Pourquoi écrivons-nous ? Pourquoi acceptons-nous d'avoir cette vie très rude de solitude et de bagarre, cette vie dont parle parfois François Bon qui avoue ces jours-ci traverser une "période où les bouffées d'angoisse remontent" (la crise d'angoisse, c'est le pire, Proust a bien connu), pourquoi continuons-nous cette ascension continuelle par les mots, sans sherpa et sans oxygène ? Pour Peter Norman. Ou plus exactement pour que quelqu'un comme Bernard Wallet, explique, soudain, lorsqu'il doit faire le bilan de dix années d'édition à la tête de Verticales, qu'il se sent vivant parce que le sprinter australien Peter Norman a vécu.

Nous n'écrivons pas seulement pour le sport, nous écrivons aussi pour faire un acte politique. Si dans quelques semaines, la France sombrait comme elle menace de le faire, il faudrait s'en souvenir (ce serait alors la même bagarre que pour nos collègues américains prisonniers du président W. Bush).

Il faut que vous vous débrouilliez pour mettre la main sur le petit volume hors commerce Qui est vivant ? que sortent les éditions Verticales pour leurs dix ans. Nul besoin d'être parisien et dans le circuit pour l'obtenir, votre libraire vous le remettra (soit sur demande, soit pour deux volumes de la collection achetés, je ne sais pas trop quelles sont les modalités) : les auteurs Verticales ont donné un petit texte inédit et, au début, il y a donc aussi ces trois pages, valeureuse, exactes, re-motivantes, de Bernard Wallet.