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  <title>CE MÉTIER DE DORMIR</title>
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  <description>Le blog de Marc Pautrel</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 18 Jun 2013 16:06:22 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Brive, Soupe de lecture</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/06/13/Brive-soupe-de-lecture</link>
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    <pubDate>Thu, 13 Jun 2013 18:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>résidences</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'étais invité hier soir à une &amp;quot;Soupe de lecture&amp;quot; organisée par le &lt;a href=&quot;http://theatredelagrange.free.fr/spip.php?article178&quot;&gt;Théâtre de la Grange&lt;/a&gt;
de Brive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;brive_soupedelecture.jpg, juin 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/brive_soupedelecture.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu est situé sur les hauteurs de la ville, entre des petits immeubles
récents, c'est une ancienne grange dans laquelle a été installé à l'étage, sous
la charpente apparente, une scène devant laquelle une cinquantaine de fauteuils
à rabats montent jusqu'au toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de la &amp;quot;Soupe de lecture&amp;quot; est le suivant : les spectateurs qui le
souhaitent viennent avec un livre de leur choix et descendent sur la scène en
lire un passage. Ensuite, tout le monde va manger une soupe (en l'occurrence,
mois de juin oblige, ce fut un gaspacho).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ça a été pour moi une expérience étonnante et enrichissante, avec des
lecteurs amateurs remarquables, très éloignés du jeu théâtral souvent excessif
des comédiens professionnels. Il y a eu notamment des livres de Yourcenar,
Walser, Duneton. J'ai lu moi aussi une dizaine de minutes (comme je n'avais pas
amené de livre, j'ai lu sur l'écran du iPhone, aucune difficulté).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment le plus curieux a été quand l'organisatrice de la soirée est
descendue sur la scène à son tour et a choisi un de mes livres, qu'elle a lu
magnifiquement : c'était la première fois que j'entendais lire ce texte à haute
voix. De sorte que j'ai pu, enfin, le comprendre de l'extérieur, ce qui fut une
grande leçon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Brive, j'écris dans La Montagne</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/27/Brive%2C-journal-La-Montagne</link>
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    <pubDate>Mon, 27 May 2013 11:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>résidences</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Retour à &lt;a href=&quot;http://www.brive.fr/&quot;&gt;Brive&lt;/a&gt; en Corrèze pour la seconde
partie de ma résidence d'auteur, les mois de juin et juillet, avec cette fois,
en accompagnement des rencontres avec le public, quelque chose de nouveau pour
moi : une chronique hebdomadaire dans la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;lamontagne.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/lamontagne.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien régional &lt;a href=&quot;http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/correze/brive.html&quot;&gt;La
Montagne&lt;/a&gt;, basé à Clermont-Ferrand, m'offre en effet dans son édition papier
chaque mercredi un petit espace pour livrer mes impressions de résidence à
Brive. Un grand merci donc à Eric P., chef d'agence du journal à Brive, et bien
sûr à Myriam E. à la direction de la culture de la ville, grâce auxquels
j'écris dans La Montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces deux prochains mois plusieurs rencontres publiques sont
également prévues, les dates figurent sur l'affichette ci-dessous et sont
récapitulées sur ma page &lt;a href=&quot;http://marc.pautrel.free.fr/agenda.html&quot;&gt;Agenda&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;image0031.jpg, juin 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/.image0031_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Liberté de Puebla</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/20/Puebla</link>
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    <pubDate>Mon, 20 May 2013 11:10:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Après la ville de Mexico, suite et fin de mon séjour au Mexique, dans le
cadre du programme &lt;a href=&quot;http://europe-international.aquitaine.fr/outils/guide-des-aides/aide/soutien-a-la-mobilite-internationale-des-artistes-et-des-createurs-aquitains-professionnels-84/&quot;&gt;
&amp;quot;Soutien à la mobilité internationale des artistes&amp;quot;&lt;/a&gt; de la région &lt;a href=&quot;http://aquitaine.fr&quot;&gt;Aquitaine&lt;/a&gt;, et arrivée à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Puebla&quot;&gt;Puebla&lt;/a&gt;, 2 millions d'habitants,
troisième ville de province après Guadalajara et Monterrey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;puebla.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/puebla.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puebla vient de fêter le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cinco_de_Mayo&quot;&gt;Cinco de Mayo&lt;/a&gt; (1862),
l'anniversaire de la première victoire des mexicains contre les &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Intervention_fran%C3%A7aise_au_Mexique&quot;&gt;troupes
françaises de Napoléon III&lt;/a&gt;. Il faut lire le beau &lt;a href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/Actes_et_paroles/Pendant_l%E2%80%99exil/1863#III_LA_GUERRE_DU_MEXIQUE&quot;&gt;
texte de Victor Hugo&lt;/a&gt; envoyé en soutien aux combattants de Puebla. Il est
reproduit dans la Casa de la Cultura de la ville, à côté d'un bronze de
l'auteur. Hugo écrit notamment : &lt;em&gt;&amp;quot;Vaillants hommes du Mexique, résistez. La
République est avec vous, et dresse au-dessus de vos têtes aussi bien son
drapeau de France où est l’arc-en-ciel, que son drapeau d’Amérique où sont les
étoiles. Espérez. Votre héroïque résistance s’appuie sur le droit, et elle a
pour elle cette grande certitude, la justice. L’attentat contre la république
mexicaine continue l’attentat contre la république française.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puebla est une très belle ville dont le centre historique est classé au
&lt;a href=&quot;http://whc.unesco.org/fr/list/416/&quot;&gt;patrimoine mondial de
l'UNESCO&lt;/a&gt;, très vivante, jeune, apparemment aisée et peut-être parfois
bourgeoise, qui respire la culture et la liberté. Bien moins de forces de
police apparentes qu'à Mexico DF, moins de pollution, un peu plus de touristes
(mais pas trop). Beaucoup de concerts, d'expositions, de très beaux marchés
d'artisanat, notamment des objets venus de Oaxaca, l'autre grande capitale
culturelle plus au sud, et des musées (dont le Musée Amparo), des églises, des
églises, des églises, encore des églises, peintes de toutes les couleurs et
baroques au possible, ainsi qu'une des plus vieilles et plus belles
bibliothèques d'Amérique (la &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Biblioteca_Palafoxiana&quot;&gt;Palafoxiana&lt;/a&gt;), et
partout des maisons aux murs recouverts de talaveras (faïences
multicolores).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, petit coup de cœur pour Puebla, la beauté de la ville et le grand
sentiment de liberté qu'on peut y ressentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Blaise Pascal à Teotihuacan</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/11/Teotihuacan</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5f706b5e220482d35e4db00997f096e3</guid>
    <pubDate>Sat, 11 May 2013 15:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Découverte de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Teotihuacan&quot;&gt;Teotihuacan&lt;/a&gt;, en mini-bus depuis
Mexico, visite guidée en espagnol (je le comprends à peu près), très bien
organisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;teotihuacan_alleedesmorts.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/teotihuacan_alleedesmorts.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incroyable site antique, dans un état de conservation impressionnant, au
milieu d'une campagne déserte et tranquille remplie de cactus nopal, peu de
touristes, excellentes conditions pour découvrir les pyramides et l'allée des
morts. Perfection architecturale, ambition absolue, celle de construire des
montagnes à escaliers. On ne peut pas s'empêcher de penser ici aux
mathématiques et à la géométrie, et pour ma part j'imagine &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Pascal&quot;&gt;Blaise Pascal&lt;/a&gt; visitant ce
lieu, même si à son époque tout est recouvert par la végétation ce qui évite la
destruction par les conquistadors. Blaise Pascal à Teotihuacan ? oui, la vraie
religion n'est ni catholique ni aztèque, elle est mathématique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Voitures et taxis dans Mexico</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/09/Les-taxis-de-Mexico-DF</link>
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    <pubDate>Thu, 09 May 2013 00:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Au Mexique, pas de trains, peu de métros, essentiellement des bus, des
voitures, des taxis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;taxi_mexico-df.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/taxi_mexico-df.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se déplacer dans Mexico, on peut prendre les trolleys, ou les antiques
mini-bus verts, ou encore les taxis officiels. Les taxis ici ne sont pas chers
et sont surtout très nombreux, environ 100.000, deux fois plus qu'à Tokyo. Le
plus impressionnant c'est leur façon de conduire, assez vive, pas
particulièrement dangereuse (encore que j'ai connu une expérience à 110 km/h
sur l'avenue Reforma, dans un taxi qui s'est avéré être un escroc, ça aurait pu
très mal finir), mais plutôt spécialisée dans le slalom d'une file à l'autre.
D'ailleurs, il semble qu'ici le clignotant n'existe pas, quand on doit changer
de direction, on change de direction et les autres s'adaptent - ou pas -.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si le centre est saturé d'automobiles, on réussit apparemment à entrer
et sortir de la ville en moins d'une heure par les grandes autoroutes à deux
fois 4 voies qui passent au bord des collines qui entourent Mexico. En ce qui
concerne la pollution atmosphérique, elle est maximale, surtout à 2500 mètres
d'altitude, et visible à l'œil nu sous la forme d'une brume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi, mais je ne sais pas si c'est vrai, j'ai entendu dire que le permis
de conduire n'est pas obligatoire au Mexique et que la plupart des gens y
conduisent sans, parce qu'on estime que si la personne réussit à se déplacer au
volant d'une voiture, c'est qu'elle sait conduire, logique imparable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Superbes musées mexicains</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/08/Musees-du-Mexique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d5a70b2a739e3bc321cffcc1a761a332</guid>
    <pubDate>Wed, 08 May 2013 01:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'essaie de visiter tous les musées essentiels de la ville de Mexico et je
suis très impressionné.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;lamuerte.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/lamuerte.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les collections sont magnifiques, mais les bâtiments,
l'organisation, les services, boutiques, restaurants, sont plus que parfaits.
