CE MÉTIER DE DORMIR

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dimanche 20 mars 2011

Paris, passage éclair au Salon du livre

Passage éclair au Salon du livre cet après-midi pour une séance de signatures d'Un voyage humain sur le stand Gallimard.

L'occasion de voir, revoir, rencontrer, croiser toutes les personnes de la profession qu'on ne voit jamais le reste de l'année. Et surtout voir les collègues auteurs, certainement le meilleur moment des salons. Cette année, pour ma première séance de dédicaces sur le stand Gallimard, j'étais assis entre Sylvie Kandé (La quête infinie de l'autre rive, coll. Continents noirs) et Alexandre Duval-Stalla (Claude Monet Georges Clemenceau : une histoire, deux caractères, coll. L'Infini), entre autres auteurs présents sur le stand.

Quelques discussions et échanges aussi avec des lecteurs, mais pas tant que ça, et au final l'impression que le courant passe mieux lors des rencontres en librairie ou en bibliothèque que dans les salons. Prochain rendez-vous en France : l'Escale du Livre les 2 et 3 avril à Bordeaux.

 

mercredi 9 mars 2011

Bordeaux, Hubert Lucot et Claude Chambard chez Mollat

Dans le cadre du Printemps des poètes 2011, la librairie Mollat accueillait au 91 rue Porte-Dijeaux deux poètes contemporains, Hubert Lucot et Claude Chambard, interrogés l'un après l'autre par Didier Vergnaud devant une salle quasiment pleine.

Hubert Lucot a parlé de son dernier livre, Le Noyau de toute chose (Ed. POL). Sur sa façon particulière de pratiquer l'exercice du journal, il a expliqué : "Le travail de la langue amène à romancer le réel. (...) Je suis de plus en plus libre par rapport à ce journal, dans la double perspective intime du roman et du poème". Hubert Lucot a aussi fait une lecture de deux passages troublants, l'un dans lequel l'auteur vient faire une rencontre à l'intérieur d'une prison, l'autre relatant le suicide par défenestration d'une voisine de son immeuble.

Claude Chambard a de son côté présenté son nouveau livre, Carnet des morts (Ed. Le bleu du ciel) qui paraît ce mois-ci, dont il a fait une longue lecture. Il a expliqué que ce volume était le quatrième* d'un ensemble qui en comptera douze, chacun des douze livres comprenant lui-même douze chapitres. Il est aussi revenu sur une de ses marques de fabrique : l'utilisation dans tous ses textes, même en revue, de l'esperluette "&" en lieu et place de la conjonction de coordination "et".

Le podcast est en ligne sur le site de Mollat.

 * Après La vie de famille (2002), Ce qui arrive (2004), et Le chemin vers la cabane (2008), tous aux Éditions Le bleu du ciel.

 

lundi 28 février 2011

Kafka (chronique de février)

Parution en poche des Lettres à Max Brod * de Franz Kafka (Ed. Rivages, Poche, 473 p., 10,50 €) et c'est la chronique du mois de février.

* Voir la présentation sur le site de l'éditeur.

 

vendredi 25 février 2011

À Arcachon, à la Librairie Générale

J'étais sur le Bassin cet après-midi pour une rencontre-lecture à la Librairie Générale d'Arcachon, à l'invitation d'Anne Giraudeau et François Boyer, autour d'Un voyage humain.

C'était la première invitation en librairie pour ce livre et donc les premiers contacts avec les lecteurs et les premières questions autour du livre. Exercice compliqué et nerveusement fatiguant, mais nécessaire et passionnant. Il ne suffit pas d'écrire le livre et de le publier, il faut aider à sa circulation, l'accompagner dans sa diffusion, et répondre aux questions, multiples, subtiles, parfois imprévues, que se posent celles et ceux qui l'ont déjà lu et celles et ceux qui sont curieux de le lire. Comme à chaque fois, j'ai de nouveau beaucoup appris sur moi-même et sur mes livres

D'autres rencontres sont à venir autour d'Un Voyage humain, livre décidément hors norme, à Paris, Venise, et Bordeaux (plus de détails sur la page Agenda du site).

 

jeudi 24 février 2011

Adhésion à la SGDL

Je viens d'adhérer à la Société des gens de lettres (SGDL).

