CE MÉTIER DE DORMIR

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 3 septembre 2009

Les photos sont retouchées

Billet éclair pour répondre à un lecteur du Carnet : oui, les photos quotidiennes du carnet sont toutes retouchées, elles sont toutes "fausses".

La scène photographiée a bien sûr existé, mais parce que je veux faire dire à la photographie produite quelque chose qu'à l'origine elle ne dit pas de manière explicite, j'utilise un programme informatique pour en accentuer le "contraste", la "saturation", et la "netteté". Disons qu'il faut déformer la réalité pour la rendre plus claire...

Techniquement, pour appliquer ces trois retouches je me sers de deux logiciels libres fournis avec Linux Ubuntu : GIMP et gThumb (ce dernier possède en outre une fonction "Améliorer" qui produit une sorte de traitement magique sur l'image). gThumb n'existe que pour Linux, GIMP existe aussi pour Mac et pour Windows.

(Photo : capture d'écran retouchée par GIMP avec les fonctions "Filtres / Artistique / Tresser...")

dimanche 14 juin 2009

L'Heidelberg de Bacalan

La machine à imprimer par typographie Heidelberg, dite platine Heidelberg, est une imprimante qui n'est plus utilisée aujourd'hui, il en reste très peu dans la région, surtout en état de marche.

A Bordeaux, dans le quartier de Bacalan, les Editions Pleine Page en possèdent une. Cette Heidelberg a été fabriquée dans les années 1960 en Allemagne et acquise en 1989 par Pleine Page. Aujourd'hui ils ne l'utilisent plus, même s'ils viennent tout de même de publier un ouvrage d'Alain Amanieu et Martin Lartigue entièrement réalisé sur cette machine par leur typographe Jean-Luc Buys. C'est lui qui hier accueillait les curieux pour une journée portes ouvertes "Typo" chez l'éditeur.

Petite discussion avec Jean-Luc Buys à propos des caractères (rangés dans des tiroirs appelés casses), leur usure toujours trop rapide, la singularité de certains (comme l'Anglaise, penchée, dont les caractères ne sont pas rectangulaires mais triangulaires). Au final grand plaisir de découvrir la typographie et voir tourner cette machine qui sous nos yeux marquait du sceau littéraire une par une les feuilles de papier.

Une idée aussi : écrire un jour l'autobiographie de cette Heidelberg. Je suis certain que cette platine Heidelberg a, d'une façon ou d'une autre, gardé la mémoire de toutes les phrases qu'elle a pressées depuis qu'elle est sortie de l'usine. J'appellerais ce livre : L'Heidelberg de Bacalan.

vendredi 7 novembre 2008

Enregistrer les voix

A la suite d'un commentaire de François à propos de la prise de son lors des rencontres des écrivains avec leurs lecteurs, j'ai investi ma future fortune dans un micro pour iPod : le Griffin iTalk Pro (39 €).

Résultat, c'est vraiment un très bon outil : grande sensibilité du micro, haute qualité d'enregistrement (stéréo et format WAV), grande capacité (environ 6 heures sur un iPod 4GB), possibilité de brancher un micro externe, gestion facile dans iTunes (ou Songbird pour les linuxiens). Juste un petit reproche : il y a un peu de souffle sur les enregistrements.

Voilà qui me permettra de capturer du son, et notamment d'enregistrer les voix.

jeudi 26 juin 2008

Outil de travail

Comment fait-on quand on n'a plus son outil de travail ? Les artistes aussi ont besoin d'outils pour créer, pas seulement de matériels, peinture, toile, rame de papier, pellicule photographique, mais aussi d'ordinateur, de stylo, de pinceaux, d'appareil photo, etc. Impossible de se passer de ces outils.

La semaine dernière, Philippe de Jonckheere, l'auteur du site Desordre.net s'est fait voler son appareil photo (un NIKON D200). Sur l'insistance de ses amis, il a décidé d'accepter les dons pour l'aider à s'équiper de nouveau. Sans appareil, il ne pourrait plus photographier sa vie de cette façon qui nous intrigue tellement, qui nous apprend.

NB : voir aussi les billets de François Bon, Laure Limongi, remue.net, Café du commerce, Lignes de fuite, André Gunthert, Jean-Claude Bourdais, Kill Me Sarah, Virginie Clayssen, Dominique Hasselmann.

mardi 15 janvier 2008

Savoir écrire à la main

Question matériels, j'ai décidé de m'acheter la semaine prochaine un minuscule ASUS eeePC (sous Linux, vendu 299 €) en remplacement de mon vieil iBook (sous MacOS X, système aussi lent qu'instable, tout UNIX qu'il soit, vendu 1049 €) afin de pouvoir continuer à écrire où que je me trouve le manuscrit sur lequel je travaille actuellement. Ce manuscrit, pour la première fois je l'écris entièrement au clavier pour des raisons de délai.


