CE MÉTIER DE DORMIR

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résidences

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dimanche 1 novembre 2015

Jérusalem, journal de résidence (extrait)

Ma résidence de deux mois à Jérusalem vient de se terminer.

Ça a été extraordinaire de découvrir pour la première fois Israël et Jérusalem, un grand merci à l'équipe de l'Institut Français Centre Romain Gary, aux personnes du Consulat Général, aux professeurs du Lycée Français de Jérusalem, à la libraire française Vice-Versa, à mes nouveaux amis israéliens, sans oublier les pères dominicains de l'École Biblique et Archéologique Française qui m'ont accueilli, hébergé et nourri en discutions érudites, archéologiques, historiques et théologiques.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"06.IX.2015

Marche jusqu'à l'hôtel King David. Sur le chemin, je suis abordé par un israélien qui me demande sa route en hébreu. Surprise. Je lui réponds "Sorry, I'm french", il sourit en comprenant. Ballade dans le petit jardin derrière le King David. En sortant du jardin, une femme qui est au téléphone s'approche et me pose une question en hébreu, probablement à propos du jardin car elle le désigne du doigt. Même réponse, elle rit, s'excuse. On me prend pour un local, ça ne m'était encore jamais arrivé à l'étranger, sauf à Venise. Marche ensuite vers le sud de la ville puis remontée le long des grandes avenues modernes, Keren HaYesod puis Gershon Agron jusqu'à Mamilla. Enfin, je fais le tour de la vieille ville le long des murailles côté Tour de David et je passe par la porte de Sion. Je descends presque jusqu'à la porte des Immondices puis j'oblique à gauche et j'entre dans le quartier juif, très beau, très lumineux. Je traverse par le souk et ressors de la vieille ville par la porte de Damas.

Au dîner, Emile P. raconte un repas qui a eu lieu ici-même, dans le réfectoire où nous mangeons, il y a une trentaine d'années, et où il était entouré de Jean B. et Samuel N. K., qui se connaissaient bien et s'estimaient, les deux sommités mondiales de la recherche sumérienne en compagnie du déjà spécialiste mondial de Qumran. P. ajoute qu'il était très ami avec B. et sa femme et qu'à chacun de ses passages en France ils le recevaient chez eux, et c'était toujours B. qui faisait la cuisine car c'était un grand cuisinier.

Couché tôt, cris et klaxons dans la rue, rugissement des motos sur le boulevard qui longe le tramway, sirènes lancinantes des ambulances au loin."

(Photo : la vue sur Jérusalem depuis le Musée de la Tour de David)

 

dimanche 18 octobre 2015

La vie à Jérusalem

Après un mois et demi à Jérusalem, je découvre progressivement les endroits de la ville où j'aime aller.

J'aime bien sûr le Kotel et toute la partie juive de la vielle ville, si calme, si belle, avec ses sinueuses ruelles d'arcades, labyrinthe immaculé, ainsi que les parties arménienne, orthodoxe et chrétienne, colorées, aérées, pacifiques et discrètes. Et surtout la partie ouest de Jérusalem, Yaffo tout le long du tramway (le même modèle qu'à Bordeaux), le marché de Mahane Yehuda et son quartier, l'ancienne gare ottomane et Emek Refaïm, et également Mea Scharim, le quartier des "haredim" (ultra-orthodoxes).

Jérusalem est une des villes les plus exaltées dans lesquelles j'ai jamais résidé et dans le même temps une des plus conviviales (tutoiement rapide) et enthousiastes, une ville versatile, fébrile (la conduite au klaxon) puis soudain apaisée, une métropole où les passants marchent lentement, une ville libre et tolérante (mais si), tout cela à la fois, avec en outre une météo de rêve à l'automne (25° à 30°c).

Certes, il y a ici un peu trop de religions pour moi, mais finalement chacun vit au fond de lui-même la religion comme il le souhaite, et, en ce qui me concerne, sans religion je me demande bien comment je parviendrais à commettre des péchés (sans péchés pas d'Art, sans Art pas de libération).

NB : une petite interview accordée au site IsraPresse dans laquelle j'évoque aussi la vague d'attentats qui frappe actuellement la ville : "L'écrivain MP découvre Jérusalem".

 

jeudi 3 septembre 2015

À Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français Centre Romain Gary

Je suis arrivé hier soir en Israël pour un séjour de deux mois à Jérusalem, en résidence d'auteur avec l'Institut Français de Jérusalem (Centre Romain Gary).

