François Bon fait le point sur le projet Publie.net et nous annonce que les 120 titres actuels de son catalogue de livres numériques sont consultables à partir d'aujourd'hui depuis des ordinateurs spécifiques de la BPI (Bibliothèque Publique d'Information du Centre Pompidou, à Paris) qui teste le système.

Publie.net entre donc progressivement en bibliothèque et c'est une excellente nouvelle, même si un peu paradoxale quand on sait que les publications numériques ne sont toujours pas soumises au dépôt légal. On consultera donc sur les ordinateurs de la bibliothèque des publications qui, selon son catalogue, n'existent même pas en tant que telles.

J'aime le projet Publie.net, son côté radical, le défi lancé à l'édition traditionnelle - même si François s'en défend - avec cette réunion dans un même endroit des textes difficiles, parfois des textes-laboratoires d'auteurs par ailleurs publiés habituellement chez Gallimard, Minuit, POL, Seuil, Verticales, ainsi que des auteurs expérimentaux apparus sur Internet, et des auteurs qui débutent (dont je suis), et aussi, apparus également sur Internet, des auteurs faussement faciles et véritablement complexes mais que l'édition traditionnelle refuse désormais de publier. François Bon les accueille tous, dans leur diversité, au coeur de ce qui est devenu sa maison d'édition.

Je concevrais même de confier la primeur de mes nouveaux manuscrits à Publie.net si se trouvaient un jour réunies ces trois conditions :
- qu'une version papier puisse exister (en impression à la demande et avec quelques exemplaires disponibles dans une dizaine de librairies);
- que le processus d'édition-relecture-correction de Publie.net soit renforcé (les auteurs pourraient y contribuer en se lisant entre eux);
- que Publie.net m'offre une pérennité de publication, une sorte de droit de préférence inversé : au lieu que l'auteur s'engage à proposer ses 4 manuscrits suivants à l'éditeur, c'est l'éditeur qui s'engagerait ici à accepter une fois par an les 4 prochains manuscrits de l'auteur, lui assurant ainsi une sécurité éditoriale.

PS : à quand un test de Publie.net sur les ordinateurs de la bibliothèque Mériadeck de Bordeaux (ici photographiée de nuit) ?...

NB 1 : voir aussi un article du journal La Croix sur Publie.net : "La littérature contemporaine s'édite sur Internet"

NB 2 : sur un sujet parallèle, les droits d'auteurs du numérique, voir la mise en garde aux auteurs que lance Marc Autret sur son blog : "La lessive des droits numériques"