Dans l'absolu, je préfère écrire à la main, avec un stylo-plume, un fountain-pen comme disent les anglo-saxons, sur des feuilles blanches volantes. C'est plus beau, c'est plus agréable, j'écris plus vite, je construis le style en deux temps parce que lors de la dactylographie je modifie la phrase, également je garde la preuve que je suis bien l'auteur de mon texte (génétique littéraire), et j'hérite à la fin du livre d'un beau manuscrit dactylographe que je peux offrir (ou vendre un jour, si je deviens à la fois célèbre et pauvre).

Mais quand on écrit à la main, on doit dactylographier ensuite, c'est-à-dire qu'à 2 heures d'écritures succèdent environ 2 autres heures de dactylographie. C'est épuisant. Cela retarde. Donc, pour écrire vite, même si j'écris je crois différemment avec chaque méthode, j'ai décidé d'écrire - temporairement ou définitivement, je ne sais pas encore - intégralement au clavier.

Le risque d'écrire au clavier plutôt qu'au stylo c'est de perdre la capacité d'écrire à la main. Il y a quelques temps, l'écrivain le plus actif de l'Internet littéraire m'avouait qu'il perdait la capacité d'écrire à la main parce qu'il faisait dorénavant tout à l'ordinateur. Le risque est réel de voir se perdre un jour la capacité d'écrire à la main. Je connais une petite fille de 4 ans qui sait parfaitement parler, mais qui enrage de ne pas encore savoir écrire davantage que son propre nom et quelques mots : pour elle, savoir dessiner est insignifiant, alors que savoir écrire est le signe d'un grand pouvoir.

Alors, j'ai décidé de continuer à écrire certains autres textes, moins urgents, ou moins importants, ou tout simplement étant donné l'illisibilité de mon écriture même pour moi, des textes plus secrets, à la main sur du papier.

dimanche 6 janvier 2008

La danse des lettres

Fabula attire notre attention sur l'appel lancé mi-décembre par Jérôme Peignot pour sauver le patrimoine typographique de l'Imprimerie Nationale. Depuis plus de trois ans, l'association Graphê et son site web Garamonpatrimoine se battent pour préserver un patrimoine français essentiel aux livres : les outils typographiques, ces objets qui rendent possible la danse des lettres.


L'appel de Jérôme Peignot se termine par une citation lumineuse de Diderot : "Entre les différentes causes qui ont concouru à nous tirer de la barbarie, il ne faut pas oublier l’invention de l’art typographique. Donc, décourager, abattre, avilir cet art, c’est travailler à nous y replonger et faire ligue avec la foule des ennemis de la connaissance humaine."

Extrait de l'appel :

" Il est une part essentielle de notre patrimoine national qui mérite d’autant plus votre attention qu’à elle seule elle résume tout ce qui caractérise notre civilisation française: l’Atelier du Livre de l’Imprimerie nationale. Il s’agit d’un ensemble unique au monde. A l’héritage exceptionnel de ses collections, dont les plus anciennes remontent à François Ier – poinçons et caractères, gravures sur bois et en taille-douce, vignettes, fers à dorer, soit au total plus de 500 000 pièces –, il allie l’essentiel des métiers d’art qui composent l’histoire de l’imprimerie et de ses techniques: gravure de poinçons, fonte de caractères en plomb, composition manuelle et mécanique, impression typographique, lithographie sur pierre, taille-douce et phototypie.

(...)

Après la vente de l’immeuble de l’Imprimerie, rue de la Convention à Paris, et celle de la maison d’édition de l’entreprise qui éditait, entre autres, les Editions du Patrimoine lancées par André Malraux, l’Atelier a été installé (il faudrait plutôt dire «parqué») dans un hangar de 1 000 mètres carrés – alors qu’il en faudrait plus du double et, pour ce qui concerne les livres, sans le degré hygrométrique convenant à leur conservation – à Ivry-sur-Seine, où, très réduite, son activité est fortement déficitaire. Cette dangereuse solution ne saurait être que temporaire."

vendredi 2 novembre 2007

Lecture à l'écran : du mieux

Il y a quelques mois, j'avais expliqué au détour d'un billet que je ne parvenais pas à lire des textes sur l'écran, que j'avais besoin du papier. Le japonais (d'adoption) Berlol l'avait relevé en notant que je ne parvenais "pas (encore) à lire un livre sur l'écran". Hé bien, ça y est, ça va mieux : à présent, j'arrive à lire davantage sur l'écran.


