CE MÉTIER DE DORMIR

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mardi 15 janvier 2008

Savoir écrire à la main

Question matériels, j'ai décidé de m'acheter la semaine prochaine un minuscule ASUS eeePC (sous Linux, vendu 299 €) en remplacement de mon vieil iBook (sous MacOS X, système aussi lent qu'instable, tout UNIX qu'il soit, vendu 1049 €) afin de pouvoir continuer à écrire où que je me trouve le manuscrit sur lequel je travaille actuellement. Ce manuscrit, pour la première fois je l'écris entièrement au clavier pour des raisons de délai.

Dans l'absolu, je préfère écrire à la main, avec un stylo-plume, un fountain-pen comme disent les anglo-saxons, sur des feuilles blanches volantes. C'est plus beau, c'est plus agréable, j'écris plus vite, je construis le style en deux temps parce que lors de la dactylographie je modifie la phrase, également je garde la preuve que je suis bien l'auteur de mon texte (génétique littéraire), et j'hérite à la fin du livre d'un beau manuscrit dactylographe que je peux offrir (ou vendre un jour, si je deviens à la fois célèbre et pauvre).

Mais quand on écrit à la main, on doit dactylographier ensuite, c'est-à-dire qu'à 2 heures d'écritures succèdent environ 2 autres heures de dactylographie. C'est épuisant. Cela retarde. Donc, pour écrire vite, même si j'écris je crois différemment avec chaque méthode, j'ai décidé d'écrire - temporairement ou définitivement, je ne sais pas encore - intégralement au clavier.

Le risque d'écrire au clavier plutôt qu'au stylo c'est de perdre la capacité d'écrire à la main. Il y a quelques temps, l'écrivain le plus actif de l'Internet littéraire m'avouait qu'il perdait la capacité d'écrire à la main parce qu'il faisait dorénavant tout à l'ordinateur. Le risque est réel de voir se perdre un jour la capacité d'écrire à la main. Je connais une petite fille de 4 ans qui sait parfaitement parler, mais qui enrage de ne pas encore savoir écrire davantage que son propre nom et quelques mots : pour elle, savoir dessiner est insignifiant, alors que savoir écrire est le signe d'un grand pouvoir.

Alors, j'ai décidé de continuer à écrire certains autres textes, moins urgents, ou moins importants, ou tout simplement étant donné l'illisibilité de mon écriture même pour moi, des textes plus secrets, à la main sur du papier.

dimanche 6 janvier 2008

La danse des lettres

Fabula attire notre attention sur l'appel lancé mi-décembre par Jérôme Peignot pour sauver le patrimoine typographique de l'Imprimerie Nationale. Depuis plus de trois ans, l'association Graphê et son site web Garamonpatrimoine se battent pour préserver un patrimoine français essentiel aux livres : les outils typographiques, ces objets qui rendent possible la danse des lettres.

L'appel de Jérôme Peignot se termine par une citation lumineuse de Diderot : "Entre les différentes causes qui ont concouru à nous tirer de la barbarie, il ne faut pas oublier l’invention de l’art typographique. Donc, décourager, abattre, avilir cet art, c’est travailler à nous y replonger et faire ligue avec la foule des ennemis de la connaissance humaine."

Extrait de l'appel :

" Il est une part essentielle de notre patrimoine national qui mérite d’autant plus votre attention qu’à elle seule elle résume tout ce qui caractérise notre civilisation française: l’Atelier du Livre de l’Imprimerie nationale. Il s’agit d’un ensemble unique au monde. A l’héritage exceptionnel de ses collections, dont les plus anciennes remontent à François Ier – poinçons et caractères, gravures sur bois et en taille-douce, vignettes, fers à dorer, soit au total plus de 500 000 pièces –, il allie l’essentiel des métiers d’art qui composent l’histoire de l’imprimerie et de ses techniques: gravure de poinçons, fonte de caractères en plomb, composition manuelle et mécanique, impression typographique, lithographie sur pierre, taille-douce et phototypie.

