Bordeaux, Michel Deguy chez Mollat
Par MP le vendredi 15 février 2008, 20:29 - auteurs - Lien permanent
Michel Deguy, de passage à à Bordeaux, était à la librairie Mollat pour présenter le Grand cahier Michel Deguy (Ed. Le Bleu du ciel), Réouverture après travaux (Ed. Galilée) et Michel Deguy, L'allégresse pensive (Ed. Belin).

Si on oublie les trop longues questions avec introduction du meneur des
débats (la plus longue question a duré douze minutes, autant de temps enlevé
hélas à l'invité), c'était une rencontre réussie, très intense, avec un Michel
Deguy électrique, fulgurant, plein d'humour. Deguy a raconté notamment qu'il
remettait souvent discrètement des anciens poèmes dans ses nouveaux livres,
pour insister sur le propos, et que presque personne ne s'en rendait compte
(rires dans la salle). L'intégralité de la rencontre a été enregistrée et est
disponible en fichier sonore MP3 sur la page podcast du site web
de Mollat.
J'ai noté, au milieu de la dérive brillante de son propos : "Le roman cache
la prose française"; "La réponse à laquelle doit répondre tout artiste est :
'Comment envisage-tu le menaçant ?' "; "Le poème fait passer au ralenti la
langue en parole : le poème ralentit la prose"; "La brièveté caractérise
essentiellement la poésie".
Tout un passage sur la différence et sur le même : "la division du même
contre lui-même"; "le voile de l'homonymie" (exemple du travail :
"pour les uns le travail est temps perdu, aliéné, pour les autres comme
nous les intellectuels, le travail c'est toute la vie : on travaille tout le
temps car la pensée ne s'arrête pas".
Egalement, un passage sur la fusée éclairante : "Une fusée de feu
d'artifice, c'est ce qui redescend en éclairant. Que fait le poème ? il montre
l'exemple. Il ne faut pas toujours tout attendre d'en haut, les choses ne
tombent pas du ciel. La fusée, elle ne vient pas du ciel : il s'agit de tirer
soi-même son feu d'artifice".
Et aussi, à la fin, cette remarque sur Rimbaud, à l'occasion d'une question du
public : "Chaque fois qu'on recommence à relire Rimbaud, on ne comprend
rien".