Trouvé grâce au blog L'Illettré, un billet intitulé La mort annoncée de l'édition et qui envisage pour le livre un "effet MP3" basé sur un futur technologique couplant PDF et imprimante brocheuse.

Thibault Malfoy n'y croit pas "parce qu'il est plus facile d'écouter de la musique" que de lire. Certes. Personnellement, j'ajouterai que le livre est un objet difficile à dématérialiser (essayez de lire 150 pages sur un écran) et dont le coût de production ne sera donc jamais nul comme peut l'être celui d'un MP3.

Mais surtout, à la différence des musiciens (et encore, quels musiciens ? ceux de l'ancien monde, et ceux qui ont rencontré le succès et sont installés), pas mal d'écrivains - en tout cas moi - veulent être lus gratuitement, ou à très peu de frais pour le lecteur : ce qui compte c'est l'accès aux textes le plus facilement possible. En 2007, les écrivains ne vivent quasiment plus de leurs droits d'auteurs, les revenus proviennent d'autres sources (aides diverses, bourses, résidences, lectures publiques). Donc, paradoxalement, les auteurs du futur auront plutôt tendance, je crois, à être pro-gratuité, et même, s'il faut accélérer la tendance, ils le feront en multipliant les livres offerts (je sens que je vais encore me faire des amis...)

De toutes façons, la situation entre littérature et musique est totalement différente : je peux citer librement, et sans payer, tous mes auteurs préférés : 20 pages de Saint-Simon, de Kafka, de Proust, de Molière, de Duras  (non, un peu de patience), tout est gratuit. Quand nous faisons une reprise (un "cover" diraient les musiciens), nous ne payons pas les citations. Alors, pourquoi faire payer nos propres textes à ceux qui voudraient les citer ?

Et puis, au vu des refus d'éditeurs qui s'accumulent pour moi depuis deux ans, qui sait si mon prochain livre ne sera pas publié au moment où mes écrits seront tombés dans le domaine public (70 ans après ma mort) ? ;-)