Je suis hébergé à l’École Biblique et Archéologique Française, celle-là même qui a créé la Bible de Jérusalem (sans doute ma traduction préférée de la Bible). Ci-dessous, quelques photos des lieux, le couvent dominicain Saint-Étienne, situé près de la vieille ville.

Au programme de ces deux mois : vivre à Jérusalem, lire à Jérusalem, dormir à Jérusalem, écrire à Jérusalem...

(Comme d'habitude, tous les jours je mettrai en ligne sur Instagram des instantanés photographiques de ma résidence)

 

samedi 25 avril 2015

Fondation des Treilles, journal de résidence (extrait)

Mon séjour à la Fondation des Treilles, à Tourtour dans le Var, vient de s'achever.

Ça a été deux mois magnifiques, avec beaucoup d'avancées littéraires, de rencontres intellectuelles et de bouleversements divers. Le lieu, avec son cadre méditerranéen d'oliviers, de cyprès et de pins, est de toute beauté, et les personnes qui travaillent ici sont fantastiques, une disponibilité et une gentillesse absolues, bref de quoi travailler au-delà de ce qui paraissait possible avant.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"28.III.2015

Tout à l'heure, en me promenant dans le silence et le calme du samedi, j’ai soudain croisé un chevreuil. Il était au bas à flanc de coteau et j’arrivais sur la route proche, il a bondi pour grimper, seule voie libre pour lui, mais la pente était si raide qu’il s’est arrêté au bout d’un bond et s’est retourné pour voir qui j’étais. Dès la seconde où il avait bougé en me tournant le dos pour grimper, je m’étais figé et je suis resté immobile. Alors le chevreuil, magnifique, a regardé dans ma direction il a plongé ses yeux dans les miens mais j’étais absolument immobile et je l’observais. Je l’admirais. Il était si beau, si libre, avec son poil roux, ras, ses minuscules bois sur la tête, ses pattes fines, ses flancs musclés, la majesté de sa tête, ses yeux, son cou, on aurait dit une grande antilope. Je l’ai regardé longuement pendant qu’il me regardait lui aussi, ne parvenant pas à voir un danger dans ce qui n’était qu’un bloc fixe avec un blouson vert clair et des lunettes de soleil, une statue de marbre patinée par le temps, recouverte par la mousse et la poussière des saisons passées. Je savais que si je bougeais le chevreuil partirait et je ne pourrais plus m’extasier devant sa beauté et sa liberté, je savais que si je trahissais mon admiration par le moindre mouvement, aussi humain et aussi sincère soit-il, il bondirait et disparaîtrait. Mais j’ai dû finir par bouger, je ne suis pas une statue, je ne suis pas un mort, et le chevreuil s’est enfui, grimpant en deux sauts extraordinaires le reste de la pente et disparaissant sous les arbres."

 

jeudi 26 mars 2015

La magie des Treilles

La semaine dernière, discutant avec une des personnes qui travaillent ici, je m'extasie sur le fonctionnement perpétuellement parfait des choses, et elle me répond aussitôt en souriant : "Oui, c'est la magie des Treilles". Elle ne plaisantait qu'à moitié, les Treilles sont un lieu presqu'en dehors du monde rationnel.

Il y a l'animation et l'énergie permanente de cette mini-ville, la présence quasi-continue de scientifiques en séminaires, notamment des biologistes, et la trace de tous ceux déjà passés ici (dont plusieurs prix Nobel). Il y a aussi le rayonnement mystérieux des œuvres d'art et des documents très particuliers abrités par la bibliothèque. Il y a enfin la topographie, un ensemble de collines culminant à 600 mètres, avec la perfection paysagère, oliviers, cyprès et pins, et la présence des animaux, chevreuils, sangliers, écureuils, salamandres et moutons, carpes koï et rouges-gorges. Sans parler des conditions d'accueil et de la disponibilité divines offertes aux invités.

Et donc des choses se passent, des théories se bâtissent, des virages se négocient, des rencontres interviennent, des échanges se font, des décisions très chinoises se prennent, et toutes sont plus incroyables les unes que les autres. La magie des Treilles opère sur moi comme sur tous ceux qui séjournent ici. Plus de détails dans les mois et les années qui viennent... 

 

mardi 24 février 2015

À Tourtour, en résidence d'auteur à la Fondation des Treilles

Je suis arrivé hier à la Fondation des Treilles, en Provence, où je suis accueilli pour une résidence d'auteur de deux mois.

