Très vite, je signale un billet à lire, notamment pour les écrivains : une très intéressante communication de Piotrr intitulée L'édition en ligne : un nouvel eldorado ? Le billet porte sur l'édition en ligne scientifique (sciences humaines), mais on peut faire des parallèles saisissants avec la situation des auteurs de littérature qui vivent les mêmes mutations de l'édition, donc de la transmission physique des oeuvres.

Extraits :

"Ce concept de chaîne du livre me semble inopérant pour penser les mutations actuelles ; parce qu’il désigne un secteur professionnel consacré à la fabrication et la diffusion du livre comme objet matériel et non type documentaire. Bref, il écrase le concept de livre sur son actualisation physique et ne cherche pas à le penser d’abord comme objet intellectuel. Finalement, le concept même de chaîne est inopérant parce qu’il ne rend pas compte d’un mode circulaire de circulation des savoirs et pense les choses comme une transmission unilatérale. (...)

Dans l’ancien modèle, seules les publications les plus rentables existent (font l’objet d’une décision de publication favorable). La rareté est donc du côté des publications. Dans le nouveau contexte, toutes les publications possibles existent. Ce sont donc les lecteurs qui deviennent rares. (...)

Le problème est qu’il y a une divergence de plus en plus importante entre l’évaluation de la qualité scientifique d’un travail et la décision de publication. Dans le nouveau contexte, il n’y a pas de véritable décision de publication. Toute publication possible existe. L’évaluation est donc nécessairement déplacée ailleurs"

On rappellera à ceux qui seraient restés en hibernation pendant un an que les auteurs de littérature de création ont désormais une (une au moins, car d'autres vont apparaître) maison d'édition en ligne, celle de François Bon : Publie.net (voir mes multiples billets précédents).

NB : lien trouvé grâce à la vigilance jamais prise en défaut du blog La Feuille.