CE MÉTIER DE DORMIR

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auteurs

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jeudi 16 octobre 2008

Bordeaux, Hubert Lucot au festival Ritournelles

Inauguration du festival Ritournelles au 91 rue Porte Dijeaux, à Bordeaux; salle pleine, public dehors, aperçu plusieurs auteurs et au moins un homme politique.

Hubert Lucot était invité. L'auteur, notamment, d'Opérateur le néant, Le Centre de la France et Grands mots d'ordre et petites phrases (les trois aux éditions POL), a lu quelques textes et parlé de son travail.

J'ai noté, entre autres, à propos de Le Noir et le bleu (Ed. Argol), "roman d'aventure" : "L'aventure qui m'a toujours tenté, c'est l'écriture". Et aussi, parlant du "bleu de Cézanne" : "Cézanne semblait posséder en lui une gamme qu'il n'a jamais pu atteindre dans ses tableaux", et "Le bleu est intéressant lorsqu'il est confronté par exemple au beige. Chez Picasso il serait confronté au rouge. Chez Cézanne le bleu sera confronté au vert".

Egalement présents à la table : Tiphaine Samoyault qui a parlé de son livre La main négative et son éditrice Catherine Flohic des éditions Argol.

mardi 23 septembre 2008

Bordeaux, Catherine Millet chez Mollat

Passage de Catherine Millet à la librairie Mollat pour ce qui est, nous apprend-elle, sa première rencontre avec des lecteurs autour de son nouveau livre Jour de souffrance (Ed. Flammarion) qui traite de la longue crise de jalousie dont elle a souffert trois ans durant.


Les questions sont posées par Jean-Michel Devésa (professeur à l'Université Bordeaux 3) qui fait au passage une fine analyse des deux livres de Catherine Millet. Grande affluence et rencontre détendue avec un bon esprit de l'assistance. Le podcast devrait être disponible d'ici peu sur le site de Mollat.

L'auteur de La vie sexuelle de Catherine M. (Ed. du Seuil, 2001) explique que la terrible crise de jalousie décrite dans ce nouveau livre est antérieure à "Catherine M." et que c'est cette crise qui l'avait poussée à écrire le premier livre. "Jour de souffrance est le deuxième volet du projet dont La vie sexuelle de Catherine M. est le premier volet". A propos de la forme du premier, elle indique : "C'est Jacques [Henric] qui m'a dit qu'il fallait écrire Catherine M. comme un livre de critique d'art, très formaliste, très descriptif".

Catherine Millet évoque la vie libre que mène chacun dans le couple qu'elle forme avec l'écrivain Jacques Henric, insistant sur un point : "La volupté est indépendante du sentiment amoureux" (et à un autre moment : "Le désir est indépendant de l'amour"). Elle tire quelques autres leçons de son expérience, ainsi : "Il y a dans la jalousie une curiosité qui ne peut jamais être satisfaite" et "Il n'est pas possible d'envisager la sexualité sans poser la question de la jalousie". Concernant Jour de souffrance, elle remarque : "Exposer cette crise de jalousie a été plus difficile que d'exposer ma vie sexuelle".

samedi 13 septembre 2008

Bordeaux, Charles Pennequin au CAPC

Venue de Charles Pennequin au CAPC de Bordeaux pour le week-end Carte blanche à la librairie La Mauvaise Réputation (13 et 14 septembre).

Grande affluence pour cette lecture de l'auteur de Pas de tombeau pour Mesrine et de Mon binôme. Une performance-éclair débutée par "Nous sommes dans l'art" (le CAPC musée d'art contemporain), continuée par "La France pue", et achevée par une histoire d'amour pré-enregistrée : "On s'aime (...) on s'aimera (...) on ramera".

Charles Pennequin pulvérise la foule par sa voix affolée, il ponctue la lecture en utilisant deux petits magnétophones numériques, il déclame son texte de mémoire, il nous enfonce ses mots dans le corps, puis il quitte la scène sous un tonnerre (vraiment) d'applaudissements. Exceptionnel.

vendredi 4 avril 2008

Bordeaux, lecture des textes d'Hélène Mohone par Sylvie Nève et Valérie Rouzeau chez Olympique

Sylvie Nève et Valérie Rouzeau lisaient ce soir à la librairie Olympique de Bordeaux les textes de l'écrivain Hélène Mohone, dont on a appris la disparition hier. Hélène Mohone était l'auteur de plusieurs livres dont Le coeur cannibale (Ed. William Blake & Co), L'enfant africaine (Ed. L'Amourier), et plus récemment Torpeur (Ed. La Cabane) et De loin (Ed. Atelier de l'Agneau). Plusieurs blogs, dont celui de Florence Trocmé (Poezibao), celui de Claude Chambard, et celui d'Angèle Paoli, ont fait des billets sur cette disparition.


