CE MÉTIER DE DORMIR

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jeudi 14 juillet 2016

La Baule, Christian Garcin et Tanguy Viel à Écrivains en bord de mer

Deuxième journée dans le public du festival Écrivains en bord de mer à La Baule, où j'ai cette fois assisté aux lectures de Christian Garcin puis de Tanguy Viel.

Christian Garcin a lu un extrait des Vies multiples de Jeremiah Reynolds (Ed. Stock) puis a répondu aux questions de Guénaël Boutouillet. Grande modestie, toujours, et puissance "architecturale" de Christian Garcin, inépuisable et prolixe auteur, la discussion a balayé tous les aspects du livre et aussi ses projets en cours : documentation et densité du roman, Moby Dick et Melville, sa nouvelle traduction des nouvelles d'Edgar Allan Poe, etc. Passionnant.

Tanguy Viel, lui, nous a donné en primeur des extraits son roman à paraître en janvier 2017, Article 353 du code pénal (Ed. de Minuit) en en lisant deux longs passages. J'ai été assez impressionné à la fois par sa façon de lire, rapide, légère, intense et sincère, et par le texte lui-même, redoutable d'efficacité et en même temps teinté d'une certaine mélancolie, une forme de tristesse. Hâte de lire le livre.

 

mercredi 13 juillet 2016

La Baule, Chloé Delaume et Philippe Forest à Écrivains en bord de mer

Je suis passé, en voisin de villégiature, au festival Écrivains en bord de mer à La Baule, écouter Chloé Delaume suivie de Philippe Forest, qui présentaient chacun des extraits de leur roman respectif à paraître à la rentrée, et répondaient ensuite à quelques questions de Bernard Martin dont le festival fête cette année ses 20 ans d'existence.

La première a lu les deux premiers chapitres de son roman Les sorcières de la République (Ed. du Seuil). C'est une grande fresque uchronique et politique, dans laquelle Chloé Delaume s'éloigne de l'autofiction, un texte à la fois très drôle et très engagé, dont l'histoire commence lors de l'élection présidentielle de 2017 et se déroule jusque dans les années 2060.

Philippe Forest, quant à lui, a lu des extraits de son roman Crue (Ed. Gallimard). Le texte décrit, au travers des mutations d'une grande ville, notamment les disparitions successives que subit le narrateur, à commencer par celle énigmatique de son chat. Ambitieux et très intéressant au vu des deux passages livrés ici en avant-première par l'auteur.

 

jeudi 23 juin 2016

Le prix Henri de Régnier de l'Académie française 2016 pour "Une jeunesse de Blaise Pascal"

Grande joie d'apprendre que l'Académie française a choisi de décerner le prix Henri de Régnier 2016 à Une jeunesse de Blaise Pascal (Gallimard). Mille mercis aux immortels !

 

jeudi 14 janvier 2016

Parution d' "Une jeunesse de Blaise Pascal" (Ed. Gallimard)

Mise en vente aujourd'hui d'Une jeunesse de Blaise Pascal, Éditions Gallimard, collection L'Infini, 96 pages, 12 €.

C'est un roman, comme mes quatre précédents livres dans la collection L'infini, mais cette fois non plus inspiré de faits que j'ai vus ou entendus, mais de faits historiques, avec plusieurs scènes que j'ai donc dû souvent purement et simplement inventer. Ce roman raconte une partie de la vie du mathématicien et philosophe français Blaise Pascal (1623-1662), depuis l'âge de 12 ans jusqu'à l'âge de 31 ans, les années d'avant l'écriture et d'avant la révélation mystique, pour aller vite : les années mathématiques et athées de Pascal.

C'est un texte sans doute assez étrange, mais aussi peut-être le premier dont je sois presque satisfait. Bien sûr, la plupart des éléments historiques, scientifiques et philosophiques contenus dans ce roman, bien que le plus proches possible de la réalité, sont peut-être parfois erronés, mais ce qui compte avant tout c'est le romanesque et l'émotion du texte, la seule vérité c'est le langage.

