CE MÉTIER DE DORMIR

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vendredi 1 janvier 2016

Bonne année 2016

Meilleurs vœux à tous !

Je vous souhaite une grande année, tout ce que vous souhaitez et davantage encore, dix mille surprises et dix mille lectures. Bonne année 2016 !

 

dimanche 1 novembre 2015

Jérusalem, journal de résidence (extrait)

Ma résidence de deux mois à Jérusalem vient de se terminer.

Ça a été extraordinaire de découvrir pour la première fois Israël et Jérusalem, un grand merci à l'équipe de l'Institut Français Centre Romain Gary, aux personnes du Consulat Général, aux professeurs du Lycée Français de Jérusalem, à la libraire française Vice-Versa, à mes nouveaux amis israéliens, sans oublier les pères dominicains de l'École Biblique et Archéologique Française qui m'ont accueilli, hébergé et nourri en discutions érudites, archéologiques, historiques et théologiques.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"06.IX.2015

Marche jusqu'à l'hôtel King David. Sur le chemin, je suis abordé par un israélien qui me demande sa route en hébreu. Surprise. Je lui réponds "Sorry, I'm french", il sourit en comprenant. Ballade dans le petit jardin derrière le King David. En sortant du jardin, une femme qui est au téléphone s'approche et me pose une question en hébreu, probablement à propos du jardin car elle le désigne du doigt. Même réponse, elle rit, s'excuse. On me prend pour un local, ça ne m'était encore jamais arrivé à l'étranger, sauf à Venise. Marche ensuite vers le sud de la ville puis remontée le long des grandes avenues modernes, Keren HaYesod puis Gershon Agron jusqu'à Mamilla. Enfin, je fais le tour de la vieille ville le long des murailles côté Tour de David et je passe par la porte de Sion. Je descends presque jusqu'à la porte des Immondices puis j'oblique à gauche et j'entre dans le quartier juif, très beau, très lumineux. Je traverse par le souk et ressors de la vieille ville par la porte de Damas.

Au dîner, Emile P. raconte un repas qui a eu lieu ici-même, dans le réfectoire où nous mangeons, il y a une trentaine d'années, et où il était entouré de Jean B. et Samuel N. K., qui se connaissaient bien et s'estimaient, les deux sommités mondiales de la recherche sumérienne en compagnie du déjà spécialiste mondial de Qumran. P. ajoute qu'il était très ami avec B. et sa femme et qu'à chacun de ses passages en France ils le recevaient chez eux, et c'était toujours B. qui faisait la cuisine car c'était un grand cuisinier.

Couché tôt, cris et klaxons dans la rue, rugissement des motos sur le boulevard qui longe le tramway, sirènes lancinantes des ambulances au loin."

(Photo : la vue sur Jérusalem depuis le Musée de la Tour de David)

 

mercredi 21 octobre 2015

Jérusalem, Aharon Appelfeld à l'Institut Français

Aharon Appelfeld était hier soir à l'Institut Français (Centre Romain Gary) de Jérusalem, en compagnie de sa traductrice française Valérie Zenatti.

La salle de la médiathèque de l'Institut Française était pleine, une centaine de personnes, et ça été une exceptionnelle rencontre et un très beau dialogue entre Aharon Appelfeld, parlant très bas, avec une grande douceur, et Valérie Zenatti qui faisait la traduction. Il a surtout été question de son dernier roman, Les Partisans (Ed. de l'Olivier) et de la lecture philosophique voire métaphysique qu'en faisait son auteur. À la fin de la rencontre, interrogé sur sa foi par une personne du public, Aharon Appelfeld a esquivé la question et répondu seulement en souriant : "Je suis en chemin."

J'ai pris quelques notes rapides au vol. L'auteur d'Histoire d'une vie a notamment dit que même s'il n'a jamais appris le français, il se souvient que quand il était enfant ses parents parlaient français couramment et qu'il lui reste aujourd'hui "un souvenir, une sensation : la façon dont mes parents parlaient le français".