On est loin des musées approximatifs et vieillots de certains grands pays
européens ou orientaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, à visiter à Mexico, classés dans mon ordre personnel de préférence
décroissante : le Museo de Arte Popular, le Musée National d'Anthropologie, le
Musée du Templo Mayor, ainsi que les expositions d'art contemporain au Palacio
Bellas Artes (celle qui se déroule actuellement, &lt;em&gt;Panoramica, Paisajes
2013-1969&lt;/em&gt;, est magnifique, enfin de vraies œuvres d'art contemporain), et
la liste reste ouverte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : dans la salle des Muerte, au Museo de Arte
Popular)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premiers jours à Mexico</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/05/03/Premiers-jours-a-Mexico</link>
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    <pubDate>Fri, 03 May 2013 02:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Arrivée à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mexico&quot;&gt;Mexico DF&lt;/a&gt; (la
ville de Mexico), premières impressions, premières rencontres avec des gens
d'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;mexico_cathedrale.jpg, mai 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/mexico_cathedrale.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ville assez incroyable, très bruyante, très speedée, remplie de voitures et
de taxis à la conduite sportive (mais pas trop d'embouteillages monstres dans
le centre). Architecture mélangée, coloniale et XXe siècle. Grande quantité de
forces de sécurité, gardes privés devant chaque magasin, policiers de
différentes unités un peu partout, tous armés et revêtus de gilets pare-balles.
Autour de la cathédrale les étals de marché des indiens et les danseurs
aztèques. La nuit le bruit des sonos des restaurants jusqu'à 4h du matin (la
ville dort peu), les déjeuners et dîners à l'heure latino (15h, 23h). Et aussi,
du moins en ce qui me concerne : l'épuisement presque permanent dû à
l'altitude (2500 mètres) et à la pollution. À suivre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : la cathédrale devant le Zocalo)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Brive - Mexico - Brive</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/04/30/Au-Mexique-avec-la-region-Aquitaine</link>
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    <pubDate>Tue, 30 Apr 2013 09:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Mexique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Fin de la première partie de ma résidence à Brive et départ au &lt;a href=&quot;http://www.visitmexico.com/fr/&quot;&gt;Mexique&lt;/a&gt; trois semaines, dans le cadre du
programme &lt;a href=&quot;http://europe-international.aquitaine.fr/outils/guide-des-aides/aide/soutien-a-la-mobilite-internationale-des-artistes-et-des-createurs-aquitains-professionnels-84/&quot;&gt;
&amp;quot;Soutien à la mobilité internationale des artistes et des créateurs aquitains
professionnels&amp;quot;&lt;/a&gt; de la Région &lt;a href=&quot;http://aquitaine.fr/&quot;&gt;Aquitaine&lt;/a&gt;,
afin de recueillir de la documentation pour un prochain roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;cactus_lecroisic.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/cactus_lecroisic.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au programme, visite de la ville de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mexico&quot;&gt;Mexico&lt;/a&gt; (deuxième mégalopole la plus
peuplée du monde après Tokyo), ainsi que le site de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Teotihuacan&quot;&gt;Teotihuacan&lt;/a&gt; et la ville de
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Puebla&quot;&gt;Puebla&lt;/a&gt;. Si je peux trouver
une connexion wifi quotidienne, je ferai comme pour mon voyage au Japon, je
posterai au fur et à mesure des images mexicaines que vous pourrez retrouver
sur mes comptes &lt;a href=&quot;http://instagram.com/marcpautrel&quot;&gt;Instagram&lt;/a&gt; et
&lt;a href=&quot;https://twitter.com/marcpautrel&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci aux responsables de la résidence &amp;quot;Écrire à Brive&amp;quot; d'avoir accepté, au
dernier moment, de fractionner la durée de la résidence. Ce projet mexicain
avait été initié avant le projet japonais, mais pour différentes raisons
j'avais dû le retarder plusieurs fois et la validité de l'aide arrivait à
échéance en juin de cette année. Ma résidence à Brive reprendra la dernière
semaine de mai et se prolongera sur le mois de juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Brive, une couleur</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/04/21/Brive-la-couleur-des-pierres</link>
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    <pubDate>Sun, 21 Apr 2013 16:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>résidences</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Quand on vit dans une ville, qu'on marche chaque jour dans ses rues, on
perçoit les choses sous une lumière particulière, la lumière de cette
ville. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;brive_archivesmunicipales.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/brive_archivesmunicipales.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Brive, je suis surpris par la couleur de la pierre des édifices. Beaucoup
de maisons du centre-ville, quelque soit leur époque, ont été construites dans
le grès de la région. Ce grès a une couleur étonnante : c'est un beige très
doux, tirant parfois légèrement vers le ocre, un beige beaucoup plus pale que
la pierre jaune paille de Bordeaux au milieu de laquelle je vis habituellement.
On me dit que cette pierre de la région de Brive s'appelle le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Brasier_%28g%C3%A9ologie%29&quot;&gt;brasier&lt;/a&gt;. La
pierre de brasier est la couleur de la ville, la couleur de la vie ici, et
j'écris donc sous sa douce influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : la maison Cavaignac, abritant les archives
municipales)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Brive, un trésor du Musée Labenche</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/04/09/Brive-Musee-Labenche</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Apr 2013 11:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>résidences</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je découvre peu à peu Brive, en appliquant mon programme habituel : lever
tôt, écriture jusqu'à midi, déjeuner rapide, promenade l'après-midi. Et donc,
hier après-midi j'ai visité le &lt;a href=&quot;http://museelabenche.brive.fr/&quot;&gt;Musée
Labenche&lt;/a&gt;, installé dans l'hôtel du même nom, un superbe édifice de la
Renaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;brive_museelabenche_labernadine.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/brive_museelabenche_labernadine.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un beau musée régional qui contient des objets de différentes époques,
notamment des silex ou des machoires d'animaux préhistoriques, des sculptures
gallo-romaines (dont une Tête de Victoire et une Tête de Jupiter), des monnaies
anciennes, des outils agricoles et mécaniques, de multicolores bénitiers en
faïence, et même un portrait de l'&lt;a href=&quot;http://rouvroy.medusis.com/docs/1205.html&quot;&gt;abbé Dubois&lt;/a&gt; (bien connu des
lecteurs du Duc de Saint-Simon). Un musée riche et assez vaste, réputé
notamment pour sa collection unique de tapisseries du XVIIe siècle la
manufacture anglaise de Mortlake.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un objet qui m'a semblé un trésor, c'est une tête sculptée, fin
XVe début XVIe siècle, appelée La Bernardine. Elle est supposée avoir appartenu
à un groupe de la Visitation et la description précise même qu'elle &amp;quot;représente
peut-être la Vierge Marie&amp;quot;. Au-delà de la perfection formelle de l'œuvre, la
femme sculptée semble à la fois recueillie et souriante, elle sait quelque
chose que personne d'autre ne sait et ce secret la protège. Son sourire est un
mystère qui mérite qu'on se penche longuement sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>À Brive (Corrèze), en résidence d'auteur</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/04/03/Residence-d-auteur-a-Brive</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:12d6c536b546625db223f840952f4d3d</guid>
    <pubDate>Wed, 03 Apr 2013 10:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>résidences</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je suis depuis hier en résidence d'écrivain, auteur invité de la Mairie de
&lt;a href=&quot;http://www.brive.fr/&quot;&gt;Brive&lt;/a&gt;. Le programme s'appelle &lt;a href=&quot;http://www.m-e-l.fr/fiche-residence.php?id=94&quot;&gt;&amp;quot;Écrire à Brive&amp;quot;&lt;/a&gt; et
l'hébergement attribué à l'auteur est le plus spacieux que j'aie jamais
fréquenté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;residenced_auteur_villedebrive1.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/residenced_auteur_villedebrive1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une maison de plain-pied au fond d'un petit terrain dans une rue calme
à 5 minutes à pied du centre de &lt;a href=&quot;http://www.brivemag.fr/&quot;&gt;Brive&lt;/a&gt;.
