CE MÉTIER DE DORMIR

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

résidences

Fil des billets

mardi 2 septembre 2014

À Saint-Florent-le-Vieil, en résidence à la Maison Julien Gracq

Tout le mois de septembre, je suis en résidence d'auteur à la Maison Julien Gracq (en partenariat avec Écla). 

Il s'agit de la maison qu'a habité toute sa vie l'auteur du Rivage des Syrtes, à Saint-Florent-le-Vieil (49), et qu'il a léguée par testament à la commune. Le lieu a été transformé en résidence d'écrivain et est composé de la maison proprement dite, où habitent les auteurs, et, en contrebas, du "Grenier à sel" qui regroupe des salles de conférence et d'exposition ainsi que la (future) bibliothèque.

La Maison Julien Gracq est dirigée par Cathie Barreau qui, étant auteur elle-même, a su créer des conditions parfaites pour l'écriture. En résumé : environnement très silencieux, trois appartements pour les auteurs avec dans chacun une cuisine (four à micro-ondes, plaques vitro-céramiques, réfrigérateur, bouilloire), une salle de bain (ballon d'eau chaude individuel), et une chambre (avec dressing). Également trois grandes pièces de travail avec dans chacune une vue magnifique sur la Loire (la maison est à 50 mètres du fleuve et le surplombe légèrement), au rez-de-chaussée une grande cuisine commune et un salon, au sous-sol une machine à laver et un sèche-linge, ainsi que dans tout le bâtiment une connexion Internet très performante (20 Mbits/s). En revanche, il n'y a aucune télévision dans la résidence (pour la regarder, il faut utiliser Internet et la diffusion en ligne des chaînes). Tout autour de la maison, enfin, il y a un grand jardin sauvage et même un potager.

Quelques photos des lieux :

(appartement, chambre)

(appartement, séjour/cuisine)

(une des pièces de travail avec vue sur la Loire)

(carreaux en béton peint sur le sol de l'entrée)

(Saint-Florent-le-Vieil, les bords de Loire au bas de la Maison Julien Gracq)

J'ai hâte de découvrir ce que je vais réussir à écrire dans ce lieu, qui sera sans nulle doute très différent des textes de Julien Gracq. J'ai l'intuition que la clé de l'écriture ici c'est la Loire, vivre et écrire au bord de l'eau, le long de ce fleuve au tracé si changeant. À suivre...

  

samedi 5 octobre 2013

Chalet Mauriac, journal de résidence (extrait)

Ma résidence au Chalet Mauriac avec Écla et la Région Aquitaine s'est achevée (trop tôt).

Ça a été un séjour idyllique, dans un très bel endroit, la maison où François Mauriac a passé son enfance à Saint-Symphorien (Gironde), rénovée et remeublée, avec une forêt en guise de jardin, des conditions de vie et de travail parfaites, et un absolu respect de l'auteur et de ses souhaits par l'équipe d'ECLA et du Chalet. Un grand merci à Aimée A., Alain H., Chantal D., ainsi qu'à Corinne C et Olivier D. P. Sans oublier mes camarades résidents : Guillaume Hillairet, Virginie Lydie, Emmanuelle Samson, et Guillaume Trouillard.

Ci-dessous un extrait de mon journal de résidence :

"05.IX.2013

En début d'après-midi, Aimée nous emmène chez des gens qui habitent à une dizaine de kilomètres de Saint-Sym, au bout du bout d'un bourg appelé Le Tuzan. Après la départementale, on oblique à gauche et on doit rouler de longues minutes sur une route moins large que la voiture, et qui serpente entre les pins maritimes et la lande. La maison est entourée de petites granges en bois, j'en compte au moins trois, et devant il y a un airial qui forme une clairière étrange, sans doute jadis un lieu de sorcières nous dira en riant la femme qui nous accueille avec son mari. Le couple a longtemps élevé des moutons ici, ils étaient arrivés de la ville dans le prolongement des années 1968, des jeunes intellectuels (avant sa retraite, elle était professeur agrégée). Passionnant échange. Ils nous parlent de beaucoup de choses, du monde d'avant les pins, la Grande-Lande étudiée par Félix Arnaudin, et ce qui en a survécu, de leur vie ici aujourd'hui, de la désertification suivie de l'arrivée de néo-ruraux, des résiniers, de l'isolement (mais à la vue de leur boitier posé sous la télévision, je note que même ici ils ont une connexion Internet haut-débit). Ils nous racontent aussi les trous d'eau dans la lande, capables de faire disparaître un tracteur dans la nuit, trous dans lesquels les suicidaires viennent s'allonger pour mettre fin à leurs jours plutôt que se pendre comme partout ailleurs à la campagne. Le couple nous sert aussi un Armagnac de 1993, dans une énorme bouteille de verre blanc avec un morceau de bois coulé au fond. Nous parlons encore et ils nous donnent beaucoup d'autres informations très importantes qui me reviendront sûrement un jour à la mémoire, le moment venu."