La Fondation des Treilles a été créée en 1964 par la mécène Anne Gruner Schlumberger (1905-1993), notamment pour "encourager et favoriser la création dans les domaines des sciences, des lettres et des arts", et est située sur la commune de Tourtour (Var).

Il serait trop long d'entrer dans les détails, je dirai seulement que le lieu est plus que magnifique et que les conditions d'accueil des résidents sont tout bonnement parfaites.

(J'essaierai de faire chaque jour des instantanés photographiques du lieu, à suivre ici : https://instagram.com/marcpautrel)

 

lundi 29 septembre 2014

Maison Julien Gracq, journal de résidence (extrait)

Ma résidence d'auteur à la Maison Julien Gracq, en partenariat avec Écla, vient de s'achever.

J'ai donc passé le mois de septembre à Saint-Florent-le-Vieil, dans la maison qu'a occupé toute sa vie Julien Gracq et qu'il a légué à la commune en demandant expressément qu'elle n'abrite pas un musée mais au contraire un lieu de résidence pour les auteurs. Grâce à sa situation en bord de Loire et grâce à l'organisation sans faille de la directrice de la maison, Cathie Barreau, et son assistant Etienne B., et même si la comparaison entre les différents lieux est difficile, la Maison Julien Gracq est, parmi toutes les résidences que j'ai fréquenté jusqu'ici, une des plus confortables et propices au travail.

On marche longuement au bord de la Loire, sur un chemin auquel la commune a donné le nom du romancier, on croise les "plates", ces barques à fond plat, ou les "gabarres", ces petits bateaux de marchandise, et aussi les pêcheurs, parfois plus immobiles que des pierres, ainsi que les hérons cendrés qui lentement vont et viennent d'une rive à l'autre. On escalade les rues jusqu'au Mont-Glonne qui au sommet de la ville abrite l'abbaye mauriste dans laquelle un centre culturel, un amphithéâtre, un cinéma, des salles et des salles d'exposition de conférences, ont remplacé les religieux. On redescend, on fait quelques courses à l'hypermarché en limite de ville, puis retour pour lire dans un des immenses appartements ou un des grands bureaux de travail avec canapé qui fait face à la Loire. Le soir, pas un bruit, et la commune de Saint-Florent est si paisible qu'elle éteint ses éclairages publics à 23h, de sorte que si on renverse la tête vers le ciel on voit de ses propres yeux, enfin, après des années de grande ville aveuglante, le velours de la Voie Lactée au milieu d'une voute remplie de milliards d'étoiles. Si l'écriture c'est des vacances, alors ici on passe de très grandes vacances.

Voici un court extrait de mon journal de résidence :

"09.IX.2014

Ce matin, écriture (lente). Cet après-midi, j'ai été marcher sur la Promenade Julien Gracq au bord de la Loire. J'étais à peine parti que je suis tombé sur une cinquantaine de personnes âgées en fauteuils roulants poussée chacune par un accompagnateur du même âge mais valide. Curieusement, ils avançaient à un bon rythme et j'ai dû vraiment forcer le pas pour pouvoir les dépasser. La promenade est assez longue mais finit par s'éloigner progressivement de la Loire pour la longer en parallèle à dix mètres de distance. Je me suis arrêté une ou deux fois pour prendre des photos et observer attentivement le paysage et aussitôt des bruits de conversation sont réapparus au loin et j'ai vu que les fauteuils roulants se rapprochaient à nouveau. Je devais repartir si je ne voulais pas être absorbé par cette petite foule. Déjà, tout à l'heure, en les dépassant, je m'étais retrouvé au milieu de toutes ces personnes âgées et j'avais remarqué comment ils m'avaient tous dévisagé avec surprise, se demandant qui j'étais et ce que je faisais parmi eux. Enfin, au bout de la promenade, je suis arrivé sur une route départementale peu fréquentée par les voitures et j'ai atteint presqu'aussitôt la commune de Notre-Dame du Marillais, qui jouxte Saint-Florent. Il y a là une église curieuse dont le clocher et la façade sont rayées de bandes horizontales sombres, comme le sont je crois les églises orthodoxes, et qui la fait ressembler à une grande guêpe de pierre."

 

vendredi 19 septembre 2014

Maison Julien Gracq, les bords de Loire

La Maison Julien Gracq étant construite devant les anciens quais de Saint-Florent-le-Vieil et surplombant légèrement la Loire, une résidence d'auteur ici, c'est, lorsque la météo le permet comme actuellement, une ballade permanente le long du fleuve, matin, midi et soir.