Durant les semaines qui viennent, c'est ici que je vais vivre et ici que je
vais écrire mon prochain roman. Petite visite des lieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;residenced_auteur_villedebrive5.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/residenced_auteur_villedebrive5.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(Salon, avec télévision)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;residenced_auteur_villedebrive4.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/residenced_auteur_villedebrive4.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(Cuisine, avec bouilloire et
congélateur)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;residenced_auteur_villedebrive3.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/residenced_auteur_villedebrive3.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(Salle à manger, avec à l'autre bout un
bureau et un ordinateur fixe)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connexion Internet 15 Mbps avec wifi, imprimante laser, chauffage
électrique, machine à laver, en tout quatre pièces dont une grande salle à
manger bureau. Également beaucoup d'oiseaux devant la porte-fenêtre et un
jardin qui commence à fleurir (les jonquilles sont arrivées), bref des
conditions parfaites de travail pour un écrivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;residenced_auteur_villedebrive6.jpg, avr. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/residenced_auteur_villedebrive6.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Détail intéressant, cette maison a été léguée à la ville par sa
propriétaire, Alice H., qui souhaitait que le lieu devienne un endroit consacré
aux livres. À l'occasion, il faudra écrire l'histoire supposée de cette femme
et de sa décision : tout ce que j'ai, je le lègue aux livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, dernier jour</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/Premier-voyage-a-Tokyo-dernier-jour</link>
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    <pubDate>Sun, 31 Mar 2013 11:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Aujourd'hui je prends l'avion, je quitte le Japon (*). Tout ce qui m'entoure
est en train de disparaître progressivement. Quand je sors de la Maison
Franco-Japonaise très tôt, quand j'avance sur le trottoir précédé de ma haute
valise qui roule presque toute seule, j'ai l'impression que les paysages du
quartier d'Ebisu me fuient, qu'ils se détournent de moi, s'estompent comme
s'ils s'évaporaient, je ne les vois déjà plus, je suis ailleurs, concentré sur
le trajet jusqu'à l'aéroport, et ensuite l'enregistrement du bagage, le
contrôle de sécurité et l'embarquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis presqu'aussi triste de partir d'ici que quand je repars de Venise,
la sensation d'être abandonné par ce qu'on a de plus cher, de prendre le risque
irresponsable de ne jamais revoir ce lieu où on est heureux, les lieux où on
peut vivre heureux sont si rares, pour moi ce sont les villes immenses, ou bien
les villes de grand passage, les ports célèbres, Barcelone, Lisbonne, Venise.
Quant aux métropoles les plus peuplées du globe, par ordre décroissant, Tokyo,
Mexico, Séoul, New York, j'irai les visiter une par une, mais je me demande si
ma préférée ne restera pas toujours la plus vaste d'entre elles, la nouvelle
capitale impériale du Japon, &lt;span class=&quot;lang-ja&quot; style=&quot;font-weight: normal&quot; title=&quot;Japonais&quot; lang=&quot;ja&quot;&gt;東京&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je gagne la gare d'Ebisu, je descends sur le quai à demi-enterré, à demi à
l'air libre, ligne Yamanote, couleur verte, une de mes lignes préférées, dont
le tracé forme un cœur tout autour de Tokyo, une ligne qui tourne en boucle
sans jamais s'arrêter. Direction Tokyo Station. Sur toutes les rames, il y a
une publicité pour une boisson énergisante, affichée en triptyque : sur le
premier panneau, on voit un flacon, sur le deuxième un homme boit le flacon,
sur le troisième on voit l'homme qui rugit. C'est à la fois choquant de voir
une publicité envisager les êtres humains comme des machines qui ont besoin
d'un carburant, et en même temps je me suis retrouvé tellement de fois épuisé
ici, bien plus souvent qu'à Paris, que je comprends le besoin d'absorber des
boissons vitaminées. Tokyo épuise les corps, c'est une ville mobile, hyper
rapide, étourdissante précisément en raison de sa parfaite organisation qui
permet d'en faire plus, d'aller plus loin, d'utiliser son temps et son énergie
sans compter, mais jusqu'à l'épuisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-50.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-50.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt minutes de trajet et je suis à la gare de Tokyo. Il me faut descendre
dans les tréfonds chercher le Narita Express, le NEX. Escaliers roulants sur
escaliers roulants, beaucoup de monde, Tokyo Station est toujours en
ébullition, c'est un immense carrefour, dans les halls tout le monde coure en
diagonale, croisements, brassages, beaucoup de touristes occidentaux poussant
leurs grosses valises verticales, perdus comme je l'étais le matin de mon
arrivée en provenance de Narita. Au bout de quatre ou cinq séries d'escaliers
plongeants, j'arrive enfin sur le quai, dans les sous-sols, un quai que je
connais bien, c'est ici que passe la ligne Yokosuka qui mène à Ofuna et
Kamakura, je l'ai prise au moins cinq fois de suite, mais cette fois hélas je
vais dans l'autre sens, je pars plein Est, vers l'aéroport à soixante
kilomètres de Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Narita Express est un train ultra-moderne dont le design a été
particulièrement soigné, comme tous les trains japonais, réputés les plus beaux
trains du monde. L'avant du NEX ressemble à un robot du film &amp;quot;Transformers&amp;quot;, un
magnifique jouet pour adultes. En quarante-cinq minutes on rejoint
l'aéroport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde Tokyo défiler, les grands buildings, les petits immeubles et les
maisons basses indistinctement mélangés, je regrette tellement de devoir
partir, je pense à mon retour ici, sans visa j'ai le droit de rester 3 mois par
an, je peux revenir dès 2013 si je veux, ce n'était qu'une première visite, une
simple découverte du Japon. j'aperçois un moment le Sky Tree entre les
immeubles, puis le NEX accélère mais les constructions se succèdent encore sans
interruption jusqu'à Chiba et la proximité de Narita. On ne passe au milieu de
la campagne, entre des collines, que durant une dizaine de minutes et déjà le
train plonge sous terre et c'est l'aéroport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du quai, après un long couloir, et au milieu des passagers
presqu'exclusivement occidentaux du NEX, j'arrive à un goulet d'étranglement :
des portiques gardés par des policiers en tenue anti-émeute et portant un long
bambou de combat à la main. En dehors d'une fois sur le quai de la station
Ryogoku, c'est la première fois que je vois des policiers japonais menaçants,
alors qu'en France on voit patrouiller partout des CRS souvent accompagnés de
militaires en treillis avec fusil en bandoulière. Les policiers japonais sont
accompagnés de contrôleurs qui vérifient les billets des voyageurs et les
passeports un par un, je suppose que des groupes de jeunes anglo-saxons ont
créé des problèmes quelques heures ou quelques jours avant, j'en ai aperçus
dans les lieux touristiques, des bandes d'occidentaux paumés dont je me
demandais ce qu'ils venaient faire au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut encore monter une demi douzaine d'étages par les escaliers
mécaniques et enfin c'est le hall de l'aéroport. De charmantes hôtesses
japonaises me proposent de faire l'enregistrement : il suffit de passer mon
passeport sous la borne pour que mon nom soit identifié et mon billet
automatiquement imprimé. Je fais enregistrer ma valise, on me permet de garder
le parapluie japonais en cabine. Contrôle de sécurité assez aimable (bien plus
qu'en France, très légèrement moins qu'en Angleterre), c'est OK pour le
parapluie en cabine. Attente dans la salle d'embarquement, puis embarquement,
voilà c'est fini, je quitte le Japon, au moins pour cette fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-51.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-51.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avion décolle, je suis placé à côté d'un hublot. Dix minutes après que
nous ayons quitté le sol, en regardant le ciel, soudain je vois se détacher sur
l'azur, émergeant de la mer de nuages, un petit cône blanc très pointu.
L'aéroport de Narita est situé à l'Est de Tokyo et je crois me souvenir que
l'avion suit une route très au nord, pour pouvoir faire le tour de la terre à
l'endroit le plus court, autour du Pôle nord, et donc ce ne peut pas être ça,
je ne vois pas ce que je crois voir, il aurait fallu que l'avion prenne une
route plus au sud, et pourtant, quelle montagne ce pourrait être ? Le soir, à
l'arrivée, j'étudierai les cartes des plus hauts sommets du Japon situés au
nord de l'archipel, et je n'en trouverai pas un seul qui puisse correspondre,
de sorte que je continue de croire que la dernière image que j'ai vu du Japon,
à la fin de mon premier voyage, a été le Mont Fuji.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(*) Ce texte est le journal d'un voyage effectué en 2012 dans le cadre
du programme &lt;a href=&quot;http://www.institutfrancais.com/missions-stendhal&quot;&gt;&amp;quot;Missions Stendhal&amp;quot;&lt;/a&gt; de
l'Institut français.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, avant-dernier jour</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/Premier-voyage-a-Tokyo-avant-dernier-jour</link>
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    <pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Pour mes deux derniers jours à Tokyo, je loge dans une chambre de la Maison
Franco-Japonaise, quartier Ebisu. Ebisu est le dieu japonais des pêcheurs, des
marchands et de la prospérité. Près de la gare, une statue de bronze le
représente assis en tailleur, hilare, bien en chair, un grand poisson à la
main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis passé à la Maison Franco-Japonaise la semaine précédente pour
confirmer la réservation, et j'ai dû chercher un peu avant de trouver où se
situait l'immeuble. Maintenant je connais la route : le plus simple est de
sortir à la station Ebisu puis de prendre le Yebisu Sky Walk, un très long
tapis roulant couvert avec vitres en l'air qui permettent de voir le ciel, et
tout au bout sortir à gauche et ensuite toujours tout droit jusqu'au carrefour.
La Maison Franco-Japonaise contient une grande bibliothèque, organise des
colloques et propose des chambres pour les hébergements, elle est occupe tout
un immeuble moderne en verre et en béton à l'angle d'un petit carrefour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-48.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-48.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive tôt, vers 10h, j'imagine que la chambre ne sera pas encore prête,
que je ne pourrai pas obtenir la clé. Mais si. Je me présente à l'accueil, une
pièce derrière un comptoir en entrant à gauche, est assis là un gardien
japonais, une sorte de préposé à la sécurité, en uniforme de vigile, un homme
assez jeune et qui me semble plus costaud que la moyenne, très rapide et
presque frénétique. Il m'est tout de suite sympathique, je le trouve doué de
sens comique dans l'acception la plus noble du terme, un Charlie Chaplin, un
Buster Keaton, il me fait penser à ces personnages secondaires comiques dans
les dessins animés japonais. Il se met immédiatement en dix pour moi, il
connaît mon nom, il le prononce avec son accent japonais, c'est très beau, il a
ma clé, sixième étage, tout est prêt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux lui poser une question sur l'heure à laquelle je peux partir demain
matin, mon avion décolle tôt. Mais il ne parle pas du tout anglais. Il ouvre de
grands yeux, il rit, toujours aussi précipité dans ses gestes il me fait signe
d'attendre, il va chercher quelque chose, je vois qu'il fouille sur un bureau
en grand désordre au milieu de la pièce, il l'a perdu, il marmonne, il souffle,
il semble dépassé, je lui dit : it's ok, no problem. Enfin il retrouve l'objet
: son traducteur informatique de poche, il me le tend, je tape sur le mini
clavier les mots en anglais, l'équivalent en japonais s'affiche en temps réel,
je lui rends son appareil, il lit, il rit, il a compris. Il me montre
l'horloge, je comprend qu'il dort là, je me demande s'il vit ici toute la
semaine, dans cette petite pièce. Il me fait signe d'attendre, il sort de son
guichet, fait le tour et me rejoint, me montre comment débloquer seul depuis
l'intérieur le loquet de la porte vitrée qui permet de sortir de l'immeuble.