En l'occurrence, je dois corriger actuellement un manuscrit à toute vitesse, et non seulement le corriger, mais le re-travailler, le découper, l'étoffer, l'amputer. J'ai essayé sur papier, impossible : imprimer, prendre le stylo rouge, lire, annoter, porter ensuite les corrections sur le fichier informatique : beaucoup trop long.


Etant obligé de travailler directement sur le fichier, je lis et je pense la littérature directement sur l'écran.

Je reste un amateur du papier, tant pour l'écriture (stylo-encre et feuilles blanches) que pour la lecture (livres sous la forme traditionnelle du codex), mais quand on est pressé par le temps, la technique nous impose de muter. Puisque je dois fournir très vite un manuscrit dactylographié et publiable, je suis forcé d'apprendre à lire sur écran. L'inaction du corps face à l'écran (pas de livre à tenir, de pages à tourner hormis quelques clics de défilement de temps en temps) que Berlol avait un temps estimée bloquante pour lui, ne me gêne pas : même immobile, je vois et je suis aussitôt dans les phrases. Bref, je crois que je sais maintenant lire sur un écran.


A ce sujet, on peut faire une nouvelle distinction côté éditeurs : les éditeurs "à l'ancienne", qui n'acceptent toujours pas les manuscrits informatiques parce qu'ils ne parviennent pas à les lire à l'écran (je pense à un éditeur de moins de 40 ans, spécialisé en littérature de création, qui me disait récemment que vraiment, non, il n'y arrivait pas), et les éditeurs qui ont un pied dans le futur et refusent catégoriquement d'être envahis par des rames de papier reliées et exigent des fichiers informatiques (cas de François Bon qui demande "le tout électronique" pour sa collection au Seuil). Ici encore, des considérations matérielles mettront tout le monde d'accord :  délai de réception du texte, frais d'envoi, espace de stockage, facilité de copie et diffusion pour lecture; le fichier informatique sera d'ici peu la règle pour tous les envois de manuscrits aux éditeurs, les lecteurs extérieurs et directeurs de collection devront apprendre eux aussi à lire à l'écran.


PS : je parlais bien ici de lecture; s'agissant du contenu du manuscrit lui-même, son écriture a été faite au stylo sur du papier, car lorsque j'écris le premier jet à l'écran, mon écriture en est déformée (sujet d'un autre billet un autre jour).


NB : techniquement parlant, j'utilise le traitement de texte OpenOffice 2.2.

mardi 21 août 2007

Littérature, RSS, et mise en page des blogs

Je souhaiterais mettre en RSS les pages quotidiennes de mon Carnet. François Bon m'avait déjà amicalement reproché de ne pas le faire et c'est vrai que tout le monde, moi le premier, ne lit plus le web que comme ça, par Netvibes ou par son lecteur RSS. Mais je voudrais pouvoir bénéficier d'une mise en page la plus sobre possible, et, pour tout dire : aucune autre mise en page que la typographie.

Il y a un problème de mise en page avec les blogs. D'un côté, tout va bien : ce sont des outils pratiques, qui formatent automatiquement le contenu du texte et gèrent le flux RSS. Mais d'un autre côté, impossible de publier dans un tel cadre graphique des textes poétiques : sur un blog, actuellement, nous sont imposés une date, un nom d'auteur du billet, et un titre du billet, sans parler des colonnes, listes d'archives ou icones, qui envahissent la marge droite ou gauche (on peut supprimer quelques uns de ces éléments, mais jamais tous).

Je ne suis pas le seul à avoir ce souci : de nombreux blogs de littérature, comme celui d'Arnaud Maïsetti par exemple, optent visiblement pour une mise en page la plus dépouillée possible, afin de mettre en avant le texte. Mais il reste encore ces scories du design bloguien totalement inadapté à une mise en page littéraire.

Il faudrait que quelqu'un créé un thème Dotclear vide ou presque (si c'est possible, je ne sais pas), ou bien que des bonnes âmes créent une structure d'hébergement de blogs poétiques avec une mise en page si sobre qu'il n'y ait rien d'autre que le texte, et, caché dans le texte, un flux RSS.


PS : Oui, je sais que si on lit un blog dans Netvibes ou dans un lecteur RSS, on aura le texte brut, sans mise en page, et qu'on obtiendra donc, dans les faits, ce que je je souhaite. Mais la version web, elle, reste toujous aussi laide...

- page 1 de 2