(...)

Après la vente de l’immeuble de l’Imprimerie, rue de la Convention à Paris, et celle de la maison d’édition de l’entreprise qui éditait, entre autres, les Editions du Patrimoine lancées par André Malraux, l’Atelier a été installé (il faudrait plutôt dire «parqué») dans un hangar de 1 000 mètres carrés – alors qu’il en faudrait plus du double et, pour ce qui concerne les livres, sans le degré hygrométrique convenant à leur conservation – à Ivry-sur-Seine, où, très réduite, son activité est fortement déficitaire. Cette dangereuse solution ne saurait être que temporaire."

vendredi 2 novembre 2007

Lecture à l'écran : du mieux

Il y a quelques mois, j'avais expliqué au détour d'un billet que je ne parvenais pas à lire des textes sur l'écran, que j'avais besoin du papier. Le japonais (d'adoption) Berlol l'avait relevé en notant que je ne parvenais "pas (encore) à lire un livre sur l'écran". Hé bien, ça y est, ça va mieux : à présent, j'arrive à lire davantage sur l'écran.


En l'occurrence, je dois corriger actuellement un manuscrit à toute vitesse, et non seulement le corriger, mais le re-travailler, le découper, l'étoffer, l'amputer. J'ai essayé sur papier, impossible : imprimer, prendre le stylo rouge, lire, annoter, porter ensuite les corrections sur le fichier informatique : beaucoup trop long.


Etant obligé de travailler directement sur le fichier, je lis et je pense la littérature directement sur l'écran.

Je reste un amateur du papier, tant pour l'écriture (stylo-encre et feuilles blanches) que pour la lecture (livres sous la forme traditionnelle du codex), mais quand on est pressé par le temps, la technique nous impose de muter. Puisque je dois fournir très vite un manuscrit dactylographié et publiable, je suis forcé d'apprendre à lire sur écran. L'inaction du corps face à l'écran (pas de livre à tenir, de pages à tourner hormis quelques clics de défilement de temps en temps) que Berlol avait un temps estimée bloquante pour lui, ne me gêne pas : même immobile, je vois et je suis aussitôt dans les phrases. Bref, je crois que je sais maintenant lire sur un écran.


A ce sujet, on peut faire une nouvelle distinction côté éditeurs : les éditeurs "à l'ancienne", qui n'acceptent toujours pas les manuscrits informatiques parce qu'ils ne parviennent pas à les lire à l'écran (je pense à un éditeur de moins de 40 ans, spécialisé en littérature de création, qui me disait récemment que vraiment, non, il n'y arrivait pas), et les éditeurs qui ont un pied dans le futur et refusent catégoriquement d'être envahis par des rames de papier reliées et exigent des fichiers informatiques (cas de François Bon qui demande "le tout électronique" pour sa collection au Seuil). Ici encore, des considérations matérielles mettront tout le monde d'accord :  délai de réception du texte, frais d'envoi, espace de stockage, facilité de copie et diffusion pour lecture; le fichier informatique sera d'ici peu la règle pour tous les envois de manuscrits aux éditeurs, les lecteurs extérieurs et directeurs de collection devront apprendre eux aussi à lire à l'écran.


PS : je parlais bien ici de lecture; s'agissant du contenu du manuscrit lui-même, son écriture a été faite au stylo sur du papier, car lorsque j'écris le premier jet à l'écran, mon écriture en est déformée (sujet d'un autre billet un autre jour).


NB : techniquement parlant, j'utilise le traitement de texte OpenOffice 2.2.

mardi 21 août 2007

Littérature, RSS, et mise en page des blogs

Je souhaiterais mettre en RSS les pages quotidiennes de mon Carnet. François Bon m'avait déjà amicalement reproché de ne pas le faire et c'est vrai que tout le monde, moi le premier, ne lit plus le web que comme ça, par Netvibes ou par son lecteur RSS. Mais je voudrais pouvoir bénéficier d'une mise en page la plus sobre possible, et, pour tout dire : aucune autre mise en page que la typographie.

