CE MÉTIER DE DORMIR

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vendredi 31 juillet 2009

Des traces du passé

Travail sur un petit texte pour le prochain numéro de la revue d'ici là publiée chez Publie.net par Pierre Ménard.

Le sujet de ce numéro d'automne sera "Le palimpseste de la mémoire est indestructible", réflexion pré-proustienne formulée par Baudelaire dans Les Paradis artificiels :

"Dans le spirituel non plus que dans le matériel, rien ne se perd. De même que toute action, lancée dans le tourbillon de l’action universelle, est en soi irrévocable et irréparable, abstraction faite de ses résultats possibles, de même toute pensée est ineffaçable. Le palimpseste de la mémoire est indestructible."

Précisément, moi qui finis toujours par tout oublier, de quoi puis-je bien me souvenir, malgré tout ? Que reste-t-il de toutes ces années vécues ? Ouvrons les vieux agendas, sait-on jamais. Et si je n'y retrouve rien, j'inventerai, ou du moins j'aurai l'illusion d'inventer.

mardi 28 juillet 2009

Séjour à Paris

Séjour prolongé à Paris.

Beaucoup de marche dans la ville. Visites studieuses des musées et lieux d'exception, Louvre, Beaubourg, Musées Picasso et Rodin, Muséum national d'histoire naturelle, cimetière des Catacombes, jardin Marco-Polo et jardin du Luxembourg. Deux oublis à réparer la prochaine fois : Versailles et Orsay.

Passage chez Gallimard et deux rencontres enthousiasmantes (le mot est faible) avec deux auteurs de la collection L'Infini : David di Nota et Thomas A. Ravier. Élégance de Di Nota, dont je lis actuellement le superbe Bambipark (très fin, très drôle, très politique); énergie de Ravier, l'auteur des magnifiques Éloge du matricide et Les aubes sont navrantes. David me parle de la sensation que ressent un auteur lorsqu'il passe un palier dans son travail, quand il réalise qu'il peut enfin écrire précisément ce qu'il sait. Thomas attire mon attention sur les radiations émanant de la société du Spectacle et qui dénaturent notre langue d'auteur.

Curieusement, à Paris le lieu que je retrouve avec le plus de plaisir est la Tour Eiffel dressée sur ses quatre jambes. Étonnant symbole, tout de même, que cet énorme mécano phallique qui hypnotise à juste titre tous les étrangers de passage dans la capitale.

Le lieu que j'aime le moins est les Catacombes, même s'il nous rappelle que nous ne sommes que des squelettes et que le temps est plus agile que nous.

samedi 20 juin 2009

Comment choisir un seul livre ?

Petit exercice très intéressant autour d'un texte pour un ouvrage collectif dont le thème est "Un livre".

On me demande d'écrire sur un livre, celui que je veux. Alors, lequel ? La Bible ? La Recherche ? Le livre que je suis en train d'écrire ? Le livre que je suis en train de lire (plusieurs) ?

Et comment choisir un livre (au passage : quel hasard nous fait ouvrir un livre plutôt qu'un autre ?) ? Comment choisir un seul livre ? Et peut-on choisir un livre unique, ce qui exclurait tous les autres ? Ou alors le Dictionnaire (qui est aussi un livre) ? Ou finalement décrire le livre que constitue toute la bibliothèque elle-même, le livre de Babel ?

dimanche 14 juin 2009

L'Heidelberg de Bacalan

La machine à imprimer par typographie Heidelberg, dite platine Heidelberg, est une imprimante qui n'est plus utilisée aujourd'hui, il en reste très peu dans la région, surtout en état de marche.

A Bordeaux, dans le quartier de Bacalan, les Editions Pleine Page en possèdent une. Cette Heidelberg a été fabriquée dans les années 1960 en Allemagne et acquise en 1989 par Pleine Page. Aujourd'hui ils ne l'utilisent plus, même s'ils viennent tout de même de publier un ouvrage d'Alain Amanieu et Martin Lartigue entièrement réalisé sur cette machine par leur typographe Jean-Luc Buys. C'est lui qui hier accueillait les curieux pour une journée portes ouvertes "Typo" chez l'éditeur.

