CE MÉTIER DE DORMIR

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résidences

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jeudi 20 juin 2013

Brive, Ozu en Corrèze

Pendant ma résidence d'auteur à Brive, j'ai travaillé sur un roman autour de la vie du cinéaste japonais Yasujirô Ozu (1903-1963).

Ce roman sur Ozu est un travail démarré en 2011 et pour lequel j'ai obtenu une Mission Stendhal de l'Institut Français qui m'a permis de séjourner au Japon en mars et avril 2012. J'ai d'ailleurs commencé à évoquer ce projet Ozu dans l'émission Une vie, une œuvre que France-Culture a consacré au cinéaste en mars dernier.

L'écriture du Ozu est un énorme chantier qui n'en est encore qu'au tout début, mais on peut déjà lire ce qui devrait être le premier chapitre du livre dans le nouveau numéro de la revue L'Infini (n° 123 / Été 2013, Ed. Gallimard) qui arrive en librairie ces jours-ci.

C'est donc en pleine actualité éditoriale que, dans le cadre de ma résidence d'auteur, mardi 25 juin à 21h le cinéma "Art et Essai" Rex de Brive projettera Le goût du saké (Sanma no aji, 1962) (*), le dernier film d'Ozu, que je présenterai d'ailleurs brièvement au public. Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à venir...

(*) dans sa version restaurée en 2013 pour le 110e anniversaire de la naissance d'Ozu.

 (Photo : l'actrice Shima Iwashita dans Le goût du saké)

 

jeudi 13 juin 2013

Brive, Soupe de lecture

J'étais invité hier soir à une "Soupe de lecture" organisée par le Théâtre de la Grange de Brive.

Le lieu est situé sur les hauteurs de la ville, entre des petits immeubles récents, c'est une ancienne grange où a été installé à l'étage, sous la charpente apparente, une scène devant laquelle une cinquantaine de fauteuils à rabats montent jusqu'au toit.

Le principe de la "Soupe de lecture" est le suivant : les spectateurs qui le souhaitent viennent avec un livre de leur choix et descendent sur la scène en lire un passage. Ensuite, tout le monde va manger une soupe (en l'occurrence, mois de juin oblige, ce fut un gaspacho).

Ça a été pour moi une expérience étonnante et enrichissante, avec des lecteurs amateurs remarquables, très éloignés du jeu théâtral souvent excessif des comédiens professionnels. Il y a eu notamment des livres de Yourcenar, Walser, Duneton. J'ai lu moi aussi une dizaine de minutes (comme je n'avais pas amené de livre, j'ai lu sur l'écran du iPhone, aucune difficulté).

Le moment le plus curieux a été quand l'organisatrice de la soirée est descendue sur la scène à son tour et a choisi un de mes livres, qu'elle a lu magnifiquement : c'était la première fois que j'entendais lire ce texte à haute voix. De sorte que j'ai pu, enfin, le comprendre de l'extérieur, ce qui fut une grande leçon.

 

lundi 27 mai 2013

Brive, j'écris dans La Montagne

Retour à Brive en Corrèze pour la seconde partie de ma résidence d'auteur, les mois de juin et juillet, avec cette fois, en accompagnement des rencontres avec le public, quelque chose de nouveau pour moi : une chronique hebdomadaire dans la presse.

Le quotidien régional La Montagne, basé à Clermont-Ferrand, m'offre en effet dans son édition papier chaque mercredi un petit espace pour livrer mes impressions de résidence à Brive. Un grand merci donc à Eric P., chef d'agence du journal à Brive, et bien sûr à Myriam E. à la direction de la culture de la ville, grâce auxquels j'écris dans La Montagne.

Pendant ces deux prochains mois plusieurs rencontres publiques sont également prévues, les dates figurent sur l'affichette ci-dessous et sont récapitulées sur ma page Agenda.


 
 

dimanche 21 avril 2013

Brive, une couleur

Quand on vit dans une ville, qu'on marche chaque jour dans ses rues, on perçoit les choses sous une lumière particulière, la lumière de cette ville. 

À Brive, je suis surpris par la couleur de la pierre des édifices. Beaucoup de maisons du centre-ville, quelque soit leur époque, ont été construites dans le grès de la région. Ce grès a une couleur étonnante : c'est un beige très doux, tirant parfois légèrement vers le ocre, un beige beaucoup plus pale que la pierre jaune paille de Bordeaux au milieu de laquelle je vis habituellement. On me dit que cette pierre de la région de Brive s'appelle le brasier. La pierre de brasier est la couleur de la ville, la couleur de la vie ici, et j'écris donc sous sa douce influence.