La quatrième de couverture :

« Il regarde la grande roue tourner et donner un sens à l'eau, il a la bizarre sensation qu'il est lui-même devenu à la fois la roue et l'eau, comme le fruit d'une inéluctable union, il est en même temps l'artisan et l'outil. Parce que ses questions sont immenses et que toujours il voudra découvrir le lieu où vont se cacher les morts, ses découvertes elles aussi sont devenues immenses. »

 

vendredi 1 janvier 2016

Bonne année 2016

Meilleurs vœux à tous !

Je vous souhaite une grande année, tout ce que vous souhaitez et davantage encore, dix mille surprises et dix mille lectures. Bonne année 2016 !

 

dimanche 1 novembre 2015

Jérusalem, journal de résidence (extrait)

Ma résidence de deux mois à Jérusalem vient de se terminer.

Ça a été extraordinaire de découvrir pour la première fois Israël et Jérusalem, un grand merci à l'équipe de l'Institut Français Centre Romain Gary, aux personnes du Consulat Général, aux professeurs du Lycée Français de Jérusalem, à la libraire française Vice-Versa, à mes nouveaux amis israéliens, sans oublier les pères dominicains de l'École Biblique et Archéologique Française qui m'ont accueilli, hébergé et nourri en discutions érudites, archéologiques, historiques et théologiques.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"06.IX.2015

Marche jusqu'à l'hôtel King David. Sur le chemin, je suis abordé par un israélien qui me demande sa route en hébreu. Surprise. Je lui réponds "Sorry, I'm french", il sourit en comprenant. Ballade dans le petit jardin derrière le King David. En sortant du jardin, une femme qui est au téléphone s'approche et me pose une question en hébreu, probablement à propos du jardin car elle le désigne du doigt. Même réponse, elle rit, s'excuse. On me prend pour un local, ça ne m'était encore jamais arrivé à l'étranger, sauf à Venise. Marche ensuite vers le sud de la ville puis remontée le long des grandes avenues modernes, Keren HaYesod puis Gershon Agron jusqu'à Mamilla. Enfin, je fais le tour de la vieille ville le long des murailles côté Tour de David et je passe par la porte de Sion. Je descends presque jusqu'à la porte des Immondices puis j'oblique à gauche et j'entre dans le quartier juif, très beau, très lumineux. Je traverse par le souk et ressors de la vieille ville par la porte de Damas.

Au dîner, Emile P. raconte un repas qui a eu lieu ici-même, dans le réfectoire où nous mangeons, il y a une trentaine d'années, et où il était entouré de Jean B. et Samuel N. K., qui se connaissaient bien et s'estimaient, les deux sommités mondiales de la recherche sumérienne en compagnie du déjà spécialiste mondial de Qumran. P. ajoute qu'il était très ami avec B. et sa femme et qu'à chacun de ses passages en France ils le recevaient chez eux, et c'était toujours B. qui faisait la cuisine car c'était un grand cuisinier.

Couché tôt, cris et klaxons dans la rue, rugissement des motos sur le boulevard qui longe le tramway, sirènes lancinantes des ambulances au loin."

(Photo : la vue sur Jérusalem depuis le Musée de la Tour de David)

 

mercredi 21 octobre 2015

Jérusalem, Aharon Appelfeld à l'Institut Français

Aharon Appelfeld était hier soir à l'Institut Français (Centre Romain Gary) de Jérusalem, en compagnie de sa traductrice française Valérie Zenatti.

La salle de la médiathèque de l'Institut Française était pleine, une centaine de personnes, et ça été une exceptionnelle rencontre et un très beau dialogue entre Aharon Appelfeld, parlant très bas, avec une grande douceur, et Valérie Zenatti qui faisait la traduction. Il a surtout été question de son dernier roman, Les Partisans (Ed. de l'Olivier) et de la lecture philosophique voire métaphysique qu'en faisait son auteur. À la fin de la rencontre, interrogé sur sa foi par une personne du public, Aharon Appelfeld a esquivé la question et répondu seulement en souriant : "Je suis en chemin."