Petite discussion avec Jean-Luc Buys à propos des caractères (rangés dans des tiroirs appelés casses), leur usure toujours trop rapide, la singularité de certains (comme l'Anglaise, penchée, dont les caractères ne sont pas rectangulaires mais triangulaires). Au final grand plaisir de découvrir la typographie et voir tourner cette machine qui sous nos yeux marquait du sceau littéraire une par une les feuilles de papier.

Une idée aussi : écrire un jour l'autobiographie de cette Heidelberg. Je suis certain que cette platine Heidelberg a, d'une façon ou d'une autre, gardé la mémoire de toutes les phrases qu'elle a pressées depuis qu'elle est sortie de l'usine. J'appellerais ce livre : L'Heidelberg de Bacalan.

vendredi 12 juin 2009

Le "Bordeaux intérieur" (à propos de Bordeaux)

Beau texte de François Mauriac, que ce Bordeaux (Ed. L'Esprit du Temps, 92 p., 9,50 €) écrit pour une revue en 1925.

L'auteur alors quadragénaire, ami de Proust et un de ses premiers vrais admirateurs, est déjà un romancier célèbre (le Baiser au lépreux, Genitrix sont sortis peu avant). Dans ce texte il se livre, tout en décrivant sa ville natale.

Mauriac montre notamment comment il est attaché à cette ville et comment elle est attachée à lui. Il explique que le lieu, de naissance, de vie, ou simplement de pensée, influence l'écriture, et c'est ce qu'il appelle "mon Bordeaux intérieur".

Extraits :

"Une muraille de la Chine séparait pour moi la Guyenne du reste de l'univers" (...)

"S'il n'avait jamais vécu qu'à Bordeaux, Proust aurait pu écrire un livre pas très différent de Du côté des Germantes." (...)

"Bordeaux (et je désigne sous ce nom toute la matière de mon oeuvre) finit toujours par absorber ce que me fournit la réalité quotidienne; toute oeuvre due à une suggestion du présent avorte, si elle n'éveille une correspondance dans mon Bordeaux intérieur." (...)

"Bordeaux te rappelle cette saison de ta vie où tu étais entouré de signes que tu ne sus pas interpréter."

mardi 9 juin 2009

Bordeaux, Claude Lanzmann chez Mollat

Escale de Claude Lanzmann à Bordeaux, venu présenter à la librairie Mollat Le lièvre de Patagonie (Ed. Gallimard) devant une salle archi-comble.


Claude Lanzmann s'excuse d'abord en disant lorsqu'il s'assoit : "je suis à bout de souffle et à bout de force", mais une fois la discussion lancée il s'anime, prenant d'entrée amicalement le contre-pied du modérateur de la rencontre : "non, le livre est drôle, le livre est espiègle, il y a des histoires d'amour, des histoires de sexe il ne faut pas le nier, il y a tout cela, c'est un drôle de livre".

Le directeur de la revue Les Temps modernes raconte alors plusieurs épisodes de sa vie, et notamment il relate son voyage en Patagonie comme s'il était un livre magnifique, il écrit rien qu'en parlant, c'est saisissant.

Il parle aussi de Shoah, comment il a compris qu'il devait venir tourner son film sur les lieux lorsqu'il a vu que Treblinka avait une gare encore en activité : "j'étais comme une bombe mais le détonateur manquait, ça a été le détonateur". A propos des larmes du coiffeur dans Shoah, il dit : "les larmes du coiffeur, elles sont précieuses pour moi, c'est le sceau de la vérité. Ce n'est pas une scène sadique comme des cons l'ont dit, c'est une scène fraternelle".

Claude Lanzmann explique également que le livre commence par "des réflexions sur les différents modes d'administration de la mort" et "se termine par la façon dont a été tourné Shoah, et Shoah, qu'est-ce que c'est sinon la mort administrée". Mais entre les deux, "le livre est un hymne à la vie. Il n'y a que la vie, c'est ce que je pense profondément. Il n'y a que la vie. La seule transcendance pour moi c'est la réincarnation, et j'espère me réincarner en lièvre".