À cet endroit de son cours, comme elle est séparée en deux par la grande et verte Île Batailleuse qui fait face à Saint-Florent, la Loire est plus calme et moins large qu'ailleurs. Quelques "plates", des petits barques à fond plat, sont amarrées le long du rivage. Des hérons cendrés passent d'une rive à l'autre. Sur deux ou trois kilomètres, en amont et en aval du village, un chemin étroit mais aménagé (dénommé "Promenade Julien Gracq" depuis la disparition de l'écrivain) longe les eaux.

Avec l'été indien, c'est le parcours parfait pour un auteur qui vient d'écrire une ou deux heures et a besoin de remettre ses jambes en mouvement : de l'eau, des arbres, des poissons, des barques, des oiseaux, quelques cumulus au milieu du ciel bleu, et soudain les bords de Loire deviennent une vraie machine à écrire.

 

mardi 2 septembre 2014

À Saint-Florent-le-Vieil, en résidence à la Maison Julien Gracq

Tout le mois de septembre, je suis en résidence d'auteur à la Maison Julien Gracq (en partenariat avec Écla). 

Il s'agit de la maison qu'a habité toute sa vie l'auteur du Rivage des Syrtes, à Saint-Florent-le-Vieil (49), et qu'il a léguée par testament à la commune. Le lieu a été transformé en résidence d'écrivain et est composé de la maison proprement dite, où habitent les auteurs, et, en contrebas, du "Grenier à sel" qui regroupe des salles de conférence et d'exposition ainsi que la (future) bibliothèque.

La Maison Julien Gracq est dirigée par Cathie Barreau qui, étant auteur elle-même, a su créer des conditions parfaites pour l'écriture. En résumé : environnement très silencieux, trois appartements pour les auteurs avec dans chacun une cuisine (four à micro-ondes, plaques vitro-céramiques, réfrigérateur, bouilloire), une salle de bain (ballon d'eau chaude individuel), et une chambre (avec dressing). Également trois grandes pièces de travail avec dans chacune une vue magnifique sur la Loire (la maison est à 50 mètres du fleuve et le surplombe légèrement), au rez-de-chaussée une grande cuisine commune et un salon, au sous-sol une machine à laver et un sèche-linge, ainsi que dans tout le bâtiment une connexion Internet très performante (20 Mbits/s). En revanche, il n'y a aucune télévision dans la résidence (pour la regarder, il faut utiliser Internet et la diffusion en ligne des chaînes). Tout autour de la maison, enfin, il y a un grand jardin sauvage et même un potager.

Quelques photos des lieux :

(appartement, chambre)

(appartement, séjour/cuisine)

(une des pièces de travail avec vue sur la Loire)

(carreaux en béton peint sur le sol de l'entrée)

(Saint-Florent-le-Vieil, les bords de Loire au bas de la Maison Julien Gracq)

J'ai hâte de découvrir ce que je vais réussir à écrire dans ce lieu, qui sera sans nulle doute très différent des textes de Julien Gracq. J'ai l'intuition que la clé de l'écriture ici c'est la Loire, vivre et écrire au bord de l'eau, le long de ce fleuve au tracé si changeant. À suivre...

  

samedi 5 octobre 2013

Chalet Mauriac, journal de résidence (extrait)

Ma résidence au Chalet Mauriac avec Écla et la Région Aquitaine s'est achevée (trop tôt).

Ça a été un séjour idyllique, dans un très bel endroit, la maison où François Mauriac a passé son enfance à Saint-Symphorien (Gironde), rénovée et remeublée, avec une forêt en guise de jardin, des conditions de vie et de travail parfaites, et un absolu respect de l'auteur et de ses souhaits par l'équipe d'ECLA et du Chalet. Un grand merci à Aimée A., Alain H., Chantal D., ainsi qu'à Corinne C et Olivier D. P. Sans oublier mes camarades résidents : Guillaume Hillairet, Virginie Lydie, Emmanuelle Samson, et Guillaume Trouillard.