Il a expliqué aussi : "Pendant la guerre, il n'y avait pas que la souffrance physique, il y avait aussi une souffrance spirituelle. (...) On a dit que la Shoah était une destruction, mais il y a eu aussi ensuite mise en place d'une renaissance spirituelle qu'on ne mesure pas assez. Les Hommes ont commencé à se poser la question 'Qui suis-je ? qui étaient mes parents et mes grands-parents?'. Ils se sont demandés : 'À quel point suis-je lié à mes parents ou à quel point suis-je loin d'eux ?' (...) La maison évoquée à la fin du roman ? c'est la maison éternelle : les parents et les grands-parents, qu'ils soient là ou absents. Les parents et les grands-parents sont ce qui donne du sens et de la spiritualité à nos vies."

 

dimanche 18 octobre 2015

La vie à Jérusalem

Après un mois et demi à Jérusalem, je découvre progressivement les endroits de la ville où j'aime aller.

J'aime bien sûr le Kotel et toute la partie juive de la vielle ville, si calme, si belle, avec ses sinueuses ruelles d'arcades, labyrinthe immaculé, ainsi que les parties arménienne, orthodoxe et chrétienne, colorées, aérées, pacifiques et discrètes. Et surtout la partie ouest de Jérusalem, Yaffo tout le long du tramway (le même modèle qu'à Bordeaux), le marché de Mahane Yehuda et son quartier, l'ancienne gare ottomane et Emek Refaïm, et également Mea Scharim, le quartier des "haredim" (ultra-orthodoxes).

Jérusalem est une des villes les plus exaltées dans lesquelles j'ai jamais résidé et dans le même temps une des plus conviviales (tutoiement rapide) et enthousiastes, une ville versatile, fébrile (la conduite au klaxon) puis soudain apaisée, une métropole où les passants marchent lentement, une ville libre et tolérante (mais si), tout cela à la fois, avec en outre une météo de rêve à l'automne (25° à 30°c).

Certes, il y a ici un peu trop de religions pour moi, mais finalement chacun vit au fond de lui-même la religion comme il le souhaite, et, en ce qui me concerne, sans religion je me demande bien comment je parviendrais à commettre des péchés (sans péchés pas d'Art, sans Art pas de libération).

NB : une petite interview accordée au site IsraPresse dans laquelle j'évoque aussi la vague d'attentats qui frappe actuellement la ville : "L'écrivain MP découvre Jérusalem".

 

mardi 22 septembre 2015

Correction d'épreuves à Jérusalem

Je suis en train de corriger les épreuves d'Une jeunesse de Blaise Pascal, à paraître en janvier 2016 chez Gallimard.

Le paradoxe veut que je fasse l'ultime relecture de ce livre très "nietzchéen" pendant que je séjourne à Jérusalem, ville très religieuse, et j'y vois un excellent signe. Les lieux m'éclairent dans le seul sens qui vaille pour un écrivain : l'expérience permanente du langage et donc de la lecture.

Une jeunesse de Blaise Pascal paraîtra à nouveau dans la collection L'Infini de Philippe Sollers, c'est mon cinquième, et un livre qui je crois reste dans le ton des quatre précédents, toujours concis et dramatique, mais plus fictionnel et encore plus hérétique. Le texte de la quatrième de couverture devrait apparaître d'ici peu sur le site de Gallimard.

 

jeudi 3 septembre 2015

À Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français Centre Romain Gary

Je suis arrivé hier soir en Israël pour un séjour de deux mois à Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français de Jérusalem (Centre Romain Gary).

Je suis hébergé à l’École Biblique et Archéologique Française, celle-là même qui a créé la Bible de Jérusalem (sans doute ma traduction préférée de la Bible). Ci-dessous, quelques photos des lieux, le couvent dominicain Saint-Étienne, situé près de la vieille ville.

Au programme de ces deux mois : vivre à Jérusalem, lire à Jérusalem, dormir à Jérusalem, écrire à Jérusalem...

(Comme d'habitude, tous les jours je mettrai en ligne sur Instagram des instantanés photographiques de ma résidence)

 

lundi 17 août 2015

"Ozu" (Ed. Louise Bottu) est disponible

Ozu, Éditions Louise Bottu, 136 pages, 14 €, est disponible en librairies à partir d'aujourd'hui.

Ce volume est l'achèvement d'un projet pour lequel je me suis rendu au Japon en mars-avril 2012 grâce au programme "Missions Stendhal" de l'Institut Français : un roman autour de la vie de Yasujirô Ozu.