La librairie était pleine et une quarantaine de personnes assistaient à cette lecture d'hommage à l'auteur prévue de longue date, et qui fut très émouvante. Ses amis et ses proches ont ensuite parlé de la personnalité d'Hélène Mohone.

La plus belle chose qu'un auteur puisse faire pour un autre auteur qui vient de disparaître, c'est de faire vivre plus fort ses textes, particulièrement en les lisant en public.

mercredi 19 mars 2008

Bordeaux, Aharon Appelfeld chez Mollat

Venue de Aharon Appelfeld  à la librairie Mollat pour la sortie de son roman La chambre de Mariana (Ed. de l'Olivier). La salle Albert Mollat était comble avec beaucoup de spectateurs debout. L'auteur de L'histoire d'une vie et Badenheim 1939 était interrogé par sa traductrice Valérie Zenatti qui retranscrivait les questions en hébreu et les réponses en français. L'enregistrement devrait être disponible dans les jours qui viennent sur la page podcast de Mollat.


Aharon Appelfeld parle avec douceur et rythme, assez bas, comme s'il racontait une histoire à sa traductrice, à laquelle il s'adresse, ne regardant que rarement le public. Sa voix est très assurée, presque une voix d'homme jeune mais posée. La beauté de l'hébreu ajoute encore à la magie et la totalité de la salle l'écoute dans un silence impressionnant.

Sur la littérature, il explique : "La littérature est, comme la musique, le meilleur substitut à la foi religieuse que nous avons perdue", "la littérature puise sa force dans le silence, c'est en quelque sorte une possibilité de contact entre soi et l'extérieur", "la littérature pure, c'est le retour vers les premières sensations, celles de l'enfance", "l'enfant que j'étais est toujours resté en moi".

Aharon Appelfeld explique : "mon arrivée en Israël a été comme la montée d'un puits de mort vers la vie". Il dit aussi : "j'ai été en contact avec les secrets ou les mystères de la vie : ces secrets ou ces mystères sont le lien que j'entretiens toujours avec mes parents". Et sur leur disparition : "ce n'est pas parce que nous ne voyons plus quelqu'un, qu'il n'est plus là".

A propos de Mariana, l'héroïne de son roman, il dit : "Elle fut pour moi une mère de substitution, une soeur de substitution, une bien-aimée de substitution". Et aussi : "Les mois que j'ai passés avec elle ont été l'école la plus importante de ma vie".

vendredi 15 février 2008

Bordeaux, Michel Deguy chez Mollat

Michel Deguy, de passage à à Bordeaux, était à la librairie Mollat pour présenter le Grand cahier Michel Deguy (Ed. Le Bleu du ciel), Réouverture après travaux (Ed. Galilée) et Michel Deguy, L'allégresse pensive (Ed. Belin).



Si on oublie les trop longues questions avec introduction du meneur des débats (la plus longue question a duré douze minutes, autant de temps enlevé hélas à l'invité), c'était une rencontre réussie, très intense, avec un Michel Deguy électrique, fulgurant, plein d'humour. Deguy a raconté notamment qu'il remettait souvent discrètement des anciens poèmes dans ses nouveaux livres, pour insister sur le propos, et que presque personne ne s'en rendait compte (rires dans la salle). L'intégralité de la rencontre a été enregistrée et est disponible en fichier sonore MP3 sur la page podcast du site web de Mollat.

J'ai noté, au milieu de la dérive brillante de son propos : "Le roman cache la prose française"; "La réponse à laquelle doit répondre tout artiste est : 'Comment envisage-tu le menaçant ?' "; "Le poème fait passer au ralenti la langue en parole : le poème ralentit la prose"; "La brièveté caractérise essentiellement la poésie".

Tout un passage sur la différence et sur le même : "la division du même contre lui-même"; "le voile de l'homonymie" (exemple du travail : "pour les uns le travail est temps perdu, aliéné, pour les autres comme nous les intellectuels, le travail c'est toute la vie : on travaille tout le temps car la pensée ne s'arrête pas".

Egalement, un passage sur la fusée éclairante : "Une fusée de feu d'artifice, c'est ce qui redescend en éclairant. Que fait le poème ? il montre l'exemple. Il ne faut pas toujours tout attendre d'en haut, les choses ne tombent pas du ciel. La fusée, elle ne vient pas du ciel : il s'agit de tirer soi-même son feu d'artifice".