Tout est prévu, tout est facile, il rit encore, me salue très bas, je l'imite.
Merci, merci, merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chambre est petite, rudimentaire, bruyante, mal climatisée (trop froid ou
ou trop chaud, impossible à régler), mais la vue, oui, la vue sur la ville est
vraiment superbe ! La baie vitrée descend jusqu'au sol, à mes pieds j'ai le
carrefour, le jardin d'Ebisu et l'immeuble Sapporo qui abrite un Musée de la
bière (Sapporo est une ville mais aussi une célèbre marque de bière japonaise)
et plus loin tout l'ouest de Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-49.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-49.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'après-midi je vais acheter quelques cadeaux pour la famille et les amis,
tout près, au centre commercial Ebisu, couplé à la gare. Comme il pleut je
pense à acheter un des extraordinaires parapluies japonais en plastique blanc,
vendus 500 yens (5 euros) dans toutes le supérettes, parce que je veux essayer
de le ramener en France, si la sécurité de l'aéroport me laisse l'embarquer en
cabine. Mais après l'avoir payé, et comme le caissier de la supérette veut me
le déballer, parce qu'il estime que c'est à lui de le faire et non pas au
client, j'ai les plus grandes difficultés à le convaincre, dans mon mauvais
anglais qu'il ne comprend pas, que je veux ressortir tête nue sous la pluie
battante pour ne pas abimer l'emballage original du parapluie et pouvoir
l'embarquer comme ça en avion, et le caissier me prend pour un fou, un étranger
et un fou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore la grande pluie de Tokyo, giboulées d'avril, comme en France
finalement. C'est mon dernier jour, mes dernières heures dans la capitale
impériale du Japon. J'aurais aimé un temps magnifique et chaud, pouvoir encore
marcher dans les jardins au soleil, mais ce sera pour le prochain voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir dans la chambre, il se passe quelque chose de curieux, je suis assis
à mon bureau, j'écris ces notes, je sens soudain le sol glisser
imperceptiblement, comme si j'étais sur un gigantesque bateau qui gîtait, mais
très très légèrement. Puis plus rien. J'ai eu l'impression que le plancher se
renversait, ce n'était pas moi, ce n'était pas un vertige, c'était extérieur,
c'était l'immeuble, les fondations, le sol de la ville. Immédiatement je pense
à un séisme de très faible intensité, et je vais consulter le site anglais de
surveillance en temps réel du Japon, mais non, rien. C'était une illusion, le
sol n'a pas tremblé du tout pendant mon séjour, tant mieux pour la sécurité,
tant pis pour ma curiosité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 23</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/29/Premier-voyage-a-Tokyo-23</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5e0cc5bb7a78362e805f71361941192d</guid>
    <pubDate>Fri, 29 Mar 2013 09:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'ai un rendez-vous à dix heures du matin à Kita-Kamakura, je dois partir de
l'appartement à 8h30 et aller prendre à nouveau la ligne Yokosuka (ligne bleu)
dont je commence à bien connaître, le trajet, le paysage urbain et industriel,
les arrêts, les accélérations, les annonces des stations en japonais puis en
anglais par la délicieuse et invisible voix féminine de la rame, Shimbashi,
Shinagawa, Nishi-Oi, Musashi-Kosugi, Shin-Kawasaki, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un japonais francophone avec lequel j'ai un ami commun est venu
m'accueillir, il va me faire visiter la maison traditionnelle japonaise qu'il
occupe à Kamakura. Auparavant il veut me montrer le paysage. Je le suis qui
escale les collines situées de l'autre côté de la gare, à l'opposé du temple
Engaku-ji. J'admire les immenses bambous qui montent de la clairière en bas,
j'ai noté que beaucoup de barrières, de portails de maisons modernes étaient
faits en bambou, ici c'est le bois courant, troncs immenses et fins, souples
comme des élastiques et pourtant solides comme l'acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-46.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-46.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement on arrive au sommet des collines, je lui montre un panneau en
anglais qui signale que par temps clair au loin on peut voir le Mont Fuji. Il
l'ignorait. Nous vérifions, et en effet, c'est extraordinaire, au-dessus des
arbres et entre les nuages on distingue parfaitement un cône immaculé, la plus
célèbre montagne du monde est là. Je suis heureux, j'aurai vu ce sommet
enneigé, la demeure des dieux. On redescend de l'autre côté de la colline, on
passe dans des tunnels naturels, des sortes de raccourcis. Soudain, on débouche
sur une clairière et une grotte, mon hôte m'explique que cette grotte est le
sanctuaire de la déesse Benten, qu'on vient y laver son argent pour le
démultiplier. Je lui demande : pour le faire pousser ? oui, en quelque
sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours à pied, on gagne le centre de Kamakura. Je vois à nouveau les
panneaux plantés dans chaque rue, la hauteur précise de l'endroit par rapport
au niveau de la mer pour savoir immédiatement, au cas où les sirènes d'alerte
tsunamis retentiraient, si on en sécurité ou si on doit fuir vers une zone plus
élevée, et je pense à nouveau à l'année dernière, le grand séisme du Tohoku,
dans le nord, les 20.000 morts. Le raz-de-marée de 2011 a mis 10 minutes à
atteindre les côtes, il était d'une hauteur de 15 mètres. Je regarde sur le
panneau à quelle hauteur nous nous trouvons, dans cette rue pleine de gens où
nous marchons : 6,1 mètres au-dessus du niveau de la mer. Si une alerte se
déclenchait, si un tremblement de terre avait lieu au large à ce moment précis,
nous aurions moins de dix minutes pour refaire l'escalade de la colline qui
nous a pris tout à l'heure une grosse demi-heure, et je ne suis même pas
certain que cette colline fasse plus de 15 mètres de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-45.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-45.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon hôte arrête un taxi pour que nous rejoignions plus facilement sa maison,
un peu à l'écart du centre. Kamakura est une sorte de station balnéaire
étendue, avec des petites rues parfois tarabiscotées et le taxi se retrouve
pris dans un long embouteillage, je n'en ai presque pas vu à Tokyo et voilà que
c'est à Kamakura que je découvre les encombrements automobiles japonais. Enfin
nous arrivons et il me fait visiter sa maison traditionnelle, en bois, avec de
grandes pièces de tatamis, fermées par des portes coulissantes et qui laissent
voir, par des baies vitrées, les collines alentour, les pins, le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous mangeons assis autour de la table des bentos qu'il a achetés pour moi.
Je découvre que le wasabi est une racine qu'il faut râper. Nous parlons
beaucoup politique et vie culturelle, situation économique également. Il
m'explique ce qu'il voit comme défauts chez ses compatriotes japonais, me dit
qu'il admire les français, je lui dis que les français ont des milliers de
défauts, j'en énumère quelques uns (paresseux, râleurs, jaloux, violents), je
lui explique pourquoi j'admire autant les japonais, leur ardeur, leur bravoure,
leur générosité, leur patience. Mon hôte a étudié longuement en France, il
parle avec très peu d'accent, et dans une grammaire parfaite. Je suis tout
aussi surpris de le voir critiquer les japonais que lui de me voir critiquer
les français et nous nous écoutons tout du long avec une extrême
attention. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite mon hôte me fait découvrir la cérémonie du thé. Il m'explique, il
m'apprend. Beaucoup de silence, de gestes et d'objets qui me sont inconnus. Je
pense soudain à une dégustation de vins de bordeaux pour un japonais qui
n'aurait jamais bu de vin français, les grands verres tulipe, le mutisme, la
gravité, la solitude de chacun quand il regarde, renifle, fait tourner dans le
palais puis avale le vin, le silence qui précède la reprise de parole pour
juger le vin, tout cela incompréhensible pour un non-européen et pourtant si
évident pour le français, surtout le bordelais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte mon hôte en milieu d'après-midi, je dois finir ma valise, demain
matin je laisse l'appartement, je change de lieu. Retour par la ligne Yokosuka
où je suis abordé par un japonais bizarre, la cinquantaine, qui me demande d'où
je viens, puis me dit que lui est né au Japon mais est maintenant devenu
américain et vit à Chicago, je m'en doutais, les japonais n'adressent pas la
parole comme ça à un inconnu, il sont trop respectueux d'autrui. L'américain
devient agaçant, il me pose encore des questions, me demande quel est mon
métier, je lui dis que j'écris des livres, il me dit que lui aussi, des livres
de management, de coaching, il me demande combien j'ai publié de livres, je lui
réponds quatre, il rit, se moque de moi, me dit qu'il en a écrit soixante. Il
répète le nombre en parlant fort, toute la rame nous regarde. Enfin Tokyo
Station arrive et je sors à toute vitesse pour le semer, première fois où
j'aurai été importuné, et par un touriste finalement, un américain. Je me fonds
à nouveau parmi les vrais japonais qui rentrent du travail, discrets, rapides,
précis, respectueux, et également ouverts, disponibles, curieux, j'en ai fait
cent fois l'expérience depuis que je suis au Japon, les gens les plus
accueillants qui soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 22</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/28/Premier-voyage-a-Tokyo-22</link>
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    <pubDate>Thu, 28 Mar 2013 09:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je vais à nouveau visiter le quartier Asakusa, plus précisément le temple
Senso-ji. La première fois que j'étais venu il pleuvait, aujourd'hui le temps
est superbe, ciel dégagé, douceur de l'air. En arrivant, je suis bloqué par la
foule, grande cohue, impossible d'avancer dans l'allée, et je comprends quand
j'approche enfin : ici aussi il y a des cerisiers, et à présent ils sont en
fleurs, blancs, cotonneux, éclatants sur le ciel sans nuage. On est aujourd'hui
samedi, c'est un jour de congé, les gens sont venus en famille, et il y a aussi
beaucoup de touristes occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bâtiments du temple paraissent à présent tout neuf sous la clarté
printanière, leur couleur rouge se détache sur le bleu du ciel, on a
l'impression que la réalité s'est mise à imiter la grande peinture. Je tourne
autour de la Porte de la salle aux trésors, puis au pied de la grande pagode,
resplendissante et presque fière, cinq étages empilés et leurs toits recourbés
comme des écuelles sous le ciel. Je vais et viens, puis je me mets à suivre un
petit mouvement de visiteurs qui semblent aller sur la droite, des gens qui
sortent un à un du temple et gagnent les rues adjacentes, puis continuent droit
devant, vers un endroit que je veux à mon tour découvrir. Beaucoup de femmes
sont en habits traditionnels, au bras de leurs maris en costumes occidentaux.