(Le podcast de la rencontre devrait être en ligne d'ici peu sur le site de Mollat.)

lundi 1 juin 2009

Le sud-ouest du monde

Travail ces jours-ci à une contribution pour un ouvrage collectif sur l'Aquitaine.

On m'a demandé, ainsi qu'à d'autres auteurs, d'évoquer ce que Roland Barthes en 1977 appelait dans une magnifique formule : "La lumière du Sud-Ouest". Je vais essayer d'expliquer pourquoi l'Aquitaine est à elle seule le sud-ouest du monde. Long et délicat à écrire mais passionnant de creuser ce mystère géographique. Plus de détails bientôt.

lundi 18 mai 2009

Tracer sa route (à propos de Bob Dylan, une biographie)

En général, un écrivain a une conscience aiguë de sa propre destinée, il a la vision de sa propre biographie, d'où l'intérêt des biographies écrites par des écrivains, en l'occurrence ici celle de Bob Dylan écrite par François Bon : Bob Dylan, une biographie (Livre de Poche, 478 p., 6,95 € - Première édition Albin Michel 2007, postface inédite de février 2009)

Première phrase du livre : "C'est soi-même qu'on recherche."

Bob Dylan est un mystère, il a un parcours chaotique, il prend durant sa vie (pas encore terminée) des décisions bizarres, intuitives, irraisonnées, il a un rapport à l'amitié et à la fidélité étrange, il copie, s'inspire, s'appuie sur autrui (voir l'étonnante relation de Dylan avec Joan Baez qui l'impose sur scène à ses débuts), il commet des erreurs, fait scandale, mais il s'en moque, il se relève de toutes les chutes. Seule compte une chose pour Dylan : tracer sa route. François Bon passe toute la vie connue de l'auteur de Don't Think Twice, It's All Right au tamis et tente d'expliquer, titre de l'introduction du livre, "Comment devient-on Bob Dylan".

François Bon a écrit également une histoire des Rolling Stones et une de Led Zeppelin, mais ici il signe la biographie d'un homme seul, un auteur compositeur interprète, et donc on peut lire aussi dans cette "vie de Dylan", par éclipses, des projections autobiographiques de François Bon* lui-même (faisons un rêve : que tout écrivain compose, au moins une fois dans sa vie, une autobiographie).

Dernière phrase du livre : "J'ai pensé appeler ce livre, un temps : Solitude de Bob Dylan."

Extraits :

"Ce qui surprend, dans la marche en avant de Bob Dylan, c'est sa capacité, à chaque étape, d'oublier aussitôt la précédente. On prend pied dans un monde, on efface les autres" (...)

"Dylan, c'est autre chose : assez fin, assez rusé, assez dur." (...)

"Il y a, avant de changer le monde, les murs du métier à briser. Il est invité cependant à plusieurs émissions de radio, quelque chose s'élargit" (...)

"Le génie de Dylan, c'est de ne pas dévoiler ses sources" (...)

"On réenregistre Visions Of Johanna, et ce n'est pas encore ça. Qu'est-ce qu'il entend, intérieurement, qu'il ne parvient pas à obtenir de ses musiciens ?" (...)

"Si on se lance dans une biographie, c'est aussi pour y recueillir, à suffisant grossissement de microscope, ces graviers qu'on garde, et qui nous déplacent dans notre propre rapport au langage."


* Dont on attend avec impatience le nouveau roman, L'incendie du Hilton, annoncé pour septembre.

vendredi 15 mai 2009

Artiste et écrivain, je suis contre la loi Hadopi

La loi dite "Création et Internet" (ou Hadopi) a donc été adoptée.

J'ai déjà parlé ici de cette loi visant, sous couvert de lutte contre le piratage audiovisuel, à surveiller et contrôler l'utilisation d'Internet. La loi Hadopi est une stupidité démocratique, une stupidité sociale et une stupidité technologique (toutes les barrières seront inutiles, rien n'arrête l'appétit de liberté). Mais ce qui m'énerve le plus ces jours-ci, c'est d'entendre ici ou là des gens expliquer que les artistes seraient favorables à cette loi*.