Et aussi, à la fin, cette remarque sur Rimbaud, à l'occasion d'une question du public : "Chaque fois qu'on recommence à relire Rimbaud, on ne comprend rien".

vendredi 1 février 2008

Bordeaux, Alberto Manguel chez Mollat

Passage d'Alberto Manguel à Bordeaux, venu présenter son Livre des éloges (Ed. L'Escampette) à la librairie Mollat.


L'auteur d'Une histoire de la lecture conseille "la lecture à l'aveugle" (comme parfois on déguste les vins à l'aveugle, sans connaître le nom du cru). Egalement, il dénonce "une éducation de la stupidité qui vise à faire croire aux gens qu'ils ne sont pas assez intelligents pour jouir de la lecture". Alberto Manguel a aussi rendu hommage aux libraires indépendants, attaqués ces derniers temps par Amazon.fr et ses soutiens : "le libraire doit enseigner au lecteur ses passions, et un peu comme au bordel, lui procurer des partenaires amoureux". On peut écouter le podcast de la rencontre sur le site de Mollat (classé à la date du 1er février 2008).

Au passage, j'ai appris que Borges (dont Manguel a été l'aide) n'avait que 500 à 600 livres dans sa bibliothèque et qu'il n'y était pas attaché, les donnant volontiers à ses visiteurs. Plus triste : Alberto Manguel a indiqué que les Editions Actes Sud arrêtaient (pour raisons financières) la collection "Le cabinet de lecture d'AM" qu'il dirigeait chez eux.

lundi 24 décembre 2007

Disparition de Julien Gracq

Julien Gracq, né Louis Poirier en 1910, s'est éteint avant-hier près de son domicile de Saint-Florent-le-Vieil. Il était l'auteur de livres essentiels, notamment Le Rivages des Syrtes, En lisant en écrivant, Au château d'Argol, la plupart publiés aux éditions José Corti. Il avait aussi fait partie des rares écrivains français à avoir été publiés de leur vivant dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade.

jeudi 6 décembre 2007

Bordeaux, Pascal Quignard à la Bibliothèque Mériadeck

Escale à Bordeaux de Pascal Quignard, venu présenter son livre La nuit sexuelle (Flammarion) à la Bibliothèque Mériadeck. La salle de conférences de 250 places était pleine et un rapide coup d'oeil montrait que des lecteurs aux goûts les plus divers avaient fait le déplacement. Pendant qu'étaient projetées sur le mur des reproductions géantes des peintures du livre, les fameuses "scènes indécentes", l'auteur a donné la lecture des passages les commentant.


Pascal Quignard a également, en introduction de sa lecture, mis en garde contre la nouvelle forme de censure qui apparaît : l'autocensure, celle des éditeurs et des auteurs. Il est revenu aussi sur le saccage de livres commis en août 2007 à Lagrasse, lors du "Banquet du livre" consacré à La nuit sexuelle (de l'huile de vidange avait été répandue par des inconnus sur plus de 6000 livres de la librairie installée pour le salon). Il a expliqué que ce vandalisme avait en quelque sorte réveillé sa combativité : "Cela m'a rempli de fierté d'avoir écrit ce livre, et face à la censure, je me suis dit que j'allais justement aller de ville en ville pour le défendre. Le périple se termine bientôt, je suis épuisé mais très fier."

Quignard a aussi rapporté sa réaction lorsqu'il est entré au matin dans la librairie saccagée : "Les rétroprojecteurs très coûteux : pas touchés par les vandales, le piano très cher installé là exprès pour la soirée : pas touché. Seuls les livres ont été touchés. Le symbole d'une liberté très individuelle, voilà ce qui a été touché." Au milieu du désastre, il a remarqué que les livres de Saint Augustin avaient été souillés, et pas ceux de Sade, comble d'ironie.

La lecture a été ouverte et refermée par quelques minutes d'un morceau du compositeur anglais baroque John Blow, écouté avec un impressionnant recueillement par Pascal Quignard, et ce fut pour toute la salle un moment très intense.

samedi 10 novembre 2007

Disparition de Norman Mailer

Norman Mailer vient de disparaître, à l'âge de 84 ans, à New York. Il avait notamment publié Les nus et les morts (Ed. Albin Michel, 1950) et plus récemment Harlot et son fantôme (Ed. Robert Laffont, 1992). Voir le New York Times et les blogs de Dominique Hasselmann et de Jean-Louis Kuffer.

mercredi 7 novembre 2007

Bordeaux, Philippe Sollers chez Mollat

Passage de Philippe Sollers à Bordeaux à la librairie Mollat pour présenter Un vrai roman, Mémoires (Ed. Plon) et Guerres secrètes (Ed. Carnets Nord).