Je marche sur leurs traces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-43.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-43.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment je passe devant un magasin d'appareils photos incroyables, toute
une vitrine d'anciens Rolleiflex, il y en a des dizaines, peut-être une
centaine, des boîtiers de plusieurs types, quelques compacts et surtout de
grands 6 x 6 à deux objectifs, ces appareils que l'on tient dans ses paumes
comme une urne lorsqu'on prend la photo. Les prix affichés, pour des appareils
d'occasion, sont très élevés, bien trop chers pour moi, c'est dommage, ces
objets me paraissaient très beaux, ils étaient certes de marque allemande mais
il est logique que ce soient les japonais, grands connaisseurs des objets et de
la photographie, qui aujourd'hui les préservent et les revendent comme les
nouvelles antiquités du XXIIe siècle qui ici a déjà commencé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de cinq minutes de trajet et après avoir traversé une avenue, je
comprends où allaient tous ces gens : la rivière, ses berges, le Sky Tree. On
débouche sur Sumida Park, une grande ballade le long de la Sumida, et plantée
de cerisiers en fleurs tout du long. En face, sur l'autre rive, des cerisiers
blancs identiques, et au-dessus, immense, gracieuse dans sa robe métallique, la
nouvelle tour Eiffel : la toute jeune tour de Tokyo, le Sky Tree. Il n'y a pas
trop de monde, j'en profite, je vais m'accouder à la rambarde devant la Sumida,
j'admire la rivière, les cerisiers, la tour. Je marche ensuite le long de l'eau
et sous les arbres en fleurs, puis je repars, je reviens vers la station de
métro et je change de quartier. Asakusabashi, ligne Chuo-Sobu, changement à
Akihabara pour la ligne Yamanote jusqu'à Ueno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois je veux visiter le Tokyo National Museum dont quelqu'un m'a dit
la veille que c'était là que je verrais les plus belles œuvres du Japon
traditionnel. Après la gare il faut marcher un petit moment le long du parc
Ueno sans y entrer. Je passe devant un étrange monument : une fusée fixée sur
un chariot, le texte anglais du panneau indique &amp;quot;rocket&amp;quot; sans plus de détails.
J'apprends le soir qu'il s'agit de la fusée Lambda, une fusée expérimentale que
le Japon a testé dans les années 1960 pour lancer ses satellites, sans doute
l'équivalent de cette fusée française Diamant que nous avions chez nous. Très
fine, très longue, très belle, corps argenté avec plusieurs petits ailerons
rouges. Plus loin je passe à quelques mètres d'une baleine bleue, une sculpture
grandeur nature, couleur bleu marine, d'un cétacé, la tête plongeant vers le
sol, la queue battant le ciel, impressionnante, c'est l'entrée du Musée de la
nature et des sciences de Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-44.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-44.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin j'atteins le Tokyo National Museum. C'est le premier vrai musée que je
visite au Japon. Tout y est de ce que je voulais voir, je suis comblé. Les
statues bouddhiques, en bois, puis en bronze. Les boîtes d'écriture en laque
décorée (Maki-e), contenant la plume et la bouteille d'encre. Les estampes
d'Hiroshige, les paravents couverts d'oiseaux. Les sabres, les katanas parfaits
dès les premiers siècles, maîtrise secrète des aciers. Les armures de
samouraïs, qui recouvrent tout le corps, y compris la partie inférieure du
visage, et qui, présentées assises, paraissent encore contenir le guerrier
lui-même, comme une momie invisible. Et aussi un extraordinaire casque à
feuilles d'iris du XVIIe siècle. Je me verrais bien avec un tel casque, en
repartant du Tokyo National Museum je m'imagine le porter dorénavant
secrètement, invisible sur ma tête, qui me relie au ciel par mille rayons et me
protège de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 21</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/27/Premier-voyage-a-Tokyo-21</link>
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    <pubDate>Wed, 27 Mar 2013 10:05:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En attendant un rendez-vous à l'heure du déjeuner, je vais marcher dans
Kagurazaka, sur les hauteurs à l'ouest de mon appartement. Le temps est
étrange, une température très douce mais un ciel couvert, très sombre, comme si
à nouveau le printemps était freiné, empêché par une énorme main invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu une discussion il y a quelques jours avec quelqu'un qui m'a expliqué
que certains prétendent que la météo n'est plus la même depuis mars 2011. Il
souriait et pourtant il ne plaisantait pas totalement en disant ça. La question
de la contamination radioactive parait taboue ici, les gens y pensent peut-être
mais ils n'en parlent jamais. Moi-même j'ai chassé cette question de mon
esprit, à l'appartement je bois l'eau du robinet, et je mange du poisson, des
fruits de mer, des légumes dont je ne peux identifier la provenance parce que
je ne lis pas le japonais. Je fais comme si Tokyo n'était pas à 200 km de
Fukushima, je me laisse convaincre par les affirmations rassurantes du
gouvernement japonais et celles identiques du Ministère des affaires étrangères
français. C'est ici que j'aime vivre, au Japon avec les japonais, et peu
importe le reste. N'en parler jamais, n'y penser jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-41.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-41.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Kagurazaka on croise beaucoup d'occidentaux, mais pas des touristes
mais des gens qui travaillent, qui marchent à pas rapides, sans doute beaucoup
de français puisque c'est leur quartier, ils sont expatriés, en me promenant là
d'un coup je deviens moi aussi un résident japonais, un gaijin installé, un
étranger qui s'intègre au pays. Je parcoure les rues perpendiculaires puis je
reviens dans la grande rue principale, Waseda dori. On trouve là des boutiques
de souvenirs et des restaurants, et aussi toutes les succursales des marques
américaines de fast-food et de café, ou des marques françaises de viennoiseries
et casse-croutes, et aussi une salle de jeux, des agences immobilières, c'est
une rue suractive dont les trottoirs débordent souvent de piétons qui empiètent
sur la chaussée en sens unique. On dirait la grande rue d'une ville française
de taille moyenne, mais transportée en Asie et au XXIIe siècle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retrouve mon rendez-vous et nous déjeunons dans un petit restaurant au
milieu de la rue. À l'extérieur, le menu est affiché en japonais et en
français. Comme dans tous les restaurants que j'ai fréquenté à Tokyo, c'est
exceptionnellement raffiné, probablement au-dessus de leur équivalent français.
Je choisis le plat du jour et il est à 10 €. Les japonais mangent peu chez eux,
y compris le soir, aussi les restaurants ou les comptoirs pour manger
rapidement sont d'un prix abordable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'après-midi, je décide d'aller visiter le parc Ueno. En arrivant à la
station de JR d'Iidabashi, je vois que les cerisiers sont au maximum de leur
floraison, tout du long du canal, sur des kilomètres les arbres sont blancs.
