit).