Les 35 heures des écrivains
Par MP le samedi 17 novembre 2007, 09:10 - auteurs - Lien permanent
Il y a quelques temps, Emmanuelle Pagano avait fait un billet sur son "organisation en béton" de mère de famille écrivain (Mardi jour d'écriture). Dans ses Mémoires, Philippe Sollers détaille son emploi du temps quotidien (8h30-14h : écriture à la maison; l'après-midi : chez Gallimard; 22h30-minuit : lecture). Si je réfléchis bien, de mon côté, je ne fais à peu près rien d'autre que lire ou écrire. Combien d'heures par semaines ?
Tous les matins, 9h-12h : écriture. C'est-à-dire vraiment écriture : premier jet à la main, ou correction à la main sur un tapuscrit, ou dactylographie correctrice d'un premier jet, et tout ça sans se lever de son siège pour faire autre chose que du café (ma drogue légale). Impossible d'écrire plus de 3 heures, et pour dire vrai, après 2h on est épuisé. Donc : si ça a bien marché : 4 pages en 2h, et si ça a mal marché : 1 page en 3h.
Chaque après-midi, 14h : la paperasse administrative, les coups de téléphone à passer, bref les emmerdements en cours (nombreux, comme tout le monde), sans oublier les manuscrits à imprimer/relier/glisser dans l'enveloppe, poster. 15h-17h : les amis au café, rigolade, potins locaux. 17h30-19h30 : lecture, avec prise de notes (trouver le livre qui, à ce moment de ma vie, me touchera au point que j'en ferai une chronique du mois). Éventuellement, saut de puce chez Mollat, à La Machine à Lire, chez Olympique, ou chez Georges, si un auteur que je veux entendre passe par là, ou bien vernissage (notamment si le CAPC organise une exposition importante, ce qui arrive parfois). 21h30-23h30 : écriture du Carnet du lendemain. 23h30 : lecture rapide puis longue séance de projection de rêves jusqu'au matin.
Deux heures d'écriture le matin, une heure de lecture l'après-midi, deux heures d'écriture le soir, cinq heures sept jours par semaine, 7 x 5 = 35 heures. Je ne vous dis pas combien je gagne (zéro), puisque de toutes façons je ne fais pas ça pour l'argent.
Commentaires
Joli calcul !
Moi pareil : écriture le matin après la revue des blogs, miam miam sur le pouce et atelier photo. Lecture entre 15 et 16h et sortie des écoles... Soirée : mon z'homme exclusivement. Parfois lecture à deux : un chapitre chacun pour que ce soit vivant et... le charme opère, c'est fantastique de partager ;o)
35 heures sans gagner un sou, c'est dur, je confirme !
Arf! vos emplois du temps me font rêver, les jeunes! (pourquoi je crois que vous êtes jeunes? que de préjugés!)
Moi par nécessité j'écris péniblement le soir, certains soirs en fait... tout fragmenté...c'est un peu laid... et il faut courir après l'inspiration... mais comme tu l'as dit dans ton Carnet, l'écriture, cette guerre contre soi-même, est "une guerre de mouvement". Pas sûr que je cours assez vite :)
euh...une question...bête et indiscrète peut être...mais de quoi vivez vous ?
Comme beaucoup d'auteurs qui n'ont pas d'autre travail, je vis du cumul de plusieurs petits revenus : bourses, lectures, résidences, commandes, etc. François Bon, qui est lui aussi "à temps plein", a fait il y a quelques mois un excellent billet sur le sujet http://www.tierslivre.net/spip/spip...
merci, très instructif en effet
A relire mon billet et mon commentaire, je constate une contradiction : je dis que je gagne "zéro" et pourtant j'ai des revenus, certes épars. En réalité, je suis "payé" de manière indirecte et surtout après coup (d'abord les publi, ensuite les bourses, lectures, résidences, etc.)
Et Nath de quoi vit-elle ?