Passage de Catherine Millet à la librairie Mollat pour ce qui est, nous apprend-elle, sa première rencontre avec des lecteurs autour de son nouveau livre Jour de souffrance (Ed. Flammarion) qui traite de la longue crise de jalousie dont elle a souffert trois ans durant.


Les questions sont posées par Jean-Michel Devésa (professeur à l'Université Bordeaux 3) qui fait au passage une fine analyse des deux livres de Catherine Millet. Grande affluence et rencontre détendue avec un bon esprit de l'assistance. Le podcast devrait être disponible d'ici peu sur le site de Mollat.

L'auteur de La vie sexuelle de Catherine M. (Ed. du Seuil, 2001) explique que la terrible crise de jalousie décrite dans ce nouveau livre est antérieure à "Catherine M." et que c'est cette crise qui l'avait poussée à écrire le premier livre. "Jour de souffrance est le deuxième volet du projet dont La vie sexuelle de Catherine M. est le premier volet". A propos de la forme du premier, elle indique : "C'est Jacques [Henric] qui m'a dit qu'il fallait écrire Catherine M. comme un livre de critique d'art, très formaliste, très descriptif".

Catherine Millet évoque la vie libre que mène chacun dans le couple qu'elle forme avec l'écrivain Jacques Henric, insistant sur un point : "La volupté est indépendante du sentiment amoureux" (et à un autre moment : "Le désir est indépendant de l'amour"). Elle tire quelques autres leçons de son expérience, ainsi : "Il y a dans la jalousie une curiosité qui ne peut jamais être satisfaite" et "Il n'est pas possible d'envisager la sexualité sans poser la question de la jalousie". Concernant Jour de souffrance, elle remarque : "Exposer cette crise de jalousie a été plus difficile que d'exposer ma vie sexuelle".