A la lecture du billet du 9 décembre 2007 du blog "Langue sauce piquante", je découvre avec fierté que selon les sociologues je serais un "intello" :

"Les sociologues ont forgé une nouvelle catégorie, les “100 livres et plus” [...] : il ne s’agit pas de surcharge pondérale, mais de taille de sa bibliothèque : au-delà de cent livres dans une maison, on entre dans la communauté des intellos"

Plus sérieusement, même pour un professionnel de la connaissance comme le sont les auteurs, éditeurs, professeurs, ou chercheurs, avoir sa propre bibliothèque est un privilège et une immense chance. On est en train d'écrire, ou de lire, ou simplement de somnoler, quand une pensée traverse l'esprit : un souvenir. Le souvenir de quelque chose qu'on a lu. On se lève, on marche 3 mètres, et la forêt de livres est là, debout, silencieuse et sagement alignée avec les tranches qui se nomment, et il suffit d'ouvrir le volume et retrouver la page, voilà.

Je range ma bibliothèque, qui est aussi mon bureau, et, finalement, mon seul lieu de vie, par ordre linguistique, puis par ordre chronologico-géographico-sentimental : d'abord ce qui est le plus ancien et ce que je préfère, avec ensuite glissement sur la carte du monde : Bible, mystiques occidentaux, Chine, Inde, Tibet, Japon, Egypte, monde arabo-musulman, Espagne, Italie, pays nordiques, Angleterre et Etats-Unis, Russie, Allemagne (je ne sais pas pourquoi ces pays sont ici limitrophes, mais cette sucession me semble logique). Les livres français sont à part. Les essais (essentiellement des biographies d'écrivains) sont également à part. Ma bibliothèque contient environ 1500 volumes (mais mon chez moi est petit). Le plus vieil ouvrage est un volume dépareillé datant de 1716, le plus récent est un service de presse dont l'odeur d'encre fraîche entête.