J'ai pris quelques notes rapides au vol. L'auteur d'Histoire d'une vie a notamment dit que même s'il n'a jamais appris le français, il se souvient que quand il était enfant ses parents parlaient français couramment et qu'il lui reste aujourd'hui "un souvenir, une sensation : la façon dont mes parents parlaient le français".

Il a expliqué aussi : "Pendant la guerre, il n'y avait pas que la souffrance physique, il y avait aussi une souffrance spirituelle. (...) On a dit que la Shoah était une destruction, mais il y a eu aussi ensuite mise en place d'une renaissance spirituelle qu'on ne mesure pas assez. Les Hommes ont commencé à se poser la question 'Qui suis-je ? qui étaient mes parents et mes grands-parents?'. Ils se sont demandés : 'À quel point suis-je lié à mes parents ou à quel point suis-je loin d'eux ?' (...) La maison évoquée à la fin du roman ? c'est la maison éternelle : les parents et les grands-parents, qu'ils soient là ou absents. Les parents et les grands-parents sont ce qui donne du sens et de la spiritualité à nos vies."

 

dimanche 18 octobre 2015

La vie à Jérusalem

Après un mois et demi à Jérusalem, je découvre progressivement les endroits de la ville où j'aime aller.

J'aime bien sûr le Kotel et toute la partie juive de la vielle ville, si calme, si belle, avec ses sinueuses ruelles d'arcades, labyrinthe immaculé, ainsi que les parties arménienne, orthodoxe et chrétienne, colorées, aérées, pacifiques et discrètes. Et surtout la partie ouest de Jérusalem, Yaffo tout le long du tramway (le même modèle qu'à Bordeaux), le marché de Mahane Yehuda et son quartier, l'ancienne gare ottomane et Emek Refaïm, et également Mea Scharim, le quartier des "haredim" (ultra-orthodoxes).

Jérusalem est une des villes les plus exaltées dans lesquelles j'ai jamais résidé et dans le même temps une des plus conviviales (tutoiement rapide) et enthousiastes, une ville versatile, fébrile (la conduite au klaxon) puis soudain apaisée, une métropole où les passants marchent lentement, une ville libre et tolérante (mais si), tout cela à la fois, avec en outre une météo de rêve à l'automne (25° à 30°c).

Certes, il y a ici un peu trop de religions pour moi, mais finalement chacun vit au fond de lui-même la religion comme il le souhaite, et, en ce qui me concerne, sans religion je me demande bien comment je parviendrais à commettre des péchés (sans péchés pas d'Art, sans Art pas de libération).

NB : une petite interview accordée au site IsraPresse dans laquelle j'évoque aussi la vague d'attentats qui frappe actuellement la ville : "L'écrivain MP découvre Jérusalem".

 

mardi 22 septembre 2015

Correction d'épreuves à Jérusalem

Je suis en train de corriger les épreuves d'Une jeunesse de Blaise Pascal, à paraître en janvier 2016 chez Gallimard.

Le paradoxe veut que je fasse l'ultime relecture de ce livre très "nietzchéen" pendant que je séjourne à Jérusalem, ville très religieuse, et j'y vois un excellent signe. Les lieux m'éclairent dans le seul sens qui vaille pour un écrivain : l'expérience permanente du langage et donc de la lecture.

Une jeunesse de Blaise Pascal paraîtra à nouveau dans la collection L'Infini de Philippe Sollers, c'est mon cinquième, et un livre qui je crois reste dans le ton des quatre précédents, toujours concis et dramatique, mais plus fictionnel et encore plus hérétique. Le texte de la quatrième de couverture devrait apparaître d'ici peu sur le site de Gallimard.

 

jeudi 3 septembre 2015

À Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français Centre Romain Gary

Je suis arrivé hier soir en Israël pour un séjour de deux mois à Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français de Jérusalem (Centre Romain Gary).

Je suis hébergé à l’École Biblique et Archéologique Française, celle-là même qui a créé la Bible de Jérusalem (sans doute ma traduction préférée de la Bible). Ci-dessous, quelques photos des lieux, le couvent dominicain Saint-Étienne, situé près de la vieille ville.