Très forte affluence, la salle est comble une demi-heure avant le début de la rencontre. J'ai rarement vu autant de monde pour une rencontre avec Philippe Sollers, des lecteurs et lectrices anonymes mais également beaucoup de têtes connues du milieu intellectuel bordelais. On dirait que la ville a compris l'importance de ce livre et qu'est rendu, ainsi, une sorte d'hommage silencieux à l'écrivain de passage dans cette cité qu'il appelle d'entrée "ma ville natale". Philippe Sollers, encore plus enjoué que d'habitude, est interrogé par Jean-Claude Simoën sur le mode du tutoiement et avec un certain ton de confidence.


On pourra écouter dès demain le podcast intégral de la discussion (je vous conseille, à environ 50 minutes du début, une imitation très réussie de François Mauriac faisant le portrait du jeune Sollers). J'ai retenu quelques passages : "C'est un livre de combat, ce sont des mémoires de combat"; "Je suis un écrivain espagnol de langue française"; à propos de l'amour : "La société a horreur des rencontres amoureuses. La société a horreur de ça, le diable a horreur de ça"; et aussi, toujours à propos de la société, cette expression lucide : "Mes soi-disant semblables".

dimanche 21 octobre 2007

Disparition de Edouard Levé

J'apprends à l'instant la triste nouvelle par le mail d'une amie, mais Libération l'avait annoncé mercredi : l'écrivain Edouard Levé s'est donné la mort lundi dernier à l'âge de 42 ans. Il était photographe et surtout l'auteur d'un livre vraiment troublant : Autoportrait (P.O.L, 2005). Il avait publié quatre ouvrages chez P.O.L et venait de remettre à son éditeur Paul Otchakovsky-Laurens le manuscrit de son prochain livre intitulé Suicide.

En juillet dernier, une autre jeune écrivain, Lisa Bresner, s'est suicidée. J'ai toujours pensé que notre travail d'écrivain était, malgré les apparences, un travail dangereux.

MàJ : voir l'hommage de Laure Limongi et de Lignes de fuite.

samedi 13 octobre 2007

Bordeaux, Nathalie Quintane au festival Ritournelles

Suite du festival Ritournelles à Bordeaux au Concept Store Michard Ardillier, avec la présence de Nathalie Quintane.


Discrète et toute en force modulée, elle a lu des extraits de son prochain livre (à paraître début 2008) au milieu d'une trentaine de personnes en cercle dans la Galerie Bordelaise. Des passages de Faux-barrage avaient été imprimés sur la vitrine du magasin accueillant l'événement. Au milieu de sa lecture, je retiens cette phrase : "J'ai toujours faim, je digère très bien, et je dors comme une pierre".

jeudi 11 octobre 2007

Bordeaux, Julien Blaine et autres, au festival Ritournelles

Festival Ritournelles à Bordeaux au Loft privé le 10 octobre, avec comme invités les auteurs des éditions Inventaire/Invention. Belle performance de Julien Blaine lisant avec sa voix caverneuse mais néanmoins à l'accent marseillais, son enragé Cuba-Cola (Ed. Inventaire/Invention, 2006).

Julien Blaine

Egalement : Jean-Michel Espitallier, très drôle et bien sûr très logique avec lui-même. Et aussi des lectures de Patrick Bouvet et Philippe Adam. Grosse affluence (salle pleine), chouette ambiance, excellent vin.

mercredi 19 septembre 2007

Bordeaux, François Bon chez Mollat

Passage de François Bon à Bordeaux à la librairie Mollat pour présenter son Bob Dylan, une biographie (Albin Michel). Très intéressante digression autour de la figure fuyante du chanteur américain. Quelques lectures des traductions françaises que François Bon a fait de ses chansons (malgré un problème de sonorisation lorsqu'il s'est agi de diffuser Dylan en fond sonore derrière la voix de François).

François Bon, Bordeaux, Mollat, septembre 2007
Comme nous sommes chez Mollat, librairie à la pointe de la modernité, on peut récupérer en ligne le podcast pour écouter l'intégralité de la conférence.