Extrait de l'argumentaire des Éditions Louise Bottu : "Cinéaste de l'intime, du couple, de la famille, mais aussi de l’amitié, dans un Japon d'après-guerre tiraillé entre modernité et tradition, Ozu fascine par la perfection formelle de ses films et le jeu retenu de ses acteurs. Ses films n'ont été découverts en France qu'au début des années 1980. La vie d’Ozu est inséparable du cinéma auquel il se consacrera corps et âme. La littérature, la musique, la peinture compteront également pour lui. Et le saké, qui l’accompagnera sa vie durant. Travail, drames et succès, amours et ivresse…"

Il est aussi possible de feuilleter en ligne les premières pages de l'ouvrage. 

 

vendredi 17 juillet 2015

La Baule, Yannick Haenel à Écrivains en bord de mer

J'étais à la rencontre avec Yannick Haenel à "Écrivains en bord de mer", qui répondait aux questions de Bernard Martin.

Yannick Haenel a d'abord lu les premières pages (arrivée sous le déluge) de son beau Je cherche l'Italie (Ed. Gallimard), ses carnets de notes de quatre années passées à Florence.

Il a ensuite expliqué le pourquoi de son séjour et du livre. J'ai noté à la volée ces quelques phrases : "Je cherchais un point où la Société s'arrête en nous, je me disais que le point pouvait ressembler à une source et que ce point serait plus facile à rencontrer en Italie." (...) "La Renaissance aujourd'hui, c'est faire recommencer une rencontre entre le Politique et l'Art." (...) "Par la fréquentation des œuvres, et des amis, je cherche à me réveiller. Vivre implique de se réveiller sans cesse."

La rencontre, très dense, habitée par la sincérité et la puissance de vision de l'auteur, s'est achevée par la lecture de la scène finale de la redécouverte de l'Annonciation de Fra Angelico (Couvent San Marco) sous la lumière de l'aube, suivie des longs applaudissements d'une salle comble.

 

mercredi 15 juillet 2015

La Baule, Chloé Delaume à Écrivains en bord de mer

Je suis passé, en voisin de villégiature, écouter Chloé Delaume qui était invitée d'Écrivains en bord de mer.

Chloé a lu un extrait de son nouveau roman, Alienare. Texte excellent, très allumé, un peu SF, alternativement angoissant et drôle (les C.V. commentés des membres de l'équipe; les médicaments affecto-bloquants pour se protéger des histoires d'amour).

Parmi ses réponses aux questions de Guénael Boutouillet qui ont suivi, j'ai noté sur mon calepin notamment ce passage : "Comment s'est passé l'écriture de ce livre ? un cauchemar ! Depuis que j'ai arrêté l'autofiction, tout n'est plus que cauchemar [rire]".

Alienare paraîtra sous forme d'application iOS (livre numérique avec animations, vidéos et musique) aux Éditions du Seuil le 3 septembre prochain.

 

mardi 2 juin 2015

Bordeaux, Julia Kristeva chez Mollat

Julia Kristeva était de passage ce soir à la librairie Mollat pour présenter son roman L'Horloge enchantée (Ed. Fayard).

Très grande rencontre, du début à la fin de cette heure et demie, et une discussion d'une intelligence étourdissante, un incroyable mélange de virtuosité et de douceur, certainement l’essayiste la plus passionnante que j'ai jamais vu ici, et qui plus est, en improvisation, sans notes, et pourtant bâtissant une sorte de plan d'ensemble qui a donné à son intervention une cohérence impressionnante, quasiment tout un livre déjà construit, depuis sa première parole jusqu'à la dernière. La France, les Lumières, le Temps, les femmes, le langage, la psychanalyse, ont été les sujets qu'elle a évoqués en les reliant les uns aux autres.