(Photo : la maison Cavaignac, abritant les archives municipales)

 

mardi 9 avril 2013

Brive, un trésor du Musée Labenche

Je découvre peu à peu Brive, en appliquant mon programme habituel : lever tôt, écriture jusqu'à midi, déjeuner rapide, promenade l'après-midi. Et donc, hier après-midi j'ai visité le Musée Labenche, installé dans l'hôtel du même nom, un superbe édifice de la Renaissance.

C'est un beau musée régional qui contient des objets de différentes époques, notamment des silex ou des machoires d'animaux préhistoriques, des sculptures gallo-romaines (dont une Tête de Victoire et une Tête de Jupiter), des monnaies anciennes, des outils agricoles et mécaniques, de multicolores bénitiers en faïence, et même un portrait de l'abbé Dubois (bien connu des lecteurs du Duc de Saint-Simon). Un musée riche et assez vaste, réputé notamment pour sa collection unique de tapisseries du XVIIe siècle la manufacture anglaise de Mortlake.

Mais il y a un objet qui m'a semblé un trésor, c'est une tête sculptée, fin XVe début XVIe siècle, appelée La Bernardine. Elle est supposée avoir appartenu à un groupe de la Visitation et la description précise même qu'elle "représente peut-être la Vierge Marie". Au-delà de la perfection formelle de l'œuvre, la femme sculptée semble à la fois recueillie et souriante, elle sait quelque chose que personne d'autre ne sait et ce secret la protège. Son sourire est un mystère qui mérite qu'on se penche longuement sur lui.

 

mercredi 3 avril 2013

À Brive, en résidence d'auteur

Je suis depuis hier en résidence d'écrivain, auteur invité de la Mairie de Brive (Corrèze). Le programme s'appelle "Écrire à Brive" et l'hébergement attribué à l'auteur est le plus spacieux que j'aie jamais occupé.

C'est une maison de plain-pied au fond d'un petit terrain dans une rue calme à 5 minutes à pied du centre de Brive. Durant les semaines qui viennent, c'est ici que je vais vivre et ici que je vais écrire mon prochain roman. Petite visite des lieux...

(Salon, avec télévision)

(Cuisine, avec bouilloire et congélateur)

(Salle à manger, avec à l'autre bout un bureau et un ordinateur fixe)

Connexion Internet 15 Mbps avec wifi, imprimante laser, chauffage électrique, machine à laver, en tout quatre pièces dont une grande salle à manger bureau. Également beaucoup d'oiseaux devant la porte-fenêtre et un jardin qui commence à fleurir (les jonquilles sont arrivées), bref des conditions parfaites de travail pour un écrivain.

Détail intéressant, cette maison a été léguée à la ville par sa propriétaire, Alice H., qui souhaitait que le lieu devienne un endroit consacré aux livres. À l'occasion, il faudra écrire l'histoire supposée de cette femme et de sa décision : tout ce que j'ai, je le lègue aux livres.

 

samedi 14 avril 2012

Sérénité du Fuji

Mon mois de séjour au Japon dans le cadre des Missions Stendhal s'achève demain, et parmi trois cent mille souvenirs, ce que je garderai d'abord en tête, c'est le Mont Fuji.

Le Mont Fuji est magnifique, sa sérénité impressionne et suscite le respect. Je l'ai écrit dans le carnet au soir de sa découverte le long de la voie de Shinkansen : le Fuji ressemble à un immense Bouddha qui se serait assis au milieu de la plaine. Ce n'est pas une montagne, c'est un homme, le plus grand, le plus sage, qui a atteint une telle sérénité qu'il est devenu une montagne. Maintenant, il va falloir commencer à suivre son exemple.

 

samedi 7 avril 2012

L'expérience sakura

Littéralement, サクラ (sakura) signifie "cerisier", plus précisément prunus, cerisier ornemental (sans cerises), mais sakura c'est tout simplement cerisier en fleur.

Sans ses fleurs le cerisier n'existe pour ainsi dire pas, ce ne sont que des branches, et on attend les fleurs toute l'année, puis au printemps en quelques jours, quelques heures, elles arrivent, et là tout change. Voir les arbres en fleurs dans tout la ville, au bord des rails, des canaux, dans les parcs, au pied des maisons, dans des pots à l'angle des rues, entre les buildings, partout où on a planté des cerisiers, et on en a planté partout, c'est une expérience absolument incroyable. 