Ci-dessous un extrait de mon journal de résidence :

"05.IX.2013

En début d'après-midi, Aimée nous emmène chez des gens qui habitent à une dizaine de kilomètres de Saint-Sym, au bout du bout d'un bourg appelé Le Tuzan. Après la départementale, on oblique à gauche et on doit rouler de longues minutes sur une route moins large que la voiture, et qui serpente entre les pins maritimes et la lande. La maison est entourée de petites granges en bois, j'en compte au moins trois, et devant il y a un airial qui forme une clairière étrange, sans doute jadis un lieu de sorcières nous dira en riant la femme qui nous accueille avec son mari. Le couple a longtemps élevé des moutons ici, ils étaient arrivés de la ville dans le prolongement des années 1968, des jeunes intellectuels (avant sa retraite, elle était professeur agrégée). Passionnant échange. Ils nous parlent de beaucoup de choses, du monde d'avant les pins, la Grande-Lande étudiée par Félix Arnaudin, et ce qui en a survécu, de leur vie ici aujourd'hui, de la désertification suivie de l'arrivée de néo-ruraux, des résiniers, de l'isolement (mais à la vue de leur boitier posé sous la télévision, je note que même ici ils ont une connexion Internet haut-débit). Ils nous racontent aussi les trous d'eau dans la lande, capables de faire disparaître un tracteur dans la nuit, trous dans lesquels les suicidaires viennent s'allonger pour mettre fin à leurs jours plutôt que se pendre comme partout ailleurs à la campagne. Le couple nous sert aussi un Armagnac de 1993, dans une énorme bouteille de verre blanc avec un morceau de bois coulé au fond. Nous parlons encore et ils nous donnent beaucoup d'autres informations très importantes qui me reviendront sûrement un jour à la mémoire, le moment venu."

 

mardi 24 septembre 2013

Chalet Mauriac, écrire matin et soir

Je continue mon séjour sans soucis au Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien, et l'endroit se révèle très productif, le roman avance bien.

J'ai vite adopté mon régime de croisière : lever 6h30, travail dans ma chambre jusqu'à 12h30, déjeuner dehors au soleil avec mes quatre collègues résidents, discussions et café prolongé jusqu'à 14h30, puis promenade solitaire dans le parc, ensuite courses, Poste, et autres affaires courantes, 17h lecture, 19h30 dîner avec tout le monde mais à l'intérieur (en lisière de la forêt le frais tombe avec le crépuscule), 21h30 retour à la chambre et écriture du carnet, coucher tôt. C'est ce qui s'appelle écrire matin et soir, autant dire la vraie vie...

(Pour ceux que ça intéresse, je mets en ligne chaque jour deux ou trois clichés du coin sur ma page Instagram)

 

lundi 2 septembre 2013

Chalet Mauriac, chênes, fougères et criquets à ailes bleues

Autour du Chalet Mauriac s'étend un immense parc qui fait lui-même partie, comme toute la commune de Saint-Symphorien, du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.

Tout au bout du domaine se trouve une belle allée de chênes. Je viens marcher là au moins deux ou trois fois par jour, et c'est un merveilleux moment de liberté parce que cette allée sablonneuse décrit un cercle, et au centre de ce cercle se trouve une mer de fougères.

À l'extérieur du périmètre commence une forêt impénétrable, et comme le parc du Chalet n'est pas clôturé, j'ai déjà pu apercevoir un chevreuil. Je croise aussi pendant ma promenade des écureuils, très rares ou plutôt très discrets, des pies, des milans, des pic-verts (je les entends), et surtout de merveilleux criquets dissimulés sur le sol par leur couleur beige (ils sont homochromes). À mesure qu'on avance sur le chemin, les criquets jaillissent de nulle part et font des sauts de plusieurs mètres. Leurs ailes tournent comme des pales d'hélicoptères. Et ces ailes ont des reflets bleus. Appelons donc ce parc une sorte de paradis...

 

mardi 27 août 2013

À Saint-Symphorien, en résidence d'auteur au Chalet Mauriac

Je suis depuis hier en résidence d'auteur au Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien (Gironde) avec Écla, l'agence du livre en Aquitaine.

Le Chalet Mauriac est une "arcachonnaise" typique, construite sur le modèle des villas de la Ville d'Hiver d'Arcachon. La mère de François Mauriac a fait bâtir la maison à la fin du XIXe siècle et l'auteur y a passé toutes ses vacances durant l'enfance et l'adolescence. Le bâtiment a été racheté par la Région Aquitaine en 2001 puis peu à peu rénové et finalement inauguré en avril 2013. Autour du Chalet, il y a un parc de 10 hectares qui mène jusqu'au début de la forêt des Landes.

Je séjourne ici avec quatre autres résidents : Emmanuelle Samson (plasticienne), Guillaume Hillairet (web créateur), Guillaume Trouillard (auteur de BD) et Virginie Lydie (romancière).

