Je suis en train d'écrire un petit texte pour un ouvrage collectif d'hommage à la poétesse bordelaise Hélène Mohone, disparue en avril 2008.

Hélène Mohone est l'auteur de quatre livres magnifiques (Le Coeur cannibale, Ed. William Blake & Co, 2003; L'Enfant africaine, Ed. L'Amourier, 2006; Torpeur, Ed. La Cabane, 2007; De loin, Ed. Atelier de l'Agneau, 2008). La question que je me pose à la lecture de livres aussi troublants, c'est précisément : pourquoi sont-ils nés ? quel rôle a eu la biographie de l’auteur dans leur apparition ? pourquoi y a-t-il soudain un effet de seuil, quelque chose qui se passe au niveau du langage, qui conduit à des livres, à ces livres-là ? Pourquoi un adulte, un jour, devient capable, de voir, entendre, goûter, flairer, ressentir sa jeunesse ? Oublie-t-on tout ce qu’on a vécu, ou simplement ne connaît-on pas la méthode pour rappeler à soi la vie déjà vécue ?

Hélène Mohone, à l'avant-dernière page de son dernier livre, redevenue petite fille en Afrique au milieu de ses singes, écrit par exemple ceci :

"animal mes singes gardés en moi par vigilance et vos aguets mes sentinelles au bond reviennent petits soldats le lange défait mettre petite patte sauvage dans main de fée" (De loin, 2008).

Le livre d'hommage avec la contribution de plusieurs auteurs bordelais paraîtra au premier trimestre 2009 aux Éditions de La Cabane et une lecture de textes sera aussi organisée à la librairie Mollat.

(Photo d'Hélène Mohone : JP Brussac)