 

mardi 24 septembre 2013

Chalet Mauriac, écrire matin et soir

Je continue mon séjour sans soucis au Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien, et l'endroit se révèle très productif, le roman avance bien.

J'ai vite adopté mon régime de croisière : lever 6h30, travail dans ma chambre jusqu'à 12h30, déjeuner dehors au soleil avec mes quatre collègues résidents, discussions et café prolongé jusqu'à 14h30, puis promenade solitaire dans le parc, ensuite courses, Poste, et autres affaires courantes, 17h lecture, 19h30 dîner avec tout le monde mais à l'intérieur (en lisière de la forêt le frais tombe avec le crépuscule), 21h30 retour à la chambre et écriture du carnet, coucher tôt. C'est ce qui s'appelle écrire matin et soir, autant dire la vraie vie...

(Pour ceux que ça intéresse, je mets en ligne chaque jour deux ou trois clichés du coin sur ma page Instagram)

 

lundi 2 septembre 2013

Chalet Mauriac, chênes, fougères et criquets à ailes bleues

Autour du Chalet Mauriac s'étend un immense parc qui fait lui-même partie, comme toute la commune de Saint-Symphorien, du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.

Tout au bout du domaine se trouve une belle allée de chênes. Je viens marcher là au moins deux ou trois fois par jour, et c'est un merveilleux moment de liberté parce que cette allée sablonneuse décrit un cercle, et au centre de ce cercle se trouve une mer de fougères.

À l'extérieur du périmètre commence une forêt impénétrable, et comme le parc du Chalet n'est pas clôturé, j'ai déjà pu apercevoir un chevreuil. Je croise aussi pendant ma promenade des écureuils, très rares ou plutôt très discrets, des pies, des milans, des pic-verts (je les entends), et surtout de merveilleux criquets dissimulés sur le sol par leur couleur beige (ils sont homochromes). À mesure qu'on avance sur le chemin, les criquets jaillissent de nulle part et font des sauts de plusieurs mètres. Leurs ailes tournent comme des pales d'hélicoptères. Et ces ailes ont des reflets bleus. Appelons donc ce parc une sorte de paradis...

 

mardi 27 août 2013

À Saint-Symphorien, en résidence d'auteur au Chalet Mauriac

Je suis depuis hier en résidence d'auteur au Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien (Gironde) avec Écla, l'agence du livre en Aquitaine.

Le Chalet Mauriac est une "arcachonnaise" typique, construite sur le modèle des villas de la Ville d'Hiver d'Arcachon. La mère de François Mauriac a fait bâtir la maison à la fin du XIXe siècle et l'auteur y a passé toutes ses vacances durant l'enfance et l'adolescence. Le bâtiment a été racheté par la Région Aquitaine en 2001 puis peu à peu rénové et finalement inauguré en avril 2013. Autour du Chalet, il y a un parc de 10 hectares qui mène jusqu'au début de la forêt des Landes.

Je séjourne ici avec quatre autres résidents : Emmanuelle Samson (plasticienne), Guillaume Hillairet (web créateur), Guillaume Trouillard (auteur de BD) et Virginie Lydie (romancière).

Les conditions d'accueil et de confort sont plus que parfaites, avec un juste équilibre entre préservation du patrimoine et mobilier contemporain. Pour résumer : connexion Internet 5 Mbps avec wifi, cuisine avec bouilloire, grille-pain, friteuse, congélateur et lave-vaisselle de collectivité, salle de visionnage avec grand écran et iMac, télévisions HD dans les chambres, lave-linge et sèche-linge, vélos électriques. Sans oublier un accueil et une disponibilité permanente et chaleureuse de la part de la petite équipe qui gère le Chalet au quotidien.

Quelques photos de l'intérieur :

(entrée avec des faïences de Vieillard incrustées au milieu de boiseries en pin)

(chambre avec lit-bureau et salle de bain privée)

(cuisine)

(la terrasse en façade)

Je suis donc là pour 40 jours de travail, écriture, marche dans les bois, lecture, discussions et croisements de réflexion avec des artistes pluri-disciplinaires. Et une grande émotion de me trouver là où Mauriac, le romancier et l'intellectuel, a vécu jeune et découvert sa vocation d'écrivain.

[ portrait : © Catherine Hélie / Gallimard ]

 

samedi 20 juillet 2013

Brive, journal de résidence (extrait)

Fin de ma résidence d'auteur à Brive, il s'y est passé mille choses, notamment dans mon écriture.

Vraiment un très grand merci à Myriam E., Guillaume D., Marie- Paule D., Amandine B., Bernard D., Philippe B., Eric P., et aussi bien sûr tous les agents de la ville de Brive, pour l'accueil absolument parfait durant ces trois mois.