Les passants s'arrêtent pour faire des photos et admirer encore les arbres, et
c'est vrai qu'on ne s'en lasse pas, difficile de détacher son regard du
spectacle. Ce devrait être encore beau au parc Ueno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Train JR, ligne Chuo-Sobu (couleur jaune), changement à Akihabara pour la
ligne Yamanote (couleur verte) jusqu'à la gare d'Ueno. C'est une assez grosse
gare, en arrivant je suis surpris par les centaines de personnes qui arrivent
de partout et semblent tous se diriger vers la même sortie que moi. Je ne me
suis jamais retrouvé dans une telle foule japonaise et malgré tout il n'y a pas
de bousculade, les gens sont canalisés par des préposés en uniformes et
quelques policiers. Je sors enfin et je suis la foule qui traverse l'avenue
devant la gare, la circulation des voitures est régulée par des policiers en
gilets fluorescents qui font traverser les piétons. Tout le monde se rend dans
le parc. J'ai compris, ils font la même chose que moi, ils viennent voir la
floraison. Ueno est un des principaux lieux de Tokyo où on peut admirer les
cerisiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-42.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-42.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'assiste au hanami, la fête des fleurs. Partout dans le parc, sur le sol
sous les cerisiers, ont été disposées des bâches bleues et les gens sont assis
là à pique-niquer. Des lampions oranges et blancs ont été suspendus d'un arbre
à l'autre. Le tout est assez anarchique, très spontané, les gens parlent fort,
rient, chantent. C'est vraiment la fête.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes allées du parc sont plantées d'arbres des deux côtés, et une
sorte de dôme blanc de fleurs se forme au dessus du chemin, on avance
réellement sous un toit de fleurs blanches, une pergola naturelle, c'est
absolument merveilleux. L'allée principale est noire de monde, on progresse
difficilement, tout le monde regarde en hauteur, je vois quelques touristes
anglo-saxons qui paraissent très désorientés. Les fleurs sont ouvertes à leur
maximum, avec le vent certaines commencent à tomber, cela fait soudain une
pluie lumineuse, une neige de printemps, c'est tout simplement fantastique à
vivre. Même venu seul, je participe à la fête.&lt;/p&gt;
 </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 20</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/26/Premier-voyage-a-Tokyo-20</link>
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    <pubDate>Tue, 26 Mar 2013 09:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Tout près de mon appartement, de l'autre côté de la rocade, quartier Bunkyo,
il y a un jardin dans lequel je ne suis jamais entré. J'ai voulu y aller
récemment mais c'était son jour de fermeture. En compulsant un guide je
découvre que c'est un des plus célèbres jardins de Tokyo, depuis trois semaines
il était à ma porte, à cinq minutes de marche, et je n'en savais rien : c'est
Koishikawa Korakuen. J'apprends aussi que Korakuen signifie le &amp;quot;jardin de la
réjouissance intérieure&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-40.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-40.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès l'entrée, je suis comme assommé par les cerisiers. Leur floraison est
optimale, les visiteurs, tous japonais, les entourent comme s'ils voulaient les
étreindre. Ils tendent les appareils photos à bout de bras, comme des
offrandes. Tout le monde photographie, certains utilisent des appareils
énormes, très perfectionnés, parfois avec un petit trépied qu'ils déplient pour
être certain que la photo ne sera pas bougée. Moi aussi je prends mes photos,
j'imite les tokyoïtes, je garde une trace de ce spectacle incroyable. Je passe
et je repasse sous les branches, je les frôle, je voudrais que les fleurs me
caressent le visage. La profusion des fleurs est indescriptible, on dirait
qu'elle naissent et renaissent sans arrêt, qu'elles apparaissent instantanément
sous les yeux où que ces yeux se portent, qu'elles se multiplient comme des
pains miraculeux, comme des petits poissons, comme la goutte d'encre versée
dans un verre d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blanc, le rose, les branches lourdes et souples à la fois, qui se
détachent sur le ciel bleu, et tout autour les parterres, puis les pièces
d'eau, les carpes koï, moins nombreuses qu'à Kiyosumi Teien, mais apparemment
toutes de variété kohaku, avec le corps orange et blanc, et en arrière de la
pièce d'eau, un pont de bois de couleur écarlate, la profusion parait sans fin.
J'ai l'impression de ne pas parvenir à tout voir à la fois, de ne regarder,
respirer, ou entendre qu'avec un seul œil, une seule narine ou une seule
oreille, de passer à côté des neuf dixièmes de ce jardin tellement il est riche
et tellement je ne m'attendais pas à ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit est immense et composé de plusieurs paysages, plaine, montagne,
rivage, forêt, clarté et obscurité. Je suis venu ici par curiosité, pour
visiter ce jardin rapidement, en une demi-heure ou une heure et je me retrouve
pris dans le parcours des chemins, impossible de s'arrêter, il faut continuer
la progression, alors je marche, je découvre, j'apprends. Je comprends que je
suis en train de changer. C'est exactement la phrase que j'ai écrite en
conclusion d'une lettre que j'ai envoyé à mon éditeur quelques jours après mon
arrivée à Tokyo : &amp;quot;J'apprends beaucoup.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut parfois avancer plus lentement, poser ses pieds avec précaution sur
les pierres qui pavent le chemin, sur les rondins qui dessinent les marches des
escaliers, sur le bois poli des ponts, et escalader, tourner le long des
barrières de bambous, ne pas glisser au bord des plans d'eau, la promenade dans
le jardin Korakuen nécessite une grande attention, je marche en silence, je
visite un à un tous les paysages. Ces paysages sont les saisons de l'année et
sans doute aussi les périodes de la vie, naissance, adolescence, maturité,
vieillesse. Après très longtemps, peut-être deux heures, je ne sais pas, je
ressors du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-39.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-39.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je repars par Bunkyo et j'arrive au Tokyo Dôme, une sorte de salle de
spectacle circulaire. En voulant contourner le bâtiment, je réalise qu'il est
immense. Tout autour sont assis sur le sol des milliers de jeunes, ils
attendent pour assister à un concert, je suppose, ou pour acheter des billets
en prévision d'un futur spectacle. Ou bien une émission de télévision, ou bien
un match d'un sport quelconque. Je songe une demi-seconde que je viens de
passer d'un jardin traditionnel à un bâtiment futuriste, qu'il y a un
incroyable contraste, mais aussitôt je me reprends : c'est pareil dans chaque
pays et dans chaque ville, les lieux, les populations, se côtoient, se
mélangent, sans raison, et peu importe que je n'ai presque vu aucun jeune dans
le jardin, moi non plus en France je n'allais pas visiter Versailles quand
j'avais seize ans, je traînais dans les concerts ou les salles de jeux. Les
jeunes japonais se sont promenés dans les jardins avec leurs parents quand ils
étaient enfants, ils y retourneront avec leurs enfants, ou plus tard quand ils
seront vieillards. Il n'y a pas plus de choc entre la tradition et la modernité
au Japon que dans n'importe quel pays moderne et dans n'importe quelle journée
de n'importe quel individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant par les petites rues, je retrouve le long des rues les fils
électriques et les pylônes avec leurs transformateurs intégrés. Je ne sais plus
qui m'a dit que les lignes n'étaient pas enterrées à cause des tremblements de
terre, je ne sais pas si c'est vrai. Quoi qu'il en soit, si en théorie ce
devrait être très laid, je trouve au contraire que ce paysage d'anarchie
électrique est féérique, baroque, très calculé esthétiquement malgré les
apparences. La technique, suffisamment domestiquée, peut elle aussi créer de la
beauté.&lt;/p&gt;
 </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 19</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/25/Premier-voyage-a-Tokyo-19</link>
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    <pubDate>Mon, 25 Mar 2013 09:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;C'est aujourd'hui que je participe à la visite guidée de la partie du Palais
impérial fermée au public. J'ai mon laissez-passer, une grande feuille blanche
imprimée dont je ne parviens à lire rien d'autre que mes nom et prénom et la
date et l'heure de visite et sur laquelle a été apposé le grand hanko rouge de
l'Agence impériale. Avec les autres visiteurs inscrits, une petite centaine, je
passe le contrôle de sécurité et j'entre dans l'enceinte du Palais par la porte
Sakuradamon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe est conduit dans une grande salle où on nous projette un
documentaire sur l'Empereur et la famille impériale. Je suis le seul occidental
du groupe et quand on me propose un casque de traduction pour suivre la visite,
en inscrivant mon nom sur la liste je vois qu'un seul autre casque a été
emprunté, c'est une jeune femme asiatique, coréenne ou chinoise, je l'aperçois
ensuite dans la salle sur le casque sur les oreilles. À la fin du documentaire,
on nous propose d'acheter des souvenirs de la visite dans la boutique
officielle de l'Agence impériale, puis la visite des jardins commence
enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-37.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-37.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe marche le long des grandes allées désertes autour du Palais
impérial et je suis au milieu, je regarde, j'écoute, le guide parle en
japonais, je n'ai pas réussi à faire fonctionner le casque portatif de
traduction anglaise mais je le garde sur les oreilles en marchant pour ne
froisser personne. On s'approche au plus près de la résidence de l'Empereur et
de son jardin privé sans jamais y entrer, on passe devant la grande salle de
réception, on s'approche du très européen pont double de Nijubashi, sans jamais
l'emprunter. Au bout du pont, deux guérites devant lesquelles se tiennent deux
gardes qui de loin font penser à ceux qui gardent l'entrée de Buckingham Palace
à Londres. En revanche, les tours qui gardent le Palais impérial sont elles
bien japonaises. En dehors du groupe des visiteurs, le lieu est désert,
immenses esplanades, pins parfaitement taillés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croise à la fin un groupe de jardiniers bénévoles, des retraités
volontaires qui viennent entretenir le Palais impérial, ils ne portent pas
d'uniformes mais ils ont tous choisis de se vêtir en blanc, chemises blanches,
robes blanches, chapeaux blancs. Ils ramassent les feuilles, taillent certains
arbustes, ils forment un groupe compact, ils sont une trentaine, parfaitement
organisés, ils s'affairent avec le sourire, certains me semblent assez âgés,
tous ont l'air très heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais aimé pouvoir entrer, ou du moins voir derrière une barrière
l'intérieur de la salle de réception du Palais impérial, le Chowaden, mais
hélas on reste cantonné à l'extérieur et on n'entre dans aucun bâtiment.
