Bordeaux, Philippe Sollers chez Mollat
Par MP le mercredi 7 novembre 2007, 20:39 - auteurs - Lien permanent
Passage de Philippe Sollers à Bordeaux à la librairie Mollat pour présenter Un vrai roman, Mémoires (Ed. Plon) et Guerres secrètes (Ed. Carnets Nord).
Très forte affluence, la salle est comble une demi-heure avant le début de la
rencontre. J'ai rarement vu autant de monde pour une rencontre avec Philippe
Sollers, des lecteurs et lectrices anonymes mais également beaucoup de têtes
connues du milieu intellectuel bordelais. On dirait que la ville a compris
l'importance de ce livre et qu'est rendu, ainsi, une sorte d'hommage silencieux
à l'écrivain de passage dans cette cité qu'il appelle d'entrée "ma ville
natale". Philippe Sollers, encore plus enjoué que d'habitude, est
interrogé par Jean-Claude Simoën sur le mode du tutoiement et avec un certain
ton de confidence.

On pourra écouter dès demain le podcast intégral de la discussion (je vous conseille, à environ 50 minutes du début, une imitation très réussie de François Mauriac faisant le portrait du jeune Sollers). J'ai retenu quelques passages : "C'est un livre de combat, ce sont des mémoires de combat"; "Je suis un écrivain espagnol de langue française"; à propos de l'amour : "La société a horreur des rencontres amoureuses. La société a horreur de ça, le diable a horreur de ça"; et aussi, toujours à propos de la société, cette expression lucide : "Mes soi-disant semblables".
Commentaires
J'aime bien cet homme, je ne sais pas trop pourquoi, un "je ne sais quoi" dans sa façon d'être, peut-être...
Lisez ses livres. Par exemple, un roman superbe qu'on oublie souvent de citer quand on évoque Sollers, est "La Fête à Venise" (1991), disponible en poche : une parabole sur l'Art et sur la science.
Il est de bon ton de taper sur (à défaut de "dans") le dos de Sollers, qui serait une éminence grise des prix littéraires, un faiseur (de réputations), un tâcheron de l'écriture, un coureur de télés, de jupons, etc.
Mais son ironie, son humour, son courage (Sarkozy n'est pas son ami), sa culture... en font quelqu'un d'assez rare dans notre paysage intellectuel.
Comme il est, il restera : "tel quel". A Bordeaux aussi !
Merci