Au programme de ces deux mois : vivre à Jérusalem, lire à Jérusalem, dormir à Jérusalem, écrire à Jérusalem...

(Comme d'habitude, tous les jours je mettrai en ligne sur Instagram des instantanés photographiques de ma résidence)

 

lundi 17 août 2015

"Ozu" (Ed. Louise Bottu) est disponible

Ozu, Éditions Louise Bottu, 136 pages, 14 €, est disponible en librairies à partir d'aujourd'hui.

Ce volume est l'achèvement d'un projet pour lequel je me suis rendu au Japon en mars-avril 2012 grâce au programme "Missions Stendhal" de l'Institut Français : un roman autour de la vie de Yasujirô Ozu.

Extrait de l'argumentaire des Éditions Louise Bottu : "Cinéaste de l'intime, du couple, de la famille, mais aussi de l’amitié, dans un Japon d'après-guerre tiraillé entre modernité et tradition, Ozu fascine par la perfection formelle de ses films et le jeu retenu de ses acteurs. Ses films n'ont été découverts en France qu'au début des années 1980. La vie d’Ozu est inséparable du cinéma auquel il se consacrera corps et âme. La littérature, la musique, la peinture compteront également pour lui. Et le saké, qui l’accompagnera sa vie durant. Travail, drames et succès, amours et ivresse…"

Il est aussi possible de feuilleter en ligne les premières pages de l'ouvrage. 

 

vendredi 17 juillet 2015

La Baule, Yannick Haenel à Écrivains en bord de mer

J'étais à la rencontre avec Yannick Haenel à "Écrivains en bord de mer", qui répondait aux questions de Bernard Martin.

Yannick Haenel a d'abord lu les premières pages (arrivée sous le déluge) de son beau Je cherche l'Italie (Ed. Gallimard), ses carnets de notes de quatre années passées à Florence.

Il a ensuite expliqué le pourquoi de son séjour et du livre. J'ai noté à la volée ces quelques phrases : "Je cherchais un point où la Société s'arrête en nous, je me disais que le point pouvait ressembler à une source et que ce point serait plus facile à rencontrer en Italie." (...) "La Renaissance aujourd'hui, c'est faire recommencer une rencontre entre le Politique et l'Art." (...) "Par la fréquentation des œuvres, et des amis, je cherche à me réveiller. Vivre implique de se réveiller sans cesse."

La rencontre, très dense, habitée par la sincérité et la puissance de vision de l'auteur, s'est achevée par la lecture de la scène finale de la redécouverte de l'Annonciation de Fra Angelico (Couvent San Marco) sous la lumière de l'aube, suivie des longs applaudissements d'une salle comble.

 

mercredi 15 juillet 2015

La Baule, Chloé Delaume à Écrivains en bord de mer

Je suis passé, en voisin de villégiature, écouter Chloé Delaume qui était invitée d'Écrivains en bord de mer.

Chloé a lu un extrait de son nouveau roman, Alienare. Texte excellent, très allumé, un peu SF, alternativement angoissant et drôle (les C.V. commentés des membres de l'équipe; les médicaments affecto-bloquants pour se protéger des histoires d'amour).

Parmi ses réponses aux questions de Guénael Boutouillet qui ont suivi, j'ai noté sur mon calepin notamment ce passage : "Comment s'est passé l'écriture de ce livre ? un cauchemar ! Depuis que j'ai arrêté l'autofiction, tout n'est plus que cauchemar [rire]".

Alienare paraîtra sous forme d'application iOS (livre numérique avec animations, vidéos et musique) aux Éditions du Seuil le 3 septembre prochain.

 

mardi 2 juin 2015

Bordeaux, Julia Kristeva chez Mollat

Julia Kristeva était de passage ce soir à la librairie Mollat pour présenter son roman L'Horloge enchantée (Ed. Fayard).

