Avoir sa propre bibliothèque
Par MP le dimanche 9 décembre 2007, 11:36 - Lien permanent
A la lecture du billet du 9 décembre 2007 du blog "Langue sauce piquante", je découvre avec fierté que selon les sociologues je serais un "intello" :
"Les sociologues ont forgé une nouvelle catégorie, les “100 livres et plus” [...] : il ne s’agit pas de surcharge pondérale, mais de taille de sa bibliothèque : au-delà de cent livres dans une maison, on entre dans la communauté des intellos"
Plus sérieusement, même pour un professionnel de la connaissance comme le sont les auteurs, éditeurs, professeurs, ou chercheurs, avoir sa propre bibliothèque est un privilège et une immense chance. On est en train d'écrire, ou de lire, ou simplement de somnoler, quand une pensée traverse l'esprit : un souvenir. Le souvenir de quelque chose qu'on a lu. On se lève, on marche 3 mètres, et la forêt de livres est là, debout, silencieuse et sagement alignée avec les tranches qui se nomment, et il suffit d'ouvrir le volume et retrouver la page, voilà.
Je range ma bibliothèque, qui est aussi mon bureau, et, finalement, mon seul lieu de vie, par ordre linguistique, puis par ordre chronologico-géographico-sentimental : d'abord ce qui est le plus ancien et ce que je préfère, avec ensuite glissement sur la carte du monde : Bible, mystiques occidentaux, Chine, Inde, Tibet, Japon, Egypte, monde arabo-musulman, Espagne, Italie, pays nordiques, Angleterre et Etats-Unis, Russie, Allemagne (je ne sais pas pourquoi ces pays sont ici limitrophes, mais cette sucession me semble logique). Les livres français sont à part. Les essais (essentiellement des biographies d'écrivains) sont également à part. Ma bibliothèque contient environ 1500 volumes (mais mon chez moi est petit). Le plus vieil ouvrage est un volume dépareillé datant de 1716, le plus récent est un service de presse dont l'odeur d'encre fraîche entête.






Commentaires
Je le crois pas, à peine 100 et on est un intello ! Mon fils Paul, 4 ans et demi, en a environ 150 (sans compter les magazines, revues etc). Bon, il a hérité des livres de son frère et de sa soeur, mais quand même...
Hmmm... Le rapport au livre est-il *forcément* intellectuel ? Je ne pense pas.
Ce qui m'énerve un peu avec cette catégorie "intello", c'est qu'elle tend à nier que ce rapport puisse mettre en jeu, avant toute chose, une sensibilité...
Attention-tension! Intello est en train de devenir une injure en ces temps de retour à la barbarie. Aller vite, être dans l'action, pousser de côté ceux qui ne suivent pas le train des seigneurs, brefs les "intellos" il faut les dégager. Dites plutôt: "Des livres? Moi je n'en lis jamais"
c'est vrai, 100 bouquins c'est vraiment peu... Qui sont les sociologues en question ? Je ne me suis moi-même jamais reconnue dans ce terme d'intellectuelle (même si j'ai souvent entrendu dans ma famille "toi, t'es l'intellectuelle" avec un ton teinté d'admiration et de mépris, les deux sentiments cohabitent très bien) peut-être pour les raisons que sok évoque plus haut (l'intellect oui mais sa domination non, aucun monopole jamais, ni dieu ni maître !) et j'en posséde pourtant dix fois plus...
Je ne sais que penser...
Cent livres... n'est-ce pas peu pour un tel qualificatif.
Et ce qualificatif n'est-il pas parfois (avec raison) péjoratif...
Quoi qu'il en soit ma bibliothèque est vivante et grandit... elle a dépassé les cent livres depuis longtemps (sans doute avant mes 12 ans), et je l'adore...