Il me semble important que les écrivains se regroupent pour faire poids face au monde extérieur et aux forces parfois contraires, tant économiques, qu'administratives, judiciaires, ou religieuses, il faut que les écrivains défendent leur capacité à créer et leur liberté de donner à lire leurs textes. Les écrivains vivants ont une responsabilité : ils sont le cœur de la littérature naissante, sans eux aucun nouveau livre n'existera, les écrivains vivants sont le futur, et le futur doit apprendre à se protéger.

Ce sont des associations comme la Maison des Écrivains et de la Littérature et comme la Société des gens de lettres qui sont à même de fédérer les écrivains. J'étais déjà membre de la MéL, me voici aussi membre de la SGDL.

 

lundi 14 février 2011

Flotter dans les livres (à propos de Où s'arrête la terre)

Sortie en livre numérique de Où s'arrête la terre de Michèle Dujardin (Ed. Publie.net, 32 p., 3,49 €).

Des souvenirs d'enfance dans une ville-monde, jamais citée mais dans laquelle on reconnaît Marseille, présence obsédante de la mer et des livres, primat du corps et des sensations sur tout le reste.

Un texte vraiment magnifique, simplicité, grande force de vision, poésie continue, à la fois très accessible et d'une densité rare. À lire d'urgence.

Extrait :

"on aime les livres, on vit dedans – on flotte – ça traverse les murs, les livres – ça traverse le temps – le bruit des livres, qui entre par les yeux – toutes ces voix, les unes après les autres, qui se répondent – chacune à son étage, de son balcon – des voix qui peignent, qui montrent – des choses comme des campagnes, avec des saisons – de l’herbe grasse et des fleurs des champs – des automnes rouges, des cours de ferme – de la neige et des feux de bois – des sources où boivent des biches, et des forêts – on aime ça, les vaches tranquilles dans le pré, qui paissent librement –" 

NB : Michèle Dujardin est notamment l'auteur d'Abadôn, paru en 2007 aux Éditions du Seuil.
 
 

vendredi 11 février 2011

À Bordeaux, à l'Hôtel de région, pour la remise du Prix littéraire d'Aquitaine 2010

J'étais ce soir à l'Hôtel de région, à Bordeaux, pour la remise du Prix littéraire d'Aquitaine 2010 décerné en novembre dernier à Je suis une surprise (Ed. Atelier In8).

Soirée très réussie, encore merci au Conseil régional d'Aquitaine, à l'association des Savoir-Faire d'Aquitaine, et aux Éditions Atelier In8.

Comme c'était une "cérémonie", après les différentes allocutions, il fallait que je prononce moi aussi un discours, alors j'ai lu un court texte écrit pour la circonstance : Une ville minuscule.

 

mercredi 9 février 2011

Quatre ans de carnet d'écriture

Un jour de février 2007, je mettais en ligne pour la première fois un extrait des notes prises pendant la journée dans mon carnet papier *.

J'ai continué depuis, en systématisant le procédé, tous les jours et trois phrases à chaque fois, et cela fait donc quatre ans que ce carnet d'écriture existe.

Trouver chaque jour trois phrases n'est pas une chose simple, de temps à autres la pensée se cherche et le texte devient moins percutant. Parfois, choisir les trois phrases dure deux heures, parfois c'est bouclé en dix minutes. Il n'y a pas de règle, question de météorologie psychique. Le carnet est vraiment un état des lieux mental, j'y décris mon sentiment de l'instant. Si je suis sûr de moi, si j'ai bien travaillé le matin sur le roman en cours, alors ma phrase tape dans le mille, et peu importe si elle semble incompréhensible au premier abord. En revanche, si je subis une pression extérieure, alors le texte hésite, sa grammaire divague.

Ce carnet a ses fidèles qui le lisent tous les jours, et il est notamment très suivi par mes amis et mes proches, phénomène qui me semble toujours curieux. Avec l'apparition de Facebook, s'ajoute la réaction immédiate des lecteurs, ici encore souvent mystérieuse pour moi : certains jours le carnet suscite des J'aime, d'autres fois le silence total, sans que cela recoupe toujours mon avis personnel. J'en conclus que la réception d'un texte est multiple, que les perceptions sont personnelles et parfois incompatibles entre elles.

Le carnet, au-delà de son irrégularité stylistique et de la discipline que sa rédaction exige, est surtout pour moi une boussole : chaque soir, je monte sur le pont et face à l'océan je fais le point pour savoir où je suis. Si je sais où je suis, je saurai où aller.

 

* Pour info, on trouve ces petits carnets à couverture unique chez "Il Pavone di Pelosin Paolo", à Venise sur le campiello dei Meoni (San Polo 1478, 30125 Venezia).

 

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