Tous les ans à La Baule en juillet a lieu Ecrivains en bord de mer.

J'en profite pour faire coïncider un séjour à La Baule avec les dates du festival. L'occasion de rencontrer plusieurs auteurs lus et admirés, de discuter avec eux, d'écouter des lectures.

Discussions improvisées avec plusieurs auteurs, sur les marches de la Chapelle Saint-Anne, entre deux interventions, puis à l'hôtel ou au café, notamment avec Chloé Delaume et François Bon. Il règne à La Baule un étrange microclimat qui fait s'y sentir heureux les auteurs. Brigitte et Bernard Martin, les organisateurs, ont su créer une alchimie secrète, avec la réunion dans le même petit hôtel de charme (au coeur des pins, à deux pas de la plage) de tous les auteurs pendant cinq jours, des écrivains de toutes générations, souvent venus avec leur conjoint. Le public est fidèle, des habitués venant parfois exprès de Nantes pour suivre chaque lecture ou discussion aux horaires quotidiens (11h, 15h, 17h, 18h30, 20h30). Les écrivains sont abordables pour les lecteurs, les dédicaces se font au hasard, les discussions sont naturelles, tout le monde a le temps, tout le monde est en vacances.

Il y a enfin, au-delà de la présence, toujours riche d'enseignements des auteurs en chair et en os (présence, densité du corps, façon de se mouvoir, profondeur du regard), les avant-premières que sont les lectures d'extraits de livres à paraître à la rentrée. Lors de l'édition 2006 il y avait eu la lecture par Christine Angot des premières pages de son puissant Rendez-vous. Cette année, nous avons découvert par la voix de l'auteur La nuit je suis Buffy Summers de Chloé Delaume, et Bob Dylan, une biographie de François Bon. Les interventions de François Bon, trois jours d'affilée à 17h ("Une heure avec Dylan") nous ont permis de le voir lire ses traductions françaises des chansons, déclamées d'une voix parfois presque désespérée, par-dessus la chanson originale, moment émouvant (photo).

Pour Chloé Delaume : un livre-jeu dont la langue m'a semblé aller vers un style plus épuré, presque classique sous la forme "expé". Pour François Bon : un livre qui au-delà de Dylan m'a semblé questionner la façon dont chacun mène son existence, et le mystère qui préside à l'apparition d'un génie.

Et au milieu de cet été maussade, entre le 18 et le 22 juillet il aura fait à peu près beau à La Baule : chaleur modérée et beaucoup de vent, mais le ciel fut indulgent pour les auteurs, qu'il vénère lui aussi, à n'en pas douter...