Deux semaines après l'acte de vandalisme qui a vu des inconnus répandre de
l'huile de vidange sur plus de 6000 ouvrages lors du salon
"Le Banquet du
Livre" de Lagrasse, les éditions Verdier, organisateurs de la
manifestation,
font le point sur les
conditions dans lesquelles a pu avoir lieu cet acte, ainsi que sur l'enquête
judiciaire en cours, et la question des indemnisations.
On apprend notamment que les chanoines de l'abbaye contiguë aux lieux de la
manifestation n'avaient manifesté aucune réserve avant le début du salon et que
les protestations ont débuté après un article polémique du journal
Le
Figaro.
On apprend également que les assurances refuseraient de prendre en charge
l'indemnisation du préjudice (environ 70.000 €) au motif que le vandalisme ne
faisait pas partie des risques qu'elles couvraient.
Parmi les multiples réactions et condamnations de cet acte dont la violence
terrifie, et qui ressemble à un autodafé, on peut lire cette note de
Philippe
Sollers :
"Des crétins sont allés verser de l’huile de vidange sur des livres,
dans une librairie de province. Le prétexte ? Un colloque sur « la nuit
sexuelle », titre d’un livre publié bientôt de Pascal Quignard. Il y avait
aussi, pour chauffer les esprits fragiles, des projections de films d’Oshima et
de Pasolini. Le problème est que tout ça avait lieu dans une moitié d’abbaye,
l’autre moitié étant occupée par des moines. Une pollution nocturne des moines
? Impossible. Un commando intégriste situationniste ? Qui sait ? Après tout,
Dieu a ses dévots, souvent commandés par le Diable."
Voir aussi la réaction de François Bon, qui à propos de ces
vidangeurs,
exprime "tristesse et rage" (avec des liens vers d'autres réactions), et
également dans l'hebdomadaire
Le Point le
témoignage d'une journaliste présente sur place.