Multitude de choses passionnantes à glaner dans cette heure et demi de dicussion avec Jean Laurenti. Par exemple  : "La littérature n'a jamais été un art populaire" (remarquant que longtemps la plupart des écrivains ne furent que les riches, comme Proust ou Flaubert); et sur l'ambition de Dylan à ses débuts : "Il y en a des dizaines à traîner sur la place de New York, et il n'y a pas de raison que ça ne soit pas à  lui que ça arrive"; puis sur les doutes de Dylan après son accident de moto : "Soudain il ne sait plus faire, la peur devient plus forte que tout". Et aussi, bien sûr : les gestes de François Bon, les bras qui brassent l'air sans arrêt, et les mains de l'ancien ingénieur-mécanicien qui se rapprochent, et les doigts figurant des pinces qui montrent, au public attentif de Mollat, comment ceci et cela s'assemblent pour produire le "miracle" d'un artiste, en l'occurence ce soir : Bob Dylan.

jeudi 2 août 2007

Disparition de Isidore Isou

Actualité décidément triste : l'écrivain Isidore Isou, fondateur du Lettrisme, qui inspirera Guy Debord pour créer le Situationnisme, est décédé le 28 juillet à l'âge de 82 ans. Il y a un article dans un grand journal du soir et un billet de Laure Limongi qui dit sa fureur de ne pas voir plus d'hommages à Isou.

mardi 31 juillet 2007

Disparition de Lisa Bresner

L'écrivain Lisa Bresner est décédée samedi 28 juillet 2007 à l'âge de 35 ans. Professeur de chinois, grande connaisseuse des taoïstes, elle avait publié plusieurs romans, dont Le sculpteur de femmes (Gallimard, 1992), La vie chinoise de Marianne Pêche (Gallimard, 1996) ou Pékin est mon jardin (Actes Sud, 2003).

Vous pouvez lire le billet bouleversant d'Eva Almassy et la réaction d'Hubert Nyssen, ainsi que son site web personnel sur lequel a été ouverte une page d'hommages. Pierre Haski sur Rue89 lui rend également hommage, ainsi que Livres-Hebdo et un grand journal du soir.

dimanche 22 juillet 2007

Le microclimat de La Baule

Tous les ans à La Baule en juillet a lieu Ecrivains en bord de mer.

J'en profite pour faire coïncider un séjour chez des membres de ma famille installés à La Baule avec les dates du festival. L'occasion de rencontrer plusieurs auteurs lus et admirés, de discuter avec eux, d'écouter des lectures.

Discussions improvisées avec plusieurs auteurs, sur les marches de la Chapelle Saint-Anne, entre deux interventions, puis à l'hôtel ou au café, notamment avec Chloé Delaume et François Bon. Il règne à La Baule un étrange microclimat qui fait s'y sentir heureux les auteurs. Brigitte et Bernard Martin, les organisateurs, ont su créer une alchimie secrète, avec la réunion dans le même petit hôtel de charme (au coeur des pins, à deux pas de la plage) de tous les auteurs pendant cinq jours, des écrivains de toutes générations, souvent venus avec leur conjoint. Le public est fidèle, des habitués venant parfois exprès de Nantes pour suivre chaque lecture ou discussion aux horaires quotidiens (11h, 15h, 17h, 18h30, 20h30). Les écrivains sont abordables pour les lecteurs, les dédicaces se font au hasard, les discussions sont naturelles, tout le monde a le temps, tout le monde est en vacances.

Il y a enfin, au-delà de la présence, toujours riche d'enseignements des auteurs en chair et en os (présence, densité du corps, façon de se mouvoir, profondeur du regard), les avant-premières que sont les lectures d'extraits de livres à paraître à la rentrée. Lors de l'édition 2006 il y avait eu la lecture par Christine Angot des premières pages de son puissant Rendez-vous. Cette année, nous avons découvert par la voix de l'auteur La nuit je suis Buffy Summers de Chloé Delaume, et Bob Dylan, une biographie de François Bon. Les interventions de François Bon, trois jours d'affilée à 17h ("Une heure avec Dylan") nous ont permis de le voir lire ses traductions françaises des chansons, déclamées d'une voix parfois presque désespérée, par-dessus la chanson originale, moment émouvant (photo).

Pour Chloé Delaume : un livre-jeu dont la langue m'a semblé aller vers un style plus épuré, presque classique sous la forme "expé". Pour François Bon : un livre qui au-delà de Dylan m'a semblé questionner la façon dont chacun mène son existence, et le mystère qui préside à l'apparition d'un génie.

Et au milieu de cet été maussade, entre le 18 et le 22 juillet il aura fait à peu près beau à La Baule : chaleur modérée et beaucoup de vent, mais le ciel fut indulgent pour les auteurs, qu'il vénère lui aussi, à n'