Dans un point de vue intitulé "Art, folie, responsabilité" publié par Le Monde daté de ce jour, Nancy Huston répond à Jonathan Littell qui avait posé la question du statut, littéraire ou non, des écrits de Cho Seung-hui, le tueur de Virginia Tech (voir plus bas le billet à ce sujet).

Ce point de vue, qui n'est pas exempt d'une certaine animosité envers Jonathan Littell, met en cause également, plus ou moins directement, Michel Houellebecq, Marguerite Duras, ou Antonin Artaud. Nancy Huston conclut en appelant à la "responsabilité" de l'artiste :

"Se peut-il que, ne sachant plus quel rôle jouer dans la société, quelles responsabilités assumer, l'on devienne jaloux de ces criminels dits fous (qui, eux, au moins, vivent quelque chose), et que l'on aspire à une merveilleuse irresponsabilité, semblable à la leur ? Il est attristant de voir un écrivain aussi influent que Littell oublier en quoi consiste le geste fondamental de l'artiste : non pas transcrire telle quelle la matière brute de la souffrance humaine, mais, en la réfractant à travers une ou plusieurs consciences particulières, nous aider à la comprendre et, peut-être même, parfois, on ne sait jamais, à l'alléger."


Je suis désolé de devoir contredire Nancy Huston, mais un artiste, notamment un écrivain, sera toujours, par définition, un irresponsable. J'ajoute qu'il n'a pas pour rôle d' "alléger" quoi que ce soit, et qu'il n'a même aucune utilité dans la société. Il est , il existe, c'est tout.