Mutations de l'édition
Par MP le lundi 26 mai 2008, 12:07 - éditeurs - Lien permanent
Très vite, je signale un billet à lire, notamment pour les écrivains : une très intéressante communication de Piotrr intitulée L'édition en ligne : un nouvel eldorado ? Le billet porte sur l'édition en ligne scientifique (sciences humaines), mais on peut faire des parallèles saisissants avec la situation des auteurs de littérature qui vivent les mêmes mutations de l'édition, donc de la transmission physique des oeuvres.

Extraits :
"Ce concept de chaîne du livre me semble inopérant pour penser les mutations actuelles ; parce qu’il désigne un secteur professionnel consacré à la fabrication et la diffusion du livre comme objet matériel et non type documentaire. Bref, il écrase le concept de livre sur son actualisation physique et ne cherche pas à le penser d’abord comme objet intellectuel. Finalement, le concept même de chaîne est inopérant parce qu’il ne rend pas compte d’un mode circulaire de circulation des savoirs et pense les choses comme une transmission unilatérale. (...)
Dans l’ancien modèle, seules les publications les plus rentables existent (font l’objet d’une décision de publication favorable). La rareté est donc du côté des publications. Dans le nouveau contexte, toutes les publications possibles existent. Ce sont donc les lecteurs qui deviennent rares. (...)
Le problème est qu’il y a une divergence de plus en plus importante entre l’évaluation de la qualité scientifique d’un travail et la décision de publication. Dans le nouveau contexte, il n’y a pas de véritable décision de publication. Toute publication possible existe. L’évaluation est donc nécessairement déplacée ailleurs"
On rappellera à ceux qui seraient restés en hibernation pendant un an que les auteurs de littérature de création ont désormais une (une au moins, car d'autres vont apparaître) maison d'édition en ligne, celle de François Bon : Publie.net (voir mes multiples billets précédents).
NB : lien trouvé grâce à la vigilance jamais prise en défaut du blog La Feuille.
Commentaires
Salut,
Cela corrobore certaines de mes intuitions et positions déjà anciennes, comme ci-dessous octobre 2007, dernière en date.
Le problème, c'est que le monde de l'édition des livres en papier entend maintenir la rente de situation autant que possible, et que ce sont les auteurs et les lecteurs qui en paient le prix, esclaves et victimes de la tradition et de leur propre peur du changement...
«(Je vais essayer d'éviter l'hypéronymie du mot livre, car c'est elle qui entretient la crispation symbolique de nombre de gens pourtant cultivés et sert les intérêts des chefs de produits que sont maintenant la plupart des éditeurs de livres. Je ne l'emploierai plus, si j'y parviens, que pour l'objet lui-même. Pour le contenu, transposable sur d'autres supports, en partie à inventer, en partie existants, je parlerai de texte et d'œuvre. Que l'on veuille bien noter — pour éviter des procès inutiles — que je n'oublie ni n'efface pour autant les différences de perception, de sensation, de réception qui existeront toujours entre différents supports d'un même texte, produisant des œuvres différentes ; c'est juste une autre question.)»
Ici : http://www.berlol.net/dotclear/inde...