Tout le monde admire, tout le monde s'arrête pour photographier (un des rares moment où les japonais s'arrêtent de marcher), c'est comme un miracle, un miracle qui ne va durer que quelques jours, un événement magnifique, des sortes de lacs neigeux qui se détachent sur le bleu du ciel, et même une sorte de pergola de fleurs dans les allées comme au parc Ueno où ont été prises ces photos hier après-midi. Les gens s'installent sous les arbres pour pique-niquer, discuter, boire, rire, crier, faire la fête, c'est le hanami (admiration des fleurs). On dirait que le monde entier était mort et ressuscite soudainement. Dit autrement : pendant quelques jours, tous les morts ressuscitent sur les branches des arbres, puis le vent rend leur âme à la terre.

J'étais venu au Japon aussi pour voir les cerisiers en fleurs, la mort et la résurrection, cela fait aussi partie de mon projet. Je suis comblé.

 

mardi 3 avril 2012

Le grand vent de Tokyo

Depuis trois semaines que je suis ici, j'ai pu constater que Tokyo était une ville ventée, sans doute parce que côtière.

Certains jours il souffle même un grand vent dont la puissance est redoutable. Aujourd'hui par exemple on annonce en fin d'après-midi un vent de 85 km/h (avec pluie).

Le vent est alors tellement puissant que le trafic des trains express (les lignes JR) doit être suspendu momentanément, ce qui bloque à quai des centaines de milliers de passagers. Les lignes Yamanote ou Chuo-Sobu fermées, c'est un peu comme si à Paris les lignes du RER étaient toutes bloquées en même temps. Ce genre d'arrêt du trafic arrive régulièrement. Tout le monde s'adapte, l'information circule partout, à la fois dans les gares et sur les écrans plats installés dans les rames (entre deux spots de publicité), en japonais et en anglais, "Status : Delay; Cause : Wind", les voyageurs se rabattent sur les lignes de métro et prennent d'assaut les taxis (50.000 taxis dans la capitale certes, mais 12 millions d'habitants dans Tokyo centre).

Comme toujours au Japon, l'organisation impeccable gère les incidents et ça se passe très bien, mais on sent malgré tout, rien qu'avec ce grand vent de Tokyo, la violence des éléments naturels sur l'archipel, et comment ici l'être humain reste sans cesse sous leur menace.

MàJ 04/04/2012 : J'avais commencé l'écriture de ce billet sur le vent il y a quelques jours, mais ce que nous avons eu hier ici en fin d'après-midi et début de soirée a été une tempête jamais vue depuis un demi-siècle, avec des dégâts et des blessés.

 

mercredi 28 mars 2012

Tokyo et son métro

En général, les métros des grandes villes ne me font pas peur, mais j'appréhendais celui de Tokyo, et j'avais raison, il est étrange, il a sa logique; voilà ce que je crois avoir compris.

D'abord, et heureusement, toutes les stations sont affichées à la fois en japonais et en anglais, et généralement (mais pas toujours), les écrans qui indiquent dans la rame la prochaine station et le plan de la ligne sont eux aussi bilingues.

C'est un métro compliqué parce qu'il y a plusieurs réseaux entrecroisés : le réseau de la compagnie Tokyo-Metro, le réseau de la compagnie de métro Toei, le réseau des trains de banlieue de la compagnie JR, tous reliés par des passerelles de correspondance, certes, mais avec chacun leur tarif et leur portique. Dès qu'on change de compagnie, on repaie.

J'ai constaté aussi qu'on paie en fonction de la longueur du trajet, et si on n'avait pas payé assez on est bloqué à la sortie et on doit payer le supplément. Les tarifs sont assez élevés, de ¥150 à ¥300 (1,50 € à 3 €) le trajet, à multiplier par deux si on doit prendre une correspondance sur une autre compagnie, ce qui est fréquent puisqu'on jongle en permanence entre les réseaux Tokyo-Metro, Toei et JR. On peut dépenser facilement 10 € par jour de métro. Les cartes et abonnements sont adaptés aux tokyoïtes, mais pas aux visiteurs séjournant un ou deux mois. A chaque portique d'entrée et de sortie, il y a une guérite avec un contrôleur, prêt à renseigner, ou faire la monnaie (inutile car les distributeurs de tickets prennent les billets), ou encaisser le prix du ticket, le tout dans une logique d'aide et jamais de sanction car ici personne n'aurait l'idée de frauder.

