CE MÉTIER DE DORMIR

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lundi 8 octobre 2007

Divers : signature de la pétition "Touche pas à mon ADN"

Pour information, j'ai signé hier la pétition "Touche pas à mon ADN" demandant au Parlement de ne pas autoriser le recours aux tests ADN pour prouver une filiation lors d'un regroupement familial. Cette association des mots "ADN" et "immigration" est à mes yeux purement et simplement raciste.

 

vendredi 28 septembre 2007

Ecrire un livre comme une apnée

Chloé Delaume vient de mettre en ligne ce qui sera peut-être le début de son futur roman, Le livre des morts (très bon titre, tibéto-égytien). Elle commente le rythme de l'écriture de ce nouveau livre :

"J'ignore encore comment organiser ces histoires. Je voudrais une apnée, tout de suite. Mais j'ai jusqu'à dimanche pour conclure avec ça [un autre chantier]."

Oui, une apnée. C'est comme ça que dans l'idéal il faudrait écrire les livres. Je l'ai fait une fois, fin 2006, pour un livre privé non publié. J'en avais parlé ici. Le problème, c'est que dans mon cas le résultat est inégal.


Construire un livre, c'est l'enfer, purement et simplement. Lire, écrire, c'est facile. Construire, c'est impossible. Un plan ? je ne le respecte pas, je mélange tout. Pas de plan ? je perds le fil, je dérive et m'éloigne du sujet. L'autre souci, c'est que le texte mute, sans cesse il évolue, en fait il vit, comme une bactérie.


Le maillage de la construction doit peut-être, finalement, être le plus fin possible : seule la phrase, seul le mot. Après avoir échoué dans les romans (je crois que je peux mettre au défi quiconque de ma génération, d'avoir fini par publier après autant de lettres de refus d'éditeurs, j'en aurai reçu des centaines, j'étais blacklisté partout, dix-huit années de refus, oui, vous avez bien lu : 18), après avoir échoué dans le roman, j'ai réduit le maillage. Je suis arrivé à une unité narrative plus petite, par trois ou quatre pages à chaque fois, et ça a donné des récits, ou des nouvelles, appelez ça comme vous voulez. Puis depuis huit mois j'ai encore réduit, cette fois au minimum, maillage le plus fin possible, une véritable soie, fil à fil, des simples phrases, celles du Carnet, construction par sédimentation. Je suppose que dans un an, je n'écrirais plus que des mots.


Mais je ne désespère pas : le Formation de Pierre Guyotat est très instructif, le Modiano arrive (et je connais par coeur mon Pedigree), et je peux aussi fouiller Jean Santeuil et Casanova. Les expériences vont continuer dans la laboratoire.


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