À mesure que la fréquentation de ce blog augmente, je reçois de plus en plus de mails d'auteurs qui cherchent à publier et qui me demandent des conseils. Certains m'adressent également en fichier attaché des manuscrits. S'il vous plaît, ne m'envoyez pas de manuscrit.

J'ai longtemps cherché à publier et aujourd'hui encore j'ai des manuscrits qui circulent sans trouver aucun éditeur, donc je comprends parfaitement la situation de l'auteur non publié et qui essaie par tous les moyens de trouver une prise sur la paroi (la littérature, parfois, c'est un peu de la varappe), une petite aide, un conseil.

Il peut m'arriver de donner mon avis à des (modestes) éditeurs ou responsables de (modestes) revues que je connais quand ils me font part de leur enthousiasme sur un manuscrit. Mais je ne suis pas du tout la personne qu'il faut pour les sélectionner, les faire retravailler, ou les défendre. Je ne suis pas éditeur, je ne dirige pas de collection, je ne suis pas "lecteur", je ne suis ami ni avec X. ni avec Y. (au passage : inutile de me demander comment contacter "directement" le célèbre auteur dirigeant la revue parisienne dans laquelle ont été publiés certains de mes textes, faites comme moi : écrivez ou téléphonez).

Martin Winckler a mis en ligne sur son blog une page intitulée "Pourquoi il ne faut pas m’envoyer votre manuscrit... ". Les raisons qu'il donne sont à peu près les mêmes que les miennes.

Pour résumer, merci de ne pas m'envoyer de manuscrit, tout simplement parce que

  • je n'ai pas le temps de les lire
  • je ne suis pas bon juge (pas éditeur)
  • l'écriture est une chose trop intime pour autoriser les conseils

Le mieux à faire pour ceux dont les manuscrits sont refusés par les éditeurs, c'est de mettre des textes en ligne, sous une forme adaptée à Internet, en ouvrant par exemple un blog. La chaîne des lecteurs se créera d'elle-même si les textes possèdent leur force.