Il y a un problème de mise en page avec les blogs. D'un côté, tout va bien : ce sont des outils pratiques, qui formatent automatiquement le contenu du texte et gèrent le flux RSS. Mais d'un autre côté, impossible de publier dans un tel cadre graphique des textes poétiques : sur un blog, actuellement, nous sont imposés une date, un nom d'auteur du billet, et un titre du billet, sans parler des colonnes, listes d'archives ou icones, qui envahissent la marge droite ou gauche (on peut supprimer quelques uns de ces éléments, mais jamais tous).

Je ne suis pas le seul à avoir ce souci : de nombreux blogs de littérature, comme celui d'Arnaud Maïsetti par exemple, optent visiblement pour une mise en page la plus dépouillée possible, afin de mettre en avant le texte. Mais il reste encore ces scories du design bloguien totalement inadapté à une mise en page littéraire.

Il faudrait que quelqu'un créé un thème Dotclear vide ou presque (si c'est possible, je ne sais pas), ou bien que des bonnes âmes créent une structure d'hébergement de blogs poétiques avec une mise en page si sobre qu'il n'y ait rien d'autre que le texte, et, caché dans le texte, un flux RSS.


PS : Oui, je sais que si on lit un blog dans Netvibes ou dans un lecteur RSS, on aura le texte brut, sans mise en page, et qu'on obtiendra donc, dans les faits, ce que je je souhaite. Mais la version web, elle, reste toujous aussi laide...

vendredi 10 août 2007

Les délices d'Internet

Pour un long texte que je suis en train de terminer (on espère), j'avais besoin de chercher la présence de certains éléments dans les classiques de l'Antiquité. Après avoir un peu erré, j'ai finalement rencontré le merveilleux site de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS) de l'Université de Louvain.


Elle possède un moteur de recherche fascinant. Attention, n'y allez pas, vous allez y rester des heures ! C'est donc aussi ça, la technologie : des délices...

dimanche 5 août 2007

Informatique : script Mac OS X pour sauvegarder

Mon iBook a fait récemment une petite crise (le Finder refusait de se lancer, plus possible d'entrer dans mon compte). J'ai alors pu constater qu'avoir des sauvegardes de ses documents importants (genre les MP3 ;-) était vraiment indispensable.


Perso, je sauvegarde tout mon compte "marc" (/Users/marc) et pour cela j'utilise un disque externe que j'ai nommé BACKUP et un script UNIX basé sur la commande magique "/usr/bin/rsync -vru --delete $SOURCE_DIRS "$TARGET_DIR", que j'ai appelé sauvegarde_disk-extern.sh que je lance dans un Terminal. C'est un script qui fait sur mon disque externe une copie de mon Mac. Voici le contenu de ce script, modifiez les lignes 2 et 4 selon vos besoins :

#!/bin/sh
SOURCE_DIRS="/Users/marc" # MAC (à modifier)
#SOURCE_DIRS="*" # LINUX (à modifier)
TARGET_DIR="/Volumes/BACKUP" # MAC (à modifier)
#TARGET_DIR="/media/BACKUP" # LINUX (à modifier)

# if the external drive is not there, complain and stop
if [ ! -e "$TARGET_DIR" ]
then
echo Target directory does not exist!
exit
fi

IFS=:

cd ~/
/usr/bin/rsync -vru --delete $SOURCE_DIRS "$TARGET_DIR"


Le script marche aussi sous Linux (Ubuntu) (modifier les lignes 3 et 5, et 2 et 4). En revanche, je doute que ça marche sous Windows...

S'il y a des UNIXiens dans la pièce, et qu'ils comprennent la syntaxe de ce genre de script, et qu'ils ont des idées d'amélioration, merci de laisser un commentaire (moi je n'y connais rien aux scripts, j'ai recopié celui-là sans comprendre).

D'autres scripts shell sont disponibles ici pour les bricoleurs que ça intéresse.