Derrière le Chowaden, on aperçoit les toits de zinc vert des jardins privés de
la famille impériale, avec des petits pins taillés qui montent en zigzagant.
Tout ce qui est construit ici a un aspect traditionnel mais est très récent, le
Palais a été entièrement détruit en 1945 par les bombardements américains et ce
n'est qu'en 1968 qu'il a été reconstruit à l'identique. Comme beaucoup de
parties de Tokyo, on a l'impression de voir quelque chose d'assez ancien et
traditionnel, et non pas des constructions datant de 50 ans seulement. Mais au
final, la force de ce que je vois du Palais impérial provient de l'espace vide,
du silence, et de la présence permanente des pins magnifiquement taillés,
soignés comme s'ils étaient vivants, et ils le sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis approché davantage du Palais impérial de Tokyo, mais je ne peux
pas savoir ce que cela fait d'être reçu par l'Empereur au milieu d'une centaine
d'autres invités. Ce sera pour une autre fois, ou dans une autre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant, je m'arrête dans le quartier Akihabara, qui est avec les
quartiers Shibuya et Shinjuku, un des plus photographiés et célébrés dans le
monde comme emblématique de Tokyo, ce qui n'est pas mon avis. Akihabara est
rempli de salles de jeux et de boutiques de gadgets électroniques. Les façades
des buildings sont couvertes d'images tirées des dessins animés japonais et des
mangas. Il y a une quantité incroyable de touristes, j'ai l'impression qu'ils
se sont tous cachés ici et que c'est la raison pour laquelle j'en ai si peu vu
depuis que je suis à Tokyo. Des jeunes, mais pas seulement, des anglo-saxons,
des allemands, des français. Sur les trottoirs, des jeunes filles japonaises
habillées en costumes d'héroïnes de dessins animés distribuent des prospectus.
Je repars au bout d'une demi-heure, ce que je vois d'Akihabara n'est pas pour
moi, j'ai senti un peu la même chose en allant voir le Grand Bouddha de
Kamakura, immense parc d'attraction, comme la Place Saint-Marc à Venise ou
Montmartre à Paris, et ça on n'y peut rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-38.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-38.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, je suis invité à dîner par des connaisseurs de la ville dans le
quartier Ebisu. Ensuite, on change complètement de quartier et ils m'emmènent
visiter Shinjuku. Il est dix heures du soir, grande activité nocturne, cohue
sur les trottoirs et les passages piétons, entre lumière et obscurité. Les
grandes enseignes lumineuses, les publicités géantes, les écrans vidéos, ne
sont pas tous allumés, il fait sombre, il y a peu d'éclairage public. Depuis Le
11 mars dernier et l'explosion de la centrale de Fukushima-Daiichi, le Japon a
stoppé ses centrales nucléaires et a donc dû réduire sa consommation
électrique, le soir les rues sont à demi-éclairées, sombres sans pour autant
être obscures, c'est une ambiance curieuse, on sent que des lampadaires restent
éteints et en même temps c'est plus intime, plus doux, on glisse dans une
obscurité orangée, j'en ai fait plusieurs fois l'expérience autour de
l'appartement dans Iidabashi. À Shinjuku, c'est encore plus marquant, on sent
que des panneaux lumineux entiers restent éteints pour économiser
l'électricité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes guides dans Tokyo m'amènent dans un des petits bars caractéristiques de
la vie nocturne Tokyo, fréquentés par les salariés après dîner lorsqu'ils
veulent décompresser. Je ne serais pas capable de retrouver l'endroit seul, on
entre dans une ruelle au détour d'un rond-point, on oblique encore dans une
autre ruelle, encore plus étroite, avec des dizaines de pancartes de bars, des
climatiseurs, des plantes vertes, à un moment il faut emprunter à droite un
escalier terriblement abrupt, et en le gravissant je me demande comment quitter
ensuite cet endroit une fois qu'on a trop bu. Tout en haut, le chef de notre
groupe nous dit d'attendre, il entrouvre la porte, il demande si c'est possible
de venir à quatre. Il faut attendre quelques minutes. Quatre personnes sortent
peu après et nous entrons. Ce petit bar est petit. Je dirai que l'endroit fait
trois mètres sur deux. Il y a une table carrée, à trente centimètres de
laquelle est adossé le comptoir devant lequel sont posés trois tabourets et
derrière les tabourets c'est le mur et l'escalier qui mène à la rue. Nous
buvons de très bons cocktails vendus à prix astronomiques. On m'explique que le
lieu est si petit que les consommations doivent être onéreuses, et que l'on
paie à la fois la boisson et le siège sur lequel on est assis. La patronne
parle un peu français, avec nos verres elle nous apporte des sortes de fruits
de mer au vinaigre, c'est délicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers minuit et demi, nous nous séparons. Mes guides m'ont amené jusqu'à la
station Shinjuku, j'attends le train, à Tokyo quelque soit l'heure on n'a
jamais peur de se ballader seul. Le seul problème qui peut arriver c'est un
accident comme ces étudiants ivres qui manquent de tomber sur la voie devant
moi, mais ils se rétablissent, rient, crient, vont plus loin. Je monte dans une
rame de la ligne Chuo-Sobu, ligne jaune, Shinjuku, Yoyogi, Sendagaya,
Shinanomachi, Yotsuya, Ichigaya, Iidabashi. Le train me mène directement jusque
chez moi, merveille des JR ultra-rapides qui vous font sauter d'un lieu à
l'autre de Tokyo de jour comme de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 18</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/24/Premier-voyage-a-Tokyo-18</link>
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    <pubDate>Sun, 24 Mar 2013 10:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ce matin, déception : lorsque je veux utiliser le stylo-plume rouge que j'ai
acheté hier, impossible d'y emboiter la pompe à encre, ce n'est pas le bon
modèle. Je ne comprends pas. J'ai pourtant vu la vendeuse choisir soigneusement
le modèle adéquat, elle a compulsé un énorme catalogue papier contenant toutes
les références des stylos de la marque, avec pour chacun les spécificités
exactes et la référence des fournitures compatibles. Elle a vérifié une
première fois avant d'aller chercher la pompe, puis une seconde fois
lorsqu'elle a eu l'emballage de la pompe en main. Aucune erreur, c'est le bon
modèle de pompe. Mais elle ne l'a pas essayé sur le stylo. À tout hasard je
tente d'emboiter la pompe fournie avec le stylo-plume en résine bleu, pourtant
d'une marque différente, acheté l'autre jour. Incroyable, cela fonctionne. Je
dois donc retourner chez Maruzen échanger la pompe du stylo-plume rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En allant chercher le train JR, je vois les cerisiers qui sont à présent
presque totalement en fleurs. Malgré le temps couvert, très venté, presque
pluvieux, une météo assez bizarre, les arbres sont magnifiques, les japonais
s'arrêtent pour les photographier et se faire photographier devant, atmosphère
de fête, les fleurs sont enfin là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-35.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-35.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Maruzen, rien ne se passe comme prévu. J'explique le problème à une
vendeuse en lui faisant la démonstration, elle sourit, elle comprend, sa
collègue aura fait une erreur en compulsant le catalogue des références. Elle
reprend le gros volume papier, elle cherche la correspondance, tout est exact,
on m'a vendu le bon modèle. Elle me fait comprendre que tout va bien, que c'est
écrit, que cela ne peut que fonctionner et elle essaie désespérément de faire
rentrer la pompe dans le corps du stylo, mais en vain. Elle ouvre alors toutes
les boites de stylos du même modèle, dans la même couleur puis dans des
couleurs différentes et elle essaie sur chacun la pompe à encre. Veut-elle
m'échanger le stylo pour un autre du même modèle mais qui par miracle
accueillerait la pompe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui explique que le catalogue des références est fautif, que le bon
modèle de pompe existe, que j'ai fait l'essai chez moi, je lui demande de me
sortir tous les modèles de pompes, ce qu'elle fait. Je trouve le modèle qui
s'emboîte, tout va bien. Mais non, selon elle, impossible de me le vendre parce
qu'elle ne peut pas me vendre une référence erronée, ce ne serait pas correct.
