Les livres sont-ils piratables ?
Par MP le jeudi 16 août 2007, 20:03 - éditeurs - Lien permanent
Trouvé grâce au blog L'Illettré, un billet intitulé La mort
annoncée de l'édition et qui envisage pour le livre un "effet MP3" basé sur
un futur technologique couplant PDF et imprimante brocheuse.
Thibault Malfoy n'y croit pas "parce qu'il est plus facile d'écouter de la musique" que de lire. Certes. Personnellement, j'ajouterai que le livre est un objet difficile à dématérialiser (essayez de lire 150 pages sur un écran) et dont le coût de production ne sera donc jamais nul comme peut l'être celui d'un MP3.
Mais surtout, à la différence des musiciens (et encore, quels musiciens ? ceux de l'ancien monde, et ceux qui ont rencontré le succès et sont installés), pas mal d'écrivains - en tout cas moi - veulent être lus gratuitement, ou à très peu de frais pour le lecteur : ce qui compte c'est l'accès aux textes le plus facilement possible. En 2007, les écrivains ne vivent quasiment plus de leurs droits d'auteurs, les revenus proviennent d'autres sources (aides diverses, bourses, résidences, lectures publiques). Donc, paradoxalement, les auteurs du futur auront plutôt tendance, je crois, à être pro-gratuité, et même, s'il faut accélérer la tendance, ils le feront en multipliant les livres offerts (je sens que je vais encore me faire des amis...)
De toutes façons, la situation entre littérature et musique est totalement différente : je peux citer librement, et sans payer, tous mes auteurs préférés : 20 pages de Saint-Simon, de Kafka, de Proust, de Molière, deDuras (non, un peu de patience), tout est gratuit. Quand nous
faisons une reprise (un "cover" diraient les musiciens), nous ne payons pas les
citations. Alors, pourquoi faire payer nos propres textes à ceux qui voudraient
les citer ?
Et puis, au vu des refus d'éditeurs qui s'accumulent pour moi depuis deux ans, qui sait si mon prochain livre ne sera pas publié au moment où mes écrits seront tombés dans le domaine public (70 ans après ma mort) ? ;-)
Thibault Malfoy n'y croit pas "parce qu'il est plus facile d'écouter de la musique" que de lire. Certes. Personnellement, j'ajouterai que le livre est un objet difficile à dématérialiser (essayez de lire 150 pages sur un écran) et dont le coût de production ne sera donc jamais nul comme peut l'être celui d'un MP3.
Mais surtout, à la différence des musiciens (et encore, quels musiciens ? ceux de l'ancien monde, et ceux qui ont rencontré le succès et sont installés), pas mal d'écrivains - en tout cas moi - veulent être lus gratuitement, ou à très peu de frais pour le lecteur : ce qui compte c'est l'accès aux textes le plus facilement possible. En 2007, les écrivains ne vivent quasiment plus de leurs droits d'auteurs, les revenus proviennent d'autres sources (aides diverses, bourses, résidences, lectures publiques). Donc, paradoxalement, les auteurs du futur auront plutôt tendance, je crois, à être pro-gratuité, et même, s'il faut accélérer la tendance, ils le feront en multipliant les livres offerts (je sens que je vais encore me faire des amis...)
De toutes façons, la situation entre littérature et musique est totalement différente : je peux citer librement, et sans payer, tous mes auteurs préférés : 20 pages de Saint-Simon, de Kafka, de Proust, de Molière, de
Et puis, au vu des refus d'éditeurs qui s'accumulent pour moi depuis deux ans, qui sait si mon prochain livre ne sera pas publié au moment où mes écrits seront tombés dans le domaine public (70 ans après ma mort) ? ;-)
Commentaires
L'imprimante brocheuse est une invention géniale :
- ce ne sera pas la mort de l'édition mais de l'édition à compte d'auteur, nuance (car un vrai éditeur n'est pas juste un imprimeur et ça ne se remplace pas par une imprimante)
- ne seront piratés que les best-sellers et là oui c'est pareil que pour les disques, après tout ils ne sont pas à 1 millier d'exemplaires près. Proposez en ligne, "prêt à imprimer" le dernier livre de machine dont tout le monde se fout ne marchera pas, elle gardera ses lecteurs habituels. Par contre tout le monde s'arrachera le dernier machin et rien en changera sauf que ce sera "moins cher"
- lorsqu'un gros éditeur peu scrupuleux se débarrassera d'une façon un peu malhonnête de votre livre, ou pilonnera par exemple, vous n'aurez plus à rachetez le pilon (s'il vous en a même laissé cette possiblité...) et une fois vos droits recouverts, vous pourrez vendre vous même ce livre.
- les manuels scolaires seront dispo quasi gratuitement : au lycée, dans presque toutes les régions, ils se paient ou s 'achètent d'occase or les études sont censées être gratuites !
- on pourra s'imprimer tous les livres tombés dans le domaine public car pour l'instant l'impression "ordinaire" ne vaut pas le coup par rapport aux livres de poche.
- on pourrait aussi intégrer une taxe sur le papier, l'encre, l'imprimante, je ne sais quoi comme c'est prévu sur les autres supports qui reviendrait aux auteurs en sus de leurs droits.
Bon, je reconnais quand même que c'est un peu "dangereux", mais il suffit de contrôler un chouia et de faire comme les jeunes : je télécharge et si ça me plaît j'achète sauf si le mec vend des millions de disques/ livres !
Tout à fait d'accord avec le rôle central de l'éditeur : c'est lui qui valide le texte, c'est d'ailleurs souvent à l'origine une personne physique qui veut se composer une bibliothèque originale, c'est ça le rêve de l'éditeur : créer SA bibliothèque idéale.
C'est pour ça qu'on verra très vite (je suis étonné que personne ne semble (?) y travailler d'arrache-pied actuellement) arriver chez les grands éditeurs de création des collections "impression à la demande" de livres vendus uniquement en ligne (pas de stock).
Le role central de l'editeur ? Quand on sait que Bourgois s'indignait récemment de ne toucher que 500 lecteurs par livre publié, on peut en douter. Quant à la gratuité, je ne suis pas sur qu'elle soit la solution. Lire à ce propos ce billet publié dans la revue électronique Ironie :
http://chroniques-cabanon2.blogspot...
"pas mal d'écrivains - en tout cas moi - veulent être lus gratuitement, ou à très peu de frais pour le lecteur : ce qui compte c'est l'accès aux textes le plus facilement possible" Dans l'idéal, on peut rêver que tout ce qui relève des besoins vitaux et de l'émancipation humaine soit gratuit, c'est un horizon d'attente qui me plait bien, mais qui est beaucoup plus complexe que le simple gratuit=facile d'accès. Le prix n'est qu'une facette du problème que pose votre horizon d'attente, et ça n'en est pas la clef comme vous semblez le croire.