Débat exaltant au FRAC Aquitaine à Bordeaux dans la cadre de Ritournelles, avec Arno Bertina (photo), Mathieu Larnaudie, et Jérôme Mauche, interrogés par Didier Vergnaud (Ed. Le Bleu du ciel) autour du thème : "Révolutions littéraires ?", le tout devant une salle comble.

J'ai noté, notamment les développements d'Arno Bertina au sujet des avant-gardes : "Je savais qu'à partir du moment où je ne me dressais pas contre d'autres générations, j'avais plus de latitude pour écrire" et aussi : "Je veux avoir une porosité aux autres auteurs, que le plus de choses possibles vivent dans ce que j'écris".

Mathieu Larnaudie, concernant la supposée fin de ces avant-gardes : "La table rase, elle se fait quand même : sur la page blanche, on part de rien".

Jérôme Mauche : "un effet de jouissance à réutiliser le langage tel qu'il circule", et aussi : "le sujet de mes livres, c'est la langue qui nous traverse".

Encore Arno Bertina, à propos de sa découverte de la poésie contemporaine : "Dans la poésie contemporaine, je désapprenais une langue", et "la poésie contemporaine me permet d'aguiser mes sensations", dénonçant au passage un certain "ronron insupportable dans le roman". Et aussi : "Il faut des outils neufs pour décrire le monde d'aujourd'hui, on ne peut pas réparer un moteur ultra-moderne avec une simple clé à molettes". Et enfin une dernière phrase notée, quand il décrit son travail comme "un chantier qui consiste à perdre ses repères dans la langue qu'on écrit".