Superbe billet, comme toujours sur le tiers livre, à propos de Kafka. Arrêtons-nous un instants sur quelques passages du commentaire de François Bon :

"Texte complet, traité comme tel. On a longtemps considéré le Journal de Franz Kafka comme suite d’ébauches, et la brièveté des notes et fragments comme des narrations impossibles, confrontées à leur propre échec.

(...) plus facile de relier historiquement, en quoi la prose brève pouvait être considérée comme un enjeu formel considérable, à explorer en soi, et quand bien même les formes éditoriales n’étaient pas prêtes à l’accepter. Les formes ultra-brèves développées alors en continuité et âpreté par Kafka peuvent émerger comme tentative esthétique à prendre comme telle, dès l’instant de la lecture.

(...) Cette non-linéarité temporelle de structure nous est beaucoup plus familière, aussi bien dans les théories physiques que nous avons appris à relire, que dans d’autres œuvres littéraires surgies depuis."


C'est entendu, on le sait maintenant, tout Kafka est dans un certain décalage avec la réalité. Vous placez Franz et un autre écrivain dans la même situation puis vous demandez à chacun de décrire ce qu'ils ont vécu, et chez Kafka il y aura toujours ce "déplacement". Cela, nous le savons parce que nous sommes en 2007. En 1924, c'était moins simple.

Alors, aujourd'hui, qui publierait le fils de Kafka ? qui saurait le lire? Personne...