Moi je suis artiste, je suis écrivain, et je suis contre la loi Hadopi. Je suis pour la libre diffusion des oeuvres sur Internet, je suis contre le fait qu'une Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet (HADOPI) contrôle la diffusion de mes textes. J'ai le droit de diffuser librement et/ou gratuitement ceux de mes textes pour lesquels je n'ai pas signé de contrat avec mon éditeur, et personne n'a à contrôler préalablement cette diffusion : cela s'appelle la liberté d'expression et la liberté de publication. Cette Haute autorité, par sa dénomination même, constitue un danger pour tous les artistes.

Au final malgré tout, il y a une conséquence comique au vote de cette loi Hadopi, c'est l'énorme accélération du téléchargement qu'elle provoque : un ami, grand amateur de musique MP3 et de films et séries TV, me disait hier que grâce à la multiplication des blogs donnant des conseils pour se protéger d'Hadopi, il avait découvert des nouvelles méthodes, plus rapides et plus efficaces, pour se procurer toutes ses oeuvres préférées, et que jamais il n'avait autant téléchargé que depuis deux mois ...

* Heureusement, d'autres artistes, plus jeunes et mieux informés, ont pris position contre Hadopi, voir la "Lettre ouverte aux spectateurs citoyens" de 13 personnalités (dont Catherine Deneuve et Paulo Branco) ou la tribune du cinéaste Eric Rochant. Sans oublier les auteurs avec blogs, majoritairement contre Hadopi, à commencer par François Bon et l'équipe de Publie.net. 

jeudi 7 mai 2009

Sortie de "L'homme pacifique" (Ed. Gallimard)

Mise en vente aujourd'hui de L'homme pacifique, Éditions Gallimard, collection L'Infini, 66 pages, 10,50 €.

Il faudrait plus qu'un billet de blog pour raconter l'histoire à rebondissements de ce court texte, les mystères de son écriture, sa destination d'abord privée, sa découverte fortuite par un collègue et grand aîné qui m'incite à le rendre public, son passage à l'état de manuscrit, et enfin sa publication par Philippe Sollers chez Gallimard.

La quatrième de couverture :

    "C'est un homme trop doué pour son espace de vie, né aux pieds d'un immense château-fort au cœur d'une petite ville, et qui subit sans plainte année après année les mauvais coups du sort. Mais il ne cède pas à la colère, il refuse cette guerre que lui font les fantômes. Avec sa femme, il part habiter aux portes de la ville : il construit face à la forêt et s'entoure de secrets.
    Il marche dans la ville, il parle à tous ceux qu'il rencontre, il regarde, il écoute, il parle encore, il entretient sa mémoire, il garde le souvenir des lieux et de leurs habitants, il les connaît tous et il n'oublie jamais rien. Il se cache dans la forêt et envie ces milliers d'arbres qui soutiennent le ciel."

vendredi 24 avril 2009

Ma bibliothèque privée, c'est ma liberté

J'ai le droit de lire les livres que je veux, et plus encore j'ai le droit de posséder dans ma bibliothèque privée les livres que je veux.

Nous ne sommes plus sous l'Ancien Régime, personne ne peut m'interdire la détention privée de textes imprimés dont j'estime que la lecture m'est nécessaire. Ma bibliothèque privée, c'est ma liberté.

Je signe donc la pétition de la Maison des écrivains intitulée Je déballe ma bibliothèque :

Texte de la pétition :

"Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi. A ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant –, subversifs.
Ainsi, pour dénoncer le délit de lecture dont est accusé Julien Coupat, nous entendons ouvertement déballer nos bibliothèques, à l’instar de Walter Benjamin."

