Au miroir des auteurs classiques
Par MP le lundi 31 mars 2008, 18:16 - perso - Lien permanent
Parfois, des amis me demandent pourquoi j'écris chaque mois la chronique d'une
nouveauté chez les auteurs classiques, malgré le prix que ça me coûte en achats
de livres (pour en choisir un, il faut en lire plusieurs), la difficulté à
trouver ces rééditions et nouvelles éditions de textes d'auteurs classiques (de
plus en plus rares) *, le temps que ça me prend pour lire puis écrire, en
cumulant les retards mois après mois (je termine actuellement celle de février,
alors que nous sommes en avril demain).

Je fais ça pour passer un texte souvent connu et que souvent je n'avais jamais
lu, au filtre de ma vie quotidienne. Ces chroniques sont un journal littéraire
: je me projette dans ma lecture. Je lis ce qui a été déjà lu des centaines de
milliers de fois par des centaines de milliers de lecteurs et je tente d'y
retrouver des traces de ma vie. Je fais comme si Voltaire, Flaubert,
Saint-Simon, Michelet, Montaigne, avaient écrit pour le lecteur bizarre que je
suis. Je me regarde dans le miroir des classiques. D'ailleurs, c'est une
lecture subjectiviste au possible et je déconseille aux internautes de se
servir de ces chroniques comme d'un corpus de référence (mieux vaut aller sur
Wikipédia).
Le résultat est irrégulier, certains mois c'est presque n'importe quoi, ça a du
mal à embrayer, ça se répète. D'autres mois, je fais une trouvaille tordue, je
prends le texte par un biais inattendu, j'ai une fulgurance théorique, une
étincelle créée par le silex de ce vieux texte.
Quoi qu'il en soit, et c'est là que je voulais en venir, l'important c'est de
lire les auteurs du passé, puis de s'examiner au cours de cette lecture, et
enfin d'écrire ce qu'on a vu et ressenti. Les éditeurs qui ont encore le
courage de publier ce genre de textes (coup de chapeau en passant à
Folio-classiques, GF-Flammarion, ou le Livre de Poche) créent une actualité
qu'il faut commenter, objectivement comme un journaliste, mais aussi
subjectivement comme un écrivain. L'éditeur procède à une émission, moi je
transcris ma réception.
Et pour la question subsidiaire : pourquoi trouve-t-on dans mes chroniques des
livres d'auteurs contemporains perdus au milieu des auteurs classiques, la
réponse est : ce sont les exceptions qui confirment la règle, et aussi : je les
vois comme des futurs classiques.
(*) Ceci est un appel : si vous êtes éditeur et que vous publiez un texte d'un
auteur classique (jusqu'au XIXe siècle inclus), je suis intéressé par l'envoi
d'un service de presse (éventuellement sous forme de fichier PDF).
Commentaires
Très intéressant cet angle de lecture des classiques...je vais essayer de l'appliquer pour moi et file découvrir vos chroniques