Bordeaux, Aharon Appelfeld chez Mollat
Par MP le mercredi 19 mars 2008, 21:14 - auteurs - Lien permanent
Venue de Aharon Appelfeld à la
librairie Mollat pour la sortie de son roman La chambre de Mariana
(Ed. de l'Olivier). La salle Albert Mollat était comble avec beaucoup de
spectateurs debout. L'auteur de L'histoire d'une vie et Badenheim
1939 était interrogé par sa traductrice Valérie Zenatti qui retranscrivait
les questions en hébreu et les réponses en français. L'enregistrement devrait
être disponible dans les jours qui viennent sur la page podcast de
Mollat.

Aharon Appelfeld parle avec douceur et rythme, assez bas, comme s'il racontait une histoire à sa traductrice, à laquelle il s'adresse, ne regardant que rarement le public. Sa voix est très assurée, presque une voix d'homme jeune mais posée. La beauté de l'hébreu ajoute encore à la magie et la totalité de la salle l'écoute dans un silence impressionnant.
Sur la littérature, il explique : "La littérature est, comme la musique, le meilleur substitut à la foi religieuse que nous avons perdue", "la littérature puise sa force dans le silence, c'est en quelque sorte une possibilité de contact entre soi et l'extérieur", "la littérature pure, c'est le retour vers les premières sensations, celles de l'enfance", "l'enfant que j'étais est toujours resté en moi".
Aharon Appelfeld explique : "mon arrivée en Israël a été comme la montée d'un puits de mort vers la vie". Il dit aussi : "j'ai été en contact avec les secrets ou les mystères de la vie : ces secrets ou ces mystères sont le lien que j'entretiens toujours avec mes parents". Et sur leur disparition : "ce n'est pas parce que nous ne voyons plus quelqu'un, qu'il n'est plus là".
A propos de Mariana, l'héroïne de son roman, il dit : "Elle fut pour moi une mère de substitution, une soeur de substitution, une bien-aimée de substitution". Et aussi : "Les mois que j'ai passés avec elle ont été l'école la plus importante de ma vie".

Aharon Appelfeld parle avec douceur et rythme, assez bas, comme s'il racontait une histoire à sa traductrice, à laquelle il s'adresse, ne regardant que rarement le public. Sa voix est très assurée, presque une voix d'homme jeune mais posée. La beauté de l'hébreu ajoute encore à la magie et la totalité de la salle l'écoute dans un silence impressionnant.
Sur la littérature, il explique : "La littérature est, comme la musique, le meilleur substitut à la foi religieuse que nous avons perdue", "la littérature puise sa force dans le silence, c'est en quelque sorte une possibilité de contact entre soi et l'extérieur", "la littérature pure, c'est le retour vers les premières sensations, celles de l'enfance", "l'enfant que j'étais est toujours resté en moi".
Aharon Appelfeld explique : "mon arrivée en Israël a été comme la montée d'un puits de mort vers la vie". Il dit aussi : "j'ai été en contact avec les secrets ou les mystères de la vie : ces secrets ou ces mystères sont le lien que j'entretiens toujours avec mes parents". Et sur leur disparition : "ce n'est pas parce que nous ne voyons plus quelqu'un, qu'il n'est plus là".
A propos de Mariana, l'héroïne de son roman, il dit : "Elle fut pour moi une mère de substitution, une soeur de substitution, une bien-aimée de substitution". Et aussi : "Les mois que j'ai passés avec elle ont été l'école la plus importante de ma vie".
Commentaires
Au risque de passer pour inculte, je ne connaissais pas cet auteur, merci de me le faire découvrir.
J'aime beaucoup ce qu'il dit notamment sur la mort, dont on ne parle malheureusement pas assez dans nos sociétés occidentales. Je suis en harmonie de pensée avec lui sur ce sujet. Chez moi, au Bénin, on dit que "les morts ne sont pas morts" et on vit avec eux.
J'aime aussi le lien que cet homme trace entre la littérature et l'enfance. Je pense que toute personne qui prend une plume pour s'épancher, écrit l'enfant qu'il était et qu'il est resté ...
oui, écrire et retrouver ces moments de l'enfance où on vit au présent, entièrerement absorbé par son jeu ou la couleur d'une robe qui passe ou la douceur de sa propre épaule que la bouche rencontre au hasard, cette capacité à être sans ruminer ni espérer ni attendre quoi que ce soit. Merci pour ces phrases d'un auteur que je découvre moi aussi grâce à vous. Tiens l'impression de la "lecture croisée pautrel-pagano" est terminée, je vais pouvoir m'y plonger !
je viens juste de finir la "lecture croisée", métissage réussi, j'avais aimé la forme (la photo qu'emmanuelle avait mise en ligne de vos textes scotchés ensemble), j'ai aimé ce que j'ai lu - de nombreux passages m'ont "accrochée", retenue, m'ont fait suspendre la lecture, toujours ce besoin de silence après une phrase particulièrement juste, qui touche dans le mille. Grand merci d'avoir mis ce texte en ligne.