Une semaine après l'anoblissement de l'écrivain britannique Salman Rushdie par la Reine d'Angleterre, la République d'Iran vient de réitérer ses menaces de morts contre l'écrivain, selon une dépêche AFP :

" 'La position de la République islamique concernant cette affaire n'a pas changé par rapport à celle établie par l'imam Khomeiny', a dit le porte-parole dans un point de presse diffusé par la télévision. L'imam Khomeiny avait condamné à mort M. Rushdie et son éditeur le 14 février 1989, pour blasphème à cause du roman 'les Versets sataniques'. Le gouvernement iranien avait indiqué en 1998 qu'il ne tenterait pas de faire appliquer ce décret. Mais en janvier 2005, le successeur de M. Khomeiny à la tête de l'Etat, l'ayatollah Ali Khamenei, avait qualifié M. Rushdie d'apostat dont le sang peut être versé impunément."

18 ans après l'appel au meurtre lancé contre Rushdie, la situation n'a donc pas bougé et un pays peut encore, impunément, promettre une récompense aux assassins d'un écrivain. Rushdie est ici pourchassé parce qu'ayant écrit, et parce qu'ayant écrit un roman. C'est donc une attaque contre l'imagination et sa transcription linguistique, c'est-à-dire la littérature de fiction.

De nombreuses organisations viennent de s'exprimer pour soutenir Salman Rushdie, dont International PEN et l'OSCE. Le gouvernement français a également à nouveau condamné "toute menace contre l'intégrité physique d'un écrivain en raison de ses écrits".