Elle me montre à nouveau le catalogue, la référence du stylo-plume et en face
la référence de la pompe. Je lui dit que peu importe, que j'achète la nouvelle
pompe en plus, même pas besoin d'un échange, elle coûte quelques centaines de
yens, l'équivalent de quelques euros, ce n'est pas grave, it's ok for me, je
souris, c'est bon, no problem. La vendeuse est très gênée, elle me dit que ce
n'est pas possible. Le catalogue semble pour elle un problème autrement plus
grave que la pompe elle-même. Elle téléphone à quelqu'un, explique ce qui se
passe, puis écoute longuement, je l'entend dire oui, oui, oui. Finalement sa
supérieure arrive, elles compulsent toutes les deux le catalogue, la supérieure
va chercher un second catalogue, apparemment exactement le même, pour vérifier
que la même chose a été imprimée. Je comprends qu'il est inenvisageable qu'il y
ait une erreur dans le catalogue des références, que cela impliquerait que tout
le catalogue peut être faux, que ce serait trop grave, cela devient en quelque
sorte religieux, toute la foi dans l'organisation parfaite de la société risque
de vaciller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un japonais francophile m'explique le soir que les français ont une qualité
que n'ont pas les japonais, ils sont souples, ils s'adaptent, je lui dit
&amp;quot;pragmatiques ?&amp;quot;, oui, c'est cela. Chez Maruzen, la supérieure finit par
appeler son chef, il arrive aussitôt, il semble très préoccupé par le problème
du catalogue erroné. Cela fait maintenant trente minutes que nous bataillons
autour de ce problème de pompe à encre pour stylo-plume. Finalement, la
vendeuse m'explique que très exceptionnellement elle accepte de me vendre une
pompe d'un modèle théoriquement non-compatible, mais uniquement parce que je le
lui demande, et je comprends qu'elle dégage sa responsabilité. Ouf. Le Japon
est merveilleusement organisé mais parfois un grain de sable semble capable de
tout bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-36.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-36.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai un rendez-vous en début d'après-midi à l'Institut Franco-Japonais de
Tokyo, tout près de Kagurazaka, à dix minutes à pieds de mon appartement. Un
grand vent s'est levé, il y a des rafales telles que j'arrive à peine à
marcher, je réalise que Tokyo, aussi géante soit-elle, est une ville côtière et
par conséquent soumise aux tempêtes océaniques. En venant j'ai vu que les
trains JR avaient été arrêtés, cela arrive régulièrement, les écrans plats dans
les rames l'annoncent alors entre deux spots de publicité, &amp;quot;interruption
momentanée ligne X - cause : vent violent&amp;quot;. Quand je grimpe les escaliers qui
mènent au rez-de-chaussée du bâtiment moderne conçu par un architecte japonais
disciple de Le Corbusier, le ciel est devenu très sombre alors qu'il est
presque midi au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon rendez-vous se passe très bien jusqu'au moment où une personne entre
dans la salle où mon interlocutrice et moi discutons du Japon. L'homme semble
surpris, il nous demande ce que nous faisons encore là, il dit que l'Institut
évacue, que l'information est arrivée il y a une heure, les gens ont ordre de
rentrer chez eux, il nous faut sortir sans attendre, c'est la tempête. Je
trouve cela un peu excessif pour un peu de vent et de pluie, je souris, mais
mon interlocutrice prend la chose très au sérieux, elle me dit qu'il faut
partir vite, elle me demande où je loge, comment je vais rentrer chez moi. Je
lui dit que je suis à pied, à deux pas. Elle me dit encore : Faites bien
attention à vous, envoyez-moi un message quand vous êtes arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte l'Institut, je remonte l'avenue Sotobori, la pluie tombe en
bourrasque, les rafales de vent sont incroyables, c'est une sorte de mini
typhon, j'ai du mal à avancer, j'ai renoncé à ouvrir mon parapluie, je me
recroqueville sous ma capuche et j'avance en longeant les murs, il y a peu de
voitures, quasiment aucun piéton, la ville s'est vidée, soudain j'ai peur, je
comprends les mises en garde qu'on vient de me faire. J'arrive enfin à
l'appartement, épuisé et trempé. Une demi-heure plus tard j'entends le vent se
lever véritablement, il siffle et l'immeuble lui-même semble trembler, se
déformer sous la force des rafales. Quelques heures plus tard j'apprendrai sur
Internet qu'il y a eu plusieurs blessés à Tokyo en raison de la plus grande
tempête depuis un demi-siècle. Je comprends qu'au Japon l'être humain n'est
rien face aux éléments naturels, qu'il n'est qu'en sursis, menacé en permanence
par des eaux, une terre et un ciel aveuglés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Premier voyage à Tokyo, 17</title>
    <link>http://blog.marcpautrel.com/post/2013/03/23/Premier-voyage-a-Tokyo-17</link>
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    <pubDate>Sat, 23 Mar 2013 09:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>MP</dc:creator>
        <category>Japon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je vais marcher dans les rues autour de l'appartement, je longe la rocade
puis je traverse le canal et j'entre dans le quartier Bunkyo. Les petites rues
de Tokyo paraissent toutes les mêmes d'un quartier à l'autre, le long des
chaussées, il n'y a pas de trottoirs mais une bande peinte en vert, la partie
réservée aux piétons ou aux vélos. L'équilibre qui a été trouvé ici entre
automobiles et piétons penche en faveur des seconds mais la promenade reste
dangereuse pour le touriste étourdi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours me souvenir que les voitures roulent à gauche, et ne pas m'effrayer
lorsque je vois s'approcher un véhicule sans conducteur avec un passager à
l'avant, puisqu'ici le volant est à droite. On m'a expliqué que cette coutume
britannique de rouler à gauche est précisément héritée de l'importation de la
circulation automobile par les anglais au début du XXe siècle. J'ouvre mes
oreilles et mes yeux. Lorsque le long d'une grande avenue il y a un vrai
trottoir, très large, je repère au sol les pictogrammes indiquant la partie
réservée aux piétons et celle réservée aux vélos : les trottoirs sont aussi des
pistes cyclables et les utilisateurs de roues un danger potentiels pour les
promeneurs imprudents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-34.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-34.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime les pictogrammes japonais, très nombreux, ils sont toujours
explicites, et souvent drôles. Ainsi le panneau réglementant l'usage du tabac
dans la rue et qui montre une cigarette fumante dotée de deux jambes, le tout
rayé d'une diagonale rouge marquant l'interdiction : on n'a pas le droit de
fumer dans la rue en marchant. L'interdiction n'est compréhensible que
lorsqu'on a sait qu'à des endroits précis dans les rues sont installés des
sortes de grands cendriers où doivent se regrouper les fumeurs pour consommer
leurs cigarettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois encore beaucoup de panneaux d'interdiction, toujours assez drôles,
on interdit mais en y mettant les formes, avec l'humour en guise de politesse.
Par exemple, des pancartes installées le long des arbres ont la forme de chiens
ou de chats stylisés, comme si on était dans un dessin animé, et le texte qui y
figure en kanjis signifie probablement qu'il est interdit de laisser les
animaux errer à cet endroit et y faire leurs besoins. Sur une autre pancarte du
même genre un policier en ombres chinoises chasse du bras un chien, et
en-dessous figure un chiffre élevé suivi du kanji signifiant Yens, c'est le
montant de l'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Bunkyo, je croise encore, au pied d'un grand immeuble, des bouches à
incendie comme je n'en ai jamais vu en France, comme je pensais qu'il n'en
existait pas dans le monde, en inox et brillantes comme des miroirs,
probablement astiquées chaque matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;japon2012-33.jpg, mar. 2013&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.marcpautrel.com/public/japon2012-33.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'après-midi je me rends au Palais impérial pour récupérer auprès de
l'Agence impériale les papiers qui me permettront de participer à la visite
guidée de la partie des jardins la plus proche du Palais (grand remerciement à
celles et ceux qui m'ont aidé à l'obtenir). Le Palais est situé face aux
buildings de Marunouchi, de l'autre côté d'un immense espace, le jardin Kokyo
Gaien. Kokyo Gaien se compose d'une vaste pelouse sur laquelle ont été plantés
deux mille petits pins parfaitement taillés. Il faut traverser cette magnifique
esplanade pour arriver aux douves et aux différentes portes percées dans la
muraille du Palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me présente à la porte Sakashitamon, comme on me l'a précisé, j'explique
en anglais que je dois aller présenter mon passeport et retirer mon formulaire
d'accès. Le garde dans sa guérite ne comprend pas, son anglais semble
rudimentaire. Au bout de quelques instants, il finit par me tendre un grand
carton plastifié contenant une liste de phrases en anglais et leur
correspondance en japonais. Mais aucune phrase ne fait l'affaire, je remue la
tête négativement. Il me fait signe qu'il a compris, il cherche et il trouve un
deuxième carton, mais c'est pareil. J'essaie d'expliquer, rien à faire, nous ne
nous comprenons pas. Il décide de téléphoner, il décrit la situation, il me
passe une femme qui parle anglais, mais avec un accent qui fait que le sens des
mots m'échappe. Je lui explique que je viens chercher un papier pour la visite
du lendemain, mais elle ne me comprend pas. Finalement, le garde me dit que la
femme veut que je vienne la voir, il m'ouvre, un autre garde me briefe, me
remet des instructions, j'entre seul dans l'enceinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche jusqu'au bâtiment de l'Agence impériale, je me présente, personne
ne semble comprendre ce que je suis venu faire. J'essaie encore d'expliquer,
mais non, ils ne voient pas. Je tends mon passeport, ils le regardent,
j'insiste, ils fouillent dans les papiers, m'en tendent un. Voilà. C'est tout ?
that's all ? Haï ! oui ! Arigato. Il suffisait de venir en personne muni de son
passeport se faire remettre le laissez-passer pour le lendemain. Trop
d'incompréhensions, j'aurais voulu les remercier et je les ai simplement gênés.
J'apprendrai des centaines de phrases japonaises avant mon prochain voyage. Je
promets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ressortant du Palais impérial je vais jusqu'au magasin Maruzen de
Marunouchi. Je vais voir le rayon des stylos, je voudrai m'en offrir un second,
d'une autre marque japonaise et toujours de prix modique. Cette fois le rayon
est au dernier étage, immense choix d'instruments à écrire. Je cherche dans
tous les modèles, très vite je trouve celui qui me plait, très fin au corps en
résine rouge vif. Parfait, je l'achète avec une pompe à la place des
cartouches, pour pouvoir le remplir d'encre à la bouteille. Vendeuses
merveilleuses, paquet cadeau, petit carnet offert, merci, merci, encore merci.
Je le testerai ce soir, j'ai amené de France ma bouteille d'encre bleu foncé,
en japonais Ru. Je composerai des lettres romanes, à l'horizontal et gauche à
droite, je n'ai jamais rien su faire de ma vie en dehors de ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
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