A noter aussi la tribune de François Gèze (Éditions La Découverte) parue dans la presse : De l'affaire Coupat à l'affaire Hazan ? , texte signé notamment par Laurent Beccaria (Les Arènes), Olivier Bétourné (Albin Michel), Teresa Cremisi (Flammarion), Françoise Nyssen (Actes Sud), Paul Otchakovsky-Laurens (P.O.L.), Yves Pagès (Verticales), Éric Vigne (Gallimard).

mardi 21 avril 2009

Bordeaux, le 28 avril : lecture à la librairie Olympique

Avis à celles et ceux qui seront du côté de Bordeaux ce soir-là :

Comme spécifié sur le flyer, l'insupportable égocentrique auteur de Je suis une surprise fera une lecture d'extraits de son livre le 28 avril à 19h à la librairie Olympique (23 rue Rode, quartier des Chartrons). Venez nombreux...

samedi 18 avril 2009

Lenteur

Certains auteurs sont capables d'écrire un livre par an tout en occupant un travail salarié à plein temps; moi, je n'ai pas de deuxième métier et malgré tout je n'arrive pas à écrire à la moitié de cette vitesse.

En ce moment, c'est encore pire : je ne progresse que de quelques mots chaque matin. J'avance pour ainsi dire à reculons. Mon rythme d'écriture est de plus en plus affligeant. Maintenant, pour un livre publié j'en écris trois. Je mets un an à produire un premier jet que je réécris ensuite depuis zéro avant de revenir finalement au premier état. J'écris avec une scandaleuse lenteur.

Cette longueur de temps, ces 22 années exclusivement passées à écrire avant de publier mon (mes) premier(s) roman(s), participe sans doute du choix des sujets et des histoires racontées, des livres écrits. C'est le texte qui aura résisté au temps qui sera publié. Je suis lent. Mais je suis déterminé.

jeudi 9 avril 2009

Disparition de Henri Meschonnic

Disparition à l'âge de 76 ans du poète Henri Meschonnic.

Il était notamment un traducteur particulièrement innovant de la Bible (plusieurs volumes, aux Ed. Gallimard et Ed. Desclée de Brouwer). Voir le billet de Lignes de fuite.

mardi 7 avril 2009

Vie des écrivains classiques, version 1.2

La vie des écrivains classiques, le petit "essai" (je crois qu'essai est le bon terme) donné fin 2007 à Publie.net, est remis en ligne dans une version révisée 1.2 avec nouvelle mise en page et beau caractère Garamond (30 pages, 1,30 € le fichier numérique PDF ou eBook). 

Dans le monde de l'édition papier, il faudrait épuiser la totalité du premier tirage pour pouvoir réviser le texte à l'occasion d'une réimpression - et encore, pas toujours -. Dans le monde du livre numérique, une mise à jour des formats permet, quand l'éditeur a comme ici la délicatesse de le proposer à l'auteur, de relire, corriger, réviser le texte.

Je n'ai fait que de très minimes corrections mais ça m'a permis de relire ce texte à presque deux ans d'intervalle et je continue de l'assumer. Et merci à François d'avoir créé Publie.net, coopérative d'auteurs, content d'en être pour continuer à signifier que je tiens à mon statut d'auteur.

lundi 30 mars 2009

Internet, liberté d'expression

Le projet de loi "Création et Internet" (Hadopi) revient devant les députés aujourd'hui.

On connaît les enjeux de cette affaire : couper la connexion Internet, ce n'est pas seulement priver l'abonné d'un service universel, c'est aussi retirer au citoyen la liberté d'expression.

La discussion du projet de loi peut être suivie en direct sur le site de l'Assemblée nationale (reprise aujourd'hui à 16h). Voir aussi les actualités sur Numerama, très actif dans le débat.

mercredi 25 mars 2009

L'incarnation (à propos du Lièvre de Patagonie)

Le lièvre de Patagonie (Ed. Gallimard, 560 p., 25 €) de Claude Lanzmann est sous-titré "Mémoires", mais c'est aussi une sorte de roman épique, un livre dans lequel la vie et la mort sont sans cesse mêlées.

Une fois passé le chapitre d'ouverture sur les décapitations, dur mais nécessaire, on lit ce livre en quelques jours, sans pouvoir le refermer : la Résistance, la guerre d'Algérie, les femmes, les toiles de maîtres dans les musées, la vie avec Simone de Beauvoir, la fréquentation de Sartre, de Deleuze, la vie en Allemagne, le journalisme, la Corée du Nord, la découverte éblouie d'Israël dès sa création, la préparation et le tournage de Shoah pendant douze ans, et beaucoup d'autres choses.

