On n'ose pas se l'avouer, mais souvent, les livres qu'on aime racontent une histoire.

Ils sont tenus par une continuité temporelle, chronologique ou pas, ils vont et viennent sur les rails du temps. Avec Le cactus car il capte, (Publie.net, 90 p., 5,50 €), Denis Montebello ne nous propose pas seulement un abécédaire, il nous offre une histoire à partir d'un dictionnaire, depuis A jusqu'à Z.

Est-ce le mot qui entraine la définition, et créé donc le livre ? ou bien est-ce le livre qui suscite ses mots, incontournables ? L'auteur pose la question : "OEUF : C’est comme l’oeuf et la poule, on ne sait par où ça commence, si l’archéologue fait la trace ou la trace l’archéologue." 

Les mots sont vivants, ils bougent : "MONTRE : La couleur cache, le mot montre. Prenez le mot montre, regardez-le, écoutez-le : il donne l’heure."

La longueur des définitions varie, parfois une phrase, parfois une page qui raconte un souvenir d'enfance de l'auteur. La palette est vaste. Mystérieux, inquiétant  : "QUELQU'UN : Derrière la porte il y a quelqu’un que je ne peux pas voir. Quelqu’un que je déteste." Mis en abime : "FIN : Le spectateur entre dans le film. Comme le train dans le tunnel. Il ne connaîtra jamais le mot fin. " 

Ma définition préférée ? celle du mot SABLE : "Des « pépins de mémoire », c’est ainsi que Pauline appelait les grains de sable. Quand elle pensait à la plage. Et que cela tombait, disait-elle, de son cerveau. "