Après quelques errances, j'ai compris qu'il faut identifier les lignes à leur lettre (généralement la première lettre du nom de la ligne) et à leur couleur (les rames elles-mêmes sont souvent peintes à la couleur de la ligne), mais surtout pas à leur numéro (le numéro indique le quai).

A part ça, le métro de Tokyo est partout d'une propreté incroyable, c'est un réseau très efficace, confortable, assez silencieux, avec une haute fréquence de trains (jamais plus de 5 minutes d'attente entre deux rames, 20 secondes aux heures de pointe), on s'y sent totalement en sécurité comme partout à Tokyo, et le personnel du métro est nombreux, disponible et d'une courtoisie au-delà du possible.

 

lundi 26 mars 2012

Tokyo, mouvement perpétuel

Après dix jours déjà passés à Tokyo dans le cadre des Missions Stendhal, ce que je ressens ici c'est une vie accélérée, démultipliée, c'est la capacité de faire deux à trois fois plus de choses dans une journée que si on vivait en France. Chaque journée tokyoïte contient 34 heures. Et d'abord, le jour se lève actuellement vers 5h du matin, donc à 7h la ville est déjà en pleine activité, les métros remplis (à l'heure de pointe les rames se suivent à 15 secondes les unes des autres, avec agents en nombre sur le quai pour vérifier qu'il n'y a pas d'incident), et tout fonctionne comme une montre suisse. Le Japon lui-même fonctionne comme une montre suisse.

Il y a d'abord l'extraordinaire courtoisie, politesse, ouverture aux étrangers, des japonais, particulièrement des tokyoïtes. Un simple sumimasen (excusez-moi) pour demander un renseignement et le premier japonais venu va se mettre en dix pour vous aider.

Il y a aussi dans la rue la rapidité et la fluidité de la foule, tout le monde est concentré, tout le monde marche vite. Partout on s'active, on fait son travail, et avec une conscience professionnelle exemplaire, et toujours le respect d'autrui. C'est probablement le lieu rêvé pour qui veut passer son temps à travailler, ce qui est mon cas, dormir le moins possible et utiliser le maximum d'heures à essayer de modifier la réalité.

Il y a aussi la technologie, les trains de banlieue modernes, propres, et jamais en retard de plus de 3 ou 4 secondes. Les trains japonais sont des horloges, encore plus exacts que l'étaient jadis les trains français.

Tokyo est une ville pour hyper-citadins, mais pas une ville inhumaine, elle est technique et hyper-organisée aux endroits où il le faut, mais elle est aussi supportable, avec tous ces mini quartiers à l'intérieur des quartiers, ces villages dans la ville, en plein centre, petites maisons éparpillées entre les immeubles modernes, et petites rues étroites perpendiculaires aux avenues. L'urbanisation semble anarchique, elle est seulement diverse, vivante, les logements ont poussé au hasard, et tant mieux. Tokyo n'est pas une ville en hauteur mais une ville en largeur, incroyablement étendue, environ 37 millions d'habitants sur une superficie de 600 km2.

Il y a aussi les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoïstes, que l'on trouve presque dans chaque quartier, parfois de tous petits sanctuaires, points de recueillement et de méditation au milieu de la ville.

Et il y a également les jardins, sans doute encore plus nombreux qu'à Paris, parfois immenses, de vraies petites forêts. On y entre et immédiatement c'est le silence, à l'exception des oiseaux (il y a dans le jardin d'Hibiya un arbre qui semble cacher dix mille oiseaux). Il ne s'agit même pas de beauté, il s'agit d'évidence.

Tokyo ne dort jamais (même si beaucoup de tokyoïtes dorment pendant les trajets en métros et trains de banlieue), toutes les supérettes de quartiers, les célèbres konbini, sont ouvertes 24h sur 24, et bien sûr les dimanches et jours fériés. Tokyo est un mouvement perpétuel, je pense que pour un écrivain c'est ici qu'il faut vivre ou écrire, en français ou dans n'importe quelle langue, mais pour moi ce sera le français parce que c'est la langue que je connais le mieux.

Pour les curieux, chaque jour je poste vite fait sur Twitter des petits polaroïds Instagram du Japon.