Mais il y a aussi dans ces pages des inventions narratives, des procédés stylistiques, qui créent un mystérieux échange des corps entre auteur et lecteur, phénomène rare, très rare, en littérature. J'ai l'intuition que Le lièvre de Patagonie aura une grande influence sur beaucoup d'écrivains actuels et futurs. J'avais ressenti le même genre de choc en lisant Un pedigree de Patrick Modiano, mais cette fois c'est bien plus fort. Exceptionnelle expérience de langage écrit puis lu, cette publication est une date dans l'actualité littéraire, oui. Lisez-le, vous verrez.

Extraits :

"Avec la peine capitale, l'incarnation - mais y a-t-il contradiction ? - aura été la grande affaire de ma vie. Même si je sais voir, même si je suis doué d'une rare mémoire visuelle, le spectacle du monde ou le monde comme spectacle renvoie toujours pour moi à une dissociation appauvrissante (...)"

"Mais ma joie est de courte durée, il me paraît déjà lui-même à bout de souffle et de forces, il me dit "I am not a good swimmer, but I will try to help you." Il passe derrière moi et se met à me donner des bourrades dans le dos pour me faire avancer. Je sais que ce n'est pas la bonne méthode, il le comprend lui-même et aussi qu'il se fatigue plus encore, il abandonne presque aussitôt : "I am very sorry, but I have to leave you, I have my wife and my little son on the beach, I am not even sure to succeed to return. Goody bye, forgive me." Il disparaît comme il était apparu." (...)

"Nous atteignîmes la première crête, à une centaine de mètres au-dessus de la route, et remîmes le FM en batterie. Mais il y avait deux corps couchés dans la pente, l'un de ceux qui se trouvaient avec nous cria : "C'est Rouchon !" et il se précipita pour le secourir. Il fut fauché lui aussi, après quelques mètres, il s'appelait Schuster, un troisième, Lheritier, bondit, mais fut tué aussitôt. La pente toute entière était un nid de guêpes mortel." (...)

"Le montage [de Shoah] fut une opération longue, grave, délicate, subtile. Il m'arriva en plusieurs occurrences d'être complètement bloqué, de ne pas découvrir, comme pendant une ascension, le passage qui allait me permettre de continuer, d'aller plus haut. Généralement, il y en a un seul, pas deux, un seul bon." (...)

"(...) tout cela ne forme aujourd'hui qu'une seule mémoire dont chacun des éléments appelle et signifie tous les autres, indissolublement."

samedi 21 mars 2009

Un blog avec RSS pour le carnet

Petit message de service à propos de mon carnet en ligne.

Il déménage et a désormais son propre blog : http://carnet.marcpautrel.net/ avec flux RSS. Toujours le même hébergement, celui des "Gandiblog" de Gandi.net dont la philosophie me plaît*. Les archives 2007, 2008 et 2009 du carnet restent disponibles à l'ancienne adresse.

(* Pour en savoir plus sur Gandi.net, lire Confessions d'un voleur (Internet : la liberté confisquée) de Laurent Chemla, un de ses fondateurs).

jeudi 19 mars 2009

Densité du Salon du Livre

Passage éclair au Salon du Livre.

C'était la première fois que je venais là. Le lieu lui-même n'a pas grand intérêt, en revanche je suis fasciné par la densité d'auteurs se trouvant en même temps au même endroit. Un souvenir au milieu d'autres : on me présente à un moment Philippe Forest, et je suis si étonné de le voir que je reste muet devant lui, alors que j'ai une immense admiration pour L'enfant éternel et que j'aurais voulu lui dire.

Et bien sûr, j'ai aussi ramené des livres, de quoi lire au moins jusqu'au milieu du printemps...

mardi 17 mars 2009

Sortie de "Je suis une surprise" (Ed. Atelier In8)

Mise en vente aujourd'hui de Je suis une surprise, Editions Atelier In8, 128 pages, 12 €.

La quatrième de couverture est en ligne sur le site des inuits.

Et un remerciement spécial à Claude Chambard, directeur de la collection Alter & Ego qui accueille ce texte, pour m'avoir fait confiance et commandé ce texte dès 2007.

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