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit extrait de mon journal de résidence, pris au hasard :

"06.VI.2013

Ce matin, sans que je comprenne pourquoi, j'ai réussi à avancer sur le texte, notamment le chapitre final. Bien sûr, c'est peut-être faible, trop extérieur, pas assez habité dans le flux, mais au moins j'ai écrit quelque chose, j'ai repris contact avec l'écriture, même en balbutiant. En fin de matinée, j'ai vu pénétrer dans le jardin un homme genre agent municipal qui se dirigeait vers ma porte d'entrée, suivi d'un second. Ils ont sonné, par politesse j'ai ouvert. C'étaient des électriciens de la mairie chargés de faire l'inventaire des bâtiments de la ville. Ils avaient la résidence d'auteur sur leur liste, sans savoir ce qu'elle abritait. Ils m'ont demandé : C'est quoi ici ? Je leur ai expliqué. Ils étaient surpris. Ils ont été voir le panneau électrique, ont vérifié la mise à la terre de toutes les prises, et la présence ou non d'une machine à laver dans la salle de bain (interdit à moins de 60 cm de la douche). Ça a duré un quart d'heure. Puis ils sont repartis. Ils avaient l'air satisfaits. Cet après-midi, promenade et achat aux Trois-Épis d'une grande enveloppe kraft pour l'envoi d'un dossier. Retour par le boulevard périphérique, le long des arbres dont les branches taillées forment une coupole par-dessus la chaussée. Puis lecture, dîner, télé, carnet, coucher."

 

jeudi 20 juin 2013

Brive, Ozu en Corrèze

Pendant ma résidence d'auteur à Brive, j'ai travaillé sur un roman autour de la vie du cinéaste japonais Yasujirô Ozu (1903-1963).

Ce roman sur Ozu est un travail démarré en 2011 et pour lequel j'ai obtenu une Mission Stendhal de l'Institut Français qui m'a permis de séjourner au Japon en mars et avril 2012. J'ai d'ailleurs commencé à évoquer ce projet Ozu dans l'émission Une vie, une œuvre que France-Culture a consacré au cinéaste en mars dernier.

L'écriture du Ozu est un énorme chantier qui n'en est encore qu'au tout début, mais on peut déjà lire ce qui devrait être le premier chapitre du livre dans le nouveau numéro de la revue L'Infini (n° 123 / Été 2013, Ed. Gallimard) qui arrive en librairie ces jours-ci.

C'est donc en pleine actualité éditoriale que, dans le cadre de ma résidence d'auteur, mardi 25 juin à 21h le cinéma "Art et Essai" Rex de Brive projettera Le goût du saké (Sanma no aji, 1962) (*), le dernier film d'Ozu, que je présenterai d'ailleurs brièvement au public. Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à venir...

(*) dans sa version restaurée en 2013 pour le 110e anniversaire de la naissance d'Ozu.

 (Photo : l'actrice Shima Iwashita dans Le goût du saké)

 

jeudi 13 juin 2013

Brive, Soupe de lecture

J'étais invité hier soir à une "Soupe de lecture" organisée par le Théâtre de la Grange de Brive.

Le lieu est situé sur les hauteurs de la ville, entre des petits immeubles récents, c'est une ancienne grange où a été installé à l'étage, sous la charpente apparente, une scène devant laquelle une cinquantaine de fauteuils à rabats montent jusqu'au toit.

Le principe de la "Soupe de lecture" est le suivant : les spectateurs qui le souhaitent viennent avec un livre de leur choix et descendent sur la scène en lire un passage. Ensuite, tout le monde va manger une soupe (en l'occurrence, mois de juin oblige, ce fut un gaspacho).

Ça a été pour moi une expérience étonnante et enrichissante, avec des lecteurs amateurs remarquables, très éloignés du jeu théâtral souvent excessif des comédiens professionnels. Il y a eu notamment des livres de Yourcenar, Walser, Duneton. J'ai lu moi aussi une dizaine de minutes (comme je n'avais pas amené de livre, j'ai lu sur l'écran du iPhone, aucune difficulté).

Le moment le plus curieux a été quand l'organisatrice de la soirée est descendue sur la scène à son tour et a choisi un de mes livres, qu'elle a lu magnifiquement : c'était la première fois que j'entendais lire ce texte à haute voix. De sorte que j'ai pu, enfin, le comprendre de l'extérieur, ce qui fut une grande leçon.

 

lundi 27 mai 2013

Brive, j'écris dans La Montagne

Retour à Brive en Corrèze pour la seconde partie de ma résidence d'auteur, les mois de juin et juillet, avec cette fois, en accompagnement des rencontres avec le public, quelque chose de nouveau pour moi : une chronique hebdomadaire dans la presse.

Le quotidien régional La Montagne, basé à Clermont-Ferrand, m'offre en effet dans son édition papier chaque mercredi un petit espace pour livrer mes impressions de résidence à Brive. Un grand merci donc à Eric P., chef d'agence du journal à Brive, et bien sûr à Myriam E. à la direction de la culture de la ville, grâce auxquels j'écris dans La Montagne.

Pendant ces deux prochains mois plusieurs rencontres publiques sont également prévues, les dates figurent sur l'affichette ci-dessous et sont récapitulées sur ma page Agenda.


 
 

- page 2 de 4 -