Deux semaines après le lancement par François Bon de sa librairie en ligne en partenariat avec Amazon, le blog des éditions Cynthia 3000 a regroupé une série de réactions très négatives de la part des libraires. La plus troublante est sans doute la lettre ouverte de Hervé Floury, libraire à Toulouse.

Parallèlement à la montée en puissance d'Amazon et de la vente en ligne, le rétrécissement des catalogues de nouveautés chez les éditeurs traditionnels, ainsi que la frilosité de ces éditeurs devant les manuscrits difficiles, poussent des auteurs à s'intéresser à l'impression à la demande, dont le corollaire est la vente en ligne et la suppression de tout stock. Là encore, les librairies semblent les oubliées de l'avenir.

Il n'y a pas de divorce entre auteurs et libraires, il y a seulement des modes d'existence différents. D'un côté, le libraire subit de plein fouet la concomitance entre un système de distribution des livres qui tue le petit commerce (office, retours) et l'arrivée de la dématérialisation partielle du livre dont l'impression à la demande sera le phénomène majeur. De l'autre côté, l'auteur continue d'écrire ses livres, qu'ils se vendent ou pas, qu'ils se publient ou pas.

Alors qu'elles semblent éliminées du futur prévisible, c'est aux librairies elles-mêmes de trouver au contraire comment rester incontournables. Les librairies vont devoir, comme le disait François Bon, s'orienter vers le "direct", la présence réelle de l'auteur lors de lectures, et également accentuer le rôle de découvreurs d'éditeurs et d'auteurs, et aussi aller vers la vente d'éditions rares, voire vers la publication de livres (en se faisant éditeurs comme les librairies d'il y a trois siècles). L'avenir des librairies n'est donc peut-être pas dans la vente en ligne (telle que l'envisage lekti-ecriture), mais à l'inverse dans le retour vers le local.

MàJ : François Bon a décidé de fermer la version Amazon de sa "librairie tiers livre" (la page vient d'être supprimée).

MàJ : à lire sur le blog "La Feuille", un long billet d'Hubert Guillaud sur le sujet : Peut-on continuer à opposer la librairie en ligne et la librairie réelle ?