J'ai noté quelques passages sur mon calepin, même s'il faut regarder la totalité de la vidéo de l'entretien. Julia Kristeva a notamment dit ceci : "Je ne peux pas ne pas évoquer l'émotion que j'ai de parler devant des bordelais. À mon arrivée en France, j'ai été accueillie par une famille bordelaise, les Joyaux, la famille de mon mari. C'est cette France-là, extrêmement classique, fière de son passé, de ses origines, de sa culture, mais aussi très accueillante, c'est l'image de cette France que j'essaie de palper dans une autre dimension, qui est cette France des Lumières que je mets en scène dans ce roman." (...) "J'ai eu le sentiment, à un certain moment de ma vie, qui s'approche de son dernier tiers, qu'il fallait que je dise mes dettes vis-à-vis de ce pays, je l'avais fait avec mes livres précédents sur Proust, Sarraute, mais je me disais que ce serait encore plus direct si j'installais ce roman dans la Cour de Louis XV, quelques années avant la Révolution Française, où le pays vit des crises comparables à ce qu'on vit aujourd'hui."

Et aussi : "Les femmes d'aujourd'hui tiennent debout car elles parviennent à partager par la parole." (...) "Mon héroïne est une folle car elle s'identifie à tout ce qu'elle aime. C'est spécifique d'une fragmentation d'aujourd'hui, mais sa capacité d'en parler lui permet d'en faire une totalité romanesque qui la tient debout. Cela renvoie à la nature du roman (...) Le roman est l'histoire de la recomposition de la pensée, c'est une polyphonie, le roman comme composition de différents types de discours. C'est ce que je fais comme psychanalyste, je demande à mes patients de me raconter et ils me font leur roman." (...) "La vision des Lumières, c'est qu'on peut calculer l'infini." (...) "Mon maître Emile Benveniste, à la fin de sa vie, quand je l'ai visité sur son lit d'hôpital, a écrit le mot THEO sur ma poitrine. (...) J'ai mis du temps à comprendre ce qu'il voulait dire par là : le langage est infini, l'infinie recréation du langage dans la rencontre entre deux personnes, et 'Theo', c'est ce dialogue, c'est cette divinité-là." (...) "Le besoin d'infini est essentiel à la dimension psychique. Quand je dis que les Lumières ne sont pas achevées, c'est parce qu'il faut donner à la pensée cet enchantement-là : l'infini." (...) "Nous sommes tous des singuliers incommensurables. Il faut accentuer cette singularité."

 

dimanche 31 mai 2015

Lire pour vivre (à propos des Partisans)

Lecture du roman d'Aharon Appelfeld, Les partisans (Traduction Valérie Zenatti, Ed. de L'Olivier, 320 p., 22 €)

C'est superbe, incroyablement maîtrisé, avec toujours cette grande douceur d'Appelfeld, même lorsqu'il décrit les choses les plus tristes. L'histoire se passe dans les derniers mois de la Seconde guerre mondiale, en Ukraine, et est racontée à la première personne par Edmund, 17 ans, qui fait partie d'un groupe de partisans juifs qui se cachent dans la forêt et les marais d'où ils résistent à l'armée allemande, menant des attaques éclairs puis se repliant aussitôt. Le groupe est dirigé par Kamil, un commandant mystique qui incite ses hommes à prier et revenir aux textes sacrés, qui leur explique que pour gagner leur combat et continuer à vivre ils doivent lire. Il y a aussi la vieille Tsirel, la sage, et aussi Tsila, la cuisinière, et Salo, le médecin, et encore beaucoup d'autres personnes dans ce groupe, toutes avec leurs secrets, leurs douleurs, leurs forces. Très beau livre, touchant et jamais désespérant, au contraire, un roman rempli de lumière.

 

samedi 25 avril 2015

Fondation des Treilles, journal de résidence (extrait)

Mon séjour à la Fondation des Treilles, à Tourtour dans le Var, vient de s'achever.

Ça a été deux mois magnifiques, avec beaucoup d'avancées littéraires, de rencontres intellectuelles et de bouleversements divers. Le lieu, avec son cadre méditerranéen d'oliviers, de cyprès et de pins, est de toute beauté, et les personnes qui travaillent ici sont fantastiques, une disponibilité et une gentillesse absolues, bref de quoi travailler au-delà de ce qui paraissait possible avant.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"28.III.2015