Les conditions d'accueil et de confort sont plus que parfaites, avec un juste équilibre entre préservation du patrimoine et mobilier contemporain. Pour résumer : connexion Internet 5 Mbps avec wifi, cuisine avec bouilloire, grille-pain, friteuse, congélateur et lave-vaisselle de collectivité, salle de visionnage avec grand écran et iMac, télévisions HD dans les chambres, lave-linge et sèche-linge, vélos électriques. Sans oublier un accueil et une disponibilité permanente et chaleureuse de la part de la petite équipe qui gère le Chalet au quotidien.

Quelques photos de l'intérieur :

(entrée avec des faïences de Vieillard incrustées au milieu de boiseries en pin)

(chambre avec lit-bureau et salle de bain privée)

(cuisine)

(la terrasse en façade)

Je suis donc là pour 40 jours de travail, écriture, marche dans les bois, lecture, discussions et croisements de réflexion avec des artistes pluri-disciplinaires. Et une grande émotion de me trouver là où Mauriac, le romancier et l'intellectuel, a vécu jeune et découvert sa vocation d'écrivain.

[ portrait : © Catherine Hélie / Gallimard ]

 

samedi 20 juillet 2013

Brive, journal de résidence (extrait)

Fin de ma résidence d'auteur à Brive, il s'y est passé mille choses, notamment dans mon écriture.

Vraiment un très grand merci à Myriam E., Guillaume D., Marie- Paule D., Amandine B., Bernard D., Philippe B., Eric P., et aussi bien sûr tous les agents de la ville de Brive, pour l'accueil absolument parfait durant ces trois mois.

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit extrait de mon journal de résidence, pris au hasard :

"06.VI.2013

Ce matin, sans que je comprenne pourquoi, j'ai réussi à avancer sur le texte, notamment le chapitre final. Bien sûr, c'est peut-être faible, trop extérieur, pas assez habité dans le flux, mais au moins j'ai écrit quelque chose, j'ai repris contact avec l'écriture, même en balbutiant. En fin de matinée, j'ai vu pénétrer dans le jardin un homme genre agent municipal qui se dirigeait vers ma porte d'entrée, suivi d'un second. Ils ont sonné, par politesse j'ai ouvert. C'étaient des électriciens de la mairie chargés de faire l'inventaire des bâtiments de la ville. Ils avaient la résidence d'auteur sur leur liste, sans savoir ce qu'elle abritait. Ils m'ont demandé : C'est quoi ici ? Je leur ai expliqué. Ils étaient surpris. Ils ont été voir le panneau électrique, ont vérifié la mise à la terre de toutes les prises, et la présence ou non d'une machine à laver dans la salle de bain (interdit à moins de 60 cm de la douche). Ça a duré un quart d'heure. Puis ils sont repartis. Ils avaient l'air satisfaits. Cet après-midi, promenade et achat aux Trois-Épis d'une grande enveloppe kraft pour l'envoi d'un dossier. Retour par le boulevard périphérique, le long des arbres dont les branches taillées forment une coupole par-dessus la chaussée. Puis lecture, dîner, télé, carnet, coucher."

 

jeudi 20 juin 2013

Brive, Ozu en Corrèze

Pendant ma résidence d'auteur à Brive, j'ai travaillé sur un roman autour de la vie du cinéaste japonais Yasujirô Ozu (1903-1963).

Ce roman sur Ozu est un travail démarré en 2011 et pour lequel j'ai obtenu une Mission Stendhal de l'Institut Français qui m'a permis de séjourner au Japon en mars et avril 2012. J'ai d'ailleurs commencé à évoquer ce projet Ozu dans l'émission Une vie, une œuvre que France-Culture a consacré au cinéaste en mars dernier.

L'écriture du Ozu est un énorme chantier qui n'en est encore qu'au tout début, mais on peut déjà lire ce qui devrait être le premier chapitre du livre dans le nouveau numéro de la revue L'Infini (n° 123 / Été 2013, Ed. Gallimard) qui arrive en librairie ces jours-ci.

C'est donc en pleine actualité éditoriale que, dans le cadre de ma résidence d'auteur, mardi 25 juin à 21h le cinéma "Art et Essai" Rex de Brive projettera Le goût du saké (Sanma no aji, 1962) (*), le dernier film d'Ozu, que je présenterai d'ailleurs brièvement au public. Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à venir...

(*) dans sa version restaurée en 2013 pour le 110e anniversaire de la naissance d'Ozu.

 (Photo : l'actrice Shima Iwashita dans Le goût du saké)

 

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