Très grande rencontre, du début à la fin de cette heure et demie, et une discussion d'une intelligence étourdissante, un incroyable mélange de virtuosité et de douceur, certainement l’essayiste la plus passionnante que j'ai jamais vu ici, et qui plus est, en improvisation, sans notes, et pourtant bâtissant une sorte de plan d'ensemble qui a donné à son intervention une cohérence impressionnante, quasiment tout un livre déjà construit, depuis sa première parole jusqu'à la dernière. La France, les Lumières, le Temps, les femmes, le langage, la psychanalyse, ont été les sujets qu'elle a évoqués en les reliant les uns aux autres.

J'ai noté quelques passages sur mon calepin, même s'il faut regarder la totalité de la vidéo de l'entretien. Julia Kristeva a notamment dit ceci : "Je ne peux pas ne pas évoquer l'émotion que j'ai de parler devant des bordelais. À mon arrivée en France, j'ai été accueillie par une famille bordelaise, les Joyaux, la famille de mon mari. C'est cette France-là, extrêmement classique, fière de son passé, de ses origines, de sa culture, mais aussi très accueillante, c'est l'image de cette France que j'essaie de palper dans une autre dimension, qui est cette France des Lumières que je mets en scène dans ce roman." (...) "J'ai eu le sentiment, à un certain moment de ma vie, qui s'approche de son dernier tiers, qu'il fallait que je dise mes dettes vis-à-vis de ce pays, je l'avais fait avec mes livres précédents sur Proust, Sarraute, mais je me disais que ce serait encore plus direct si j'installais ce roman dans la Cour de Louis XV, quelques années avant la Révolution Française, où le pays vit des crises comparables à ce qu'on vit aujourd'hui."

Et aussi : "Les femmes d'aujourd'hui tiennent debout car elles parviennent à partager par la parole." (...) "Mon héroïne est une folle car elle s'identifie à tout ce qu'elle aime. C'est spécifique d'une fragmentation d'aujourd'hui, mais sa capacité d'en parler lui permet d'en faire une totalité romanesque qui la tient debout. Cela renvoie à la nature du roman (...) Le roman est l'histoire de la recomposition de la pensée, c'est une polyphonie, le roman comme composition de différents types de discours. C'est ce que je fais comme psychanalyste, je demande à mes patients de me raconter et ils me font leur roman." (...) "La vision des Lumières, c'est qu'on peut calculer l'infini." (...) "Mon maître Emile Benveniste, à la fin de sa vie, quand je l'ai visité sur son lit d'hôpital, a écrit le mot THEO sur ma poitrine. (...) J'ai mis du temps à comprendre ce qu'il voulait dire par là : le langage est infini, l'infinie recréation du langage dans la rencontre entre deux personnes, et 'Theo', c'est ce dialogue, c'est cette divinité-là." (...) "Le besoin d'infini est essentiel à la dimension psychique. Quand je dis que les Lumières ne sont pas achevées, c'est parce qu'il faut donner à la pensée cet enchantement-là : l'infini." (...) "Nous sommes tous des singuliers incommensurables. Il faut accentuer cette singularité."

 

dimanche 31 mai 2015

Lire pour vivre (à propos des Partisans)

Lecture du roman d'Aharon Appelfeld, Les partisans (Traduction Valérie Zenatti, Ed. de L'Olivier, 320 p., 22 €)

C'est superbe, incroyablement maîtrisé, avec toujours cette grande douceur d'Appelfeld, même lorsqu'il décrit les choses les plus tristes. L'histoire se passe dans les derniers mois de la Seconde guerre mondiale, en Ukraine, et est racontée à la première personne par Edmund, 17 ans, qui fait partie d'un groupe de partisans juifs qui se cachent dans la forêt et les marais d'où ils résistent à l'armée allemande, menant des attaques éclairs puis se repliant aussitôt. Le groupe est dirigé par Kamil, un commandant mystique qui incite ses hommes à prier et revenir aux textes sacrés, qui leur explique que pour gagner leur combat et continuer à vivre ils doivent lire. Il y a aussi la vieille Tsirel, la sage, et aussi Tsila, la cuisinière, et Salo, le médecin, et encore beaucoup d'autres personnes dans ce groupe, toutes avec leurs secrets, leurs douleurs, leurs forces. Très beau livre, touchant et jamais désespérant, au contraire, un roman rempli de lumière.

 

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