Tout à l'heure, en me promenant dans le silence et le calme du samedi, j’ai soudain croisé un chevreuil. Il était au bas à flanc de coteau et j’arrivais sur la route proche, il a bondi pour grimper, seule voie libre pour lui, mais la pente était si raide qu’il s’est arrêté au bout d’un bond et s’est retourné pour voir qui j’étais. Dès la seconde où il avait bougé en me tournant le dos pour grimper, je m’étais figé et je suis resté immobile. Alors le chevreuil, magnifique, a regardé dans ma direction il a plongé ses yeux dans les miens mais j’étais absolument immobile et je l’observais. Je l’admirais. Il était si beau, si libre, avec son poil roux, ras, ses minuscules bois sur la tête, ses pattes fines, ses flancs musclés, la majesté de sa tête, ses yeux, son cou, on aurait dit une grande antilope. Je l’ai regardé longuement pendant qu’il me regardait lui aussi, ne parvenant pas à voir un danger dans ce qui n’était qu’un bloc fixe avec un blouson vert clair et des lunettes de soleil, une statue de marbre patinée par le temps, recouverte par la mousse et la poussière des saisons passées. Je savais que si je bougeais le chevreuil partirait et je ne pourrais plus m’extasier devant sa beauté et sa liberté, je savais que si je trahissais mon admiration par le moindre mouvement, aussi humain et aussi sincère soit-il, il bondirait et disparaîtrait. Mais j’ai dû finir par bouger, je ne suis pas une statue, je ne suis pas un mort, et le chevreuil s’est enfui, grimpant en deux sauts extraordinaires le reste de la pente et disparaissant sous les arbres."

 

jeudi 26 mars 2015

La magie des Treilles

La semaine dernière, discutant avec une des personnes qui travaillent ici, je m'extasie sur le fonctionnement perpétuellement parfait des choses, et elle me répond aussitôt en souriant : "Oui, c'est la magie des Treilles". Elle ne plaisantait qu'à moitié, les Treilles sont un lieu presqu'en dehors du monde rationnel.

Il y a l'animation et l'énergie permanente de cette mini-ville, la présence quasi-continue de scientifiques en séminaires, notamment des biologistes, et la trace de tous ceux déjà passés ici (dont plusieurs prix Nobel). Il y a aussi le rayonnement mystérieux des œuvres d'art et des documents très particuliers abrités par la bibliothèque. Il y a enfin la topographie, un ensemble de collines culminant à 600 mètres, avec la perfection paysagère, oliviers, cyprès et pins, et la présence des animaux, chevreuils, sangliers, écureuils, salamandres et moutons, carpes koï et rouges-gorges. Sans parler des conditions d'accueil et de la disponibilité divines offertes aux invités.

Et donc des choses se passent, des théories se bâtissent, des virages se négocient, des rencontres interviennent, des échanges se font, des décisions très chinoises se prennent, et toutes sont plus incroyables les unes que les autres. La magie des Treilles opère sur moi comme sur tous ceux qui séjournent ici. Plus de détails dans les mois et les années qui viennent... 

 

mardi 24 février 2015

À Tourtour, en résidence d'auteur à la Fondation des Treilles

Je suis arrivé hier à la Fondation des Treilles, en Provence, où je suis accueilli pour une résidence d'auteur de deux mois.

La Fondation des Treilles a été créée en 1964 par la mécène Anne Gruner Schlumberger (1905-1993), notamment pour "encourager et favoriser la création dans les domaines des sciences, des lettres et des arts", et est située sur la commune de Tourtour (Var).

Il serait trop long d'entrer dans les détails, je dirai seulement que le lieu est plus que magnifique et que les conditions d'accueil des résidents sont tout bonnement parfaites.

(J'essaierai de faire chaque jour des instantanés photographiques du lieu, à suivre ici : https://instagram.com/marcpautrel)

 

dimanche 15 février 2015

J'ai dix ans

Le 15 février 2005 paraissait mon premier livre, Le Métier de dormir, un recueil de récits, aux Éditions Confluences de Bordeaux. Merci à Éric Audinet, qui dirige Confluences, d'avoir publié ce texte, la parution de mon premier livre a mis en mouvement quelque chose qui ne s'est plus arrêté depuis.

Ainsi donc, j'ai dix ans. Dix ans, c'est beaucoup et c'est aussi très peu, je ne suis plus un nourrisson mais je suis encore loin d'être un adulte et d'avoir entamé une vraie vie d'auteur. Rendez-vous en 2025, j'espère que j'aurai alors écrit et publié une dizaine de livres et que je verrai mieux où je vais, si je vais quelque part, ce dont on n'est jamais certain.

 

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