Fabula attire notre attention sur l'appel lancé mi-décembre par Jérôme Peignot pour sauver le patrimoine typographique de l'Imprimerie Nationale. Depuis plus de trois ans, l'association Graphê et son site web Garamonpatrimoine se battent pour préserver un patrimoine français essentiel aux livres : les outils typographiques, ces objets qui rendent possible la danse des lettres.


L'appel de Jérôme Peignot se termine par une citation lumineuse de Diderot : "Entre les différentes causes qui ont concouru à nous tirer de la barbarie, il ne faut pas oublier l’invention de l’art typographique. Donc, décourager, abattre, avilir cet art, c’est travailler à nous y replonger et faire ligue avec la foule des ennemis de la connaissance humaine."

Extrait de l'appel :

" Il est une part essentielle de notre patrimoine national qui mérite d’autant plus votre attention qu’à elle seule elle résume tout ce qui caractérise notre civilisation française: l’Atelier du Livre de l’Imprimerie nationale. Il s’agit d’un ensemble unique au monde. A l’héritage exceptionnel de ses collections, dont les plus anciennes remontent à François Ier – poinçons et caractères, gravures sur bois et en taille-douce, vignettes, fers à dorer, soit au total plus de 500 000 pièces –, il allie l’essentiel des métiers d’art qui composent l’histoire de l’imprimerie et de ses techniques: gravure de poinçons, fonte de caractères en plomb, composition manuelle et mécanique, impression typographique, lithographie sur pierre, taille-douce et phototypie.

(...)

Après la vente de l’immeuble de l’Imprimerie, rue de la Convention à Paris, et celle de la maison d’édition de l’entreprise qui éditait, entre autres, les Editions du Patrimoine lancées par André Malraux, l’Atelier a été installé (il faudrait plutôt dire «parqué») dans un hangar de 1 000 mètres carrés – alors qu’il en faudrait plus du double et, pour ce qui concerne les livres, sans le degré hygrométrique convenant à leur conservation – à Ivry-sur-Seine, où, très réduite, son activité est fortement déficitaire. Cette dangereuse solution ne saurait être que temporaire."