(Photos : le sanctuaire Meiji, le quartier Marunouchi, le quartier Fukagawa, le parc d'Hibiya)

 

mardi 20 mars 2012

Printemps

Aujourd'hui est un jour férié au Japon : Shunbun no hi, la fête de l'équinoxe, qui marque le début du printemps, et j'ai vu mes premiers arbres en fleurs (des pruniers).

(Photo prise au sanctuaire Yushima Tenjin de Tokyo, le 20 mars 2012)

 

samedi 17 mars 2012

Premier contact avec le Japon

Atterrissage à l'aéroport de Tokyo-Narita hier et premier contact avec le Japon pour ma Mission Stendhal.

Dans le train Narita Express qui rejoint la gare de Tokyo, je peux me consacrer à mon sport favori : photographier le paysage traversé et très vite j'aperçois ces petits hameaux de maisons, récentes mais modestes, qui toutes ont le même toit caractéristique.

Dès qu'on approche de Tokyo, beaucoup d'immeubles, jamais très hauts, une vingtaine d'étages au maximum, au-dessus desquels se détache la nouvelle tour de la ville, le Tokyo Sky Tree, immense flèche grillagée.

Enfin, après m'être mesuré au Métro de Tokyo, qui m'a mis K.O, j'arrive non loin du quartier de Kagurazaka où je suis installé. C'est très calme, relativement peu de voitures, beaucoup de piétons et beaucoup de vélos.

Je découvre un pays où tout est précis, clair, organisé, logique, efficace, bref un pays de rêve. Quant aux quelques japonais que j'ai rencontré jusqu'ici, ils sont d'une gentillesse et d'un dévouement pour le touriste tout simplement incommensurables.

 N.B. : Je twitte aussi des photos rapides une ou deux fois par jour.

 

dimanche 3 juillet 2011

Villa Marguerite Yourcenar, journal de résidence (extrait)

Pour les curieux, voici quelques lignes extraites de mon journal de résidence à la Villa Marguerite Yourcenar; appelons ça Un mois au Mont Noir :

"02.VI.2011

Très beau soleil et ciel bleu, sans nuages véritables.

Je me suis levé à 7h après une nuit entrecoupée de réveils dus à un mal de tête tenace lui-même consécutif sans doute à la fatigue du voyage. Je me rappelle m'être réveillé vers 4h puis rendormi vers 5h peu de temps après avoir entendu quelqu'un se lever, sans doute J. puisqu'il nous a dit qu'il se levait très tôt chaque matin. J'ai ensuite fait de très intéressants rêves entre 5h et 7h qui m'ont fatigué encore un peu plus.

Après le petit déjeuner, je monte immédiatement travailler. Le soleil éblouit la pièce. Plein de verdure tout autour de la fenêtre. Je cherche, je trouve un peu, sans plus. Je m'assois dans le grand fauteuil magnifique pour réfléchir et il m'aide beaucoup. Vers midi, je vais marcher pour la première fois dans le parc.

Après le déjeuner, travail à nouveau. J'erre un peu puis je trouve une très intéressante voie. On verra demain où elle mène.

Vers 16h, heureux, épuisé, je laisse mes pieds m'entraîner où ils veulent, je vais marcher le long de la route qui mène au village le plus proche et je trouve un hameau à quinze minutes à peu près, côté belge, avec beaucoup de petits magasins détaxés. Dès que je l'aperçois en contrebas, je fais demi-tour, je voulais seulement le localiser.

Encore une petite promenade dans le parc où je repère un grand arbre avec des racines monstrueuses, comme si son tronc devenait à la base une immense araignée.

Journée pleine de feuillages et de soleil, de ciel bleu et surtout d'oiseaux. Ils sont ici chez eux, et de toutes sortes, invisibles mais avec des chants tous différents, envahissants même les fenêtres fermées."

À suivre.

 

lundi 20 juin 2011

Les silex de la Villa Yourcenar

Sur les chemins du parc de la Villa Yourcenar, j'ai trouvé de très beaux silex.

La métaphore peut sembler facile, mais tout de même les faits sont là : d'une part, le Mont Noir contient des silex que l'érosion éclate et qui donnent ces pierres naturellement coupantes et dont l’entrechoc répété par une main humaine crée des étincelles; d'autre part, ici à la Villa, on écrit très bien; le calme, le confort, la solitude, le respect absolu du travail de l'auteur par les organisateurs, sont parfaits. C'est ici qu'il faut être. Je crois que je pourrais y rester 6 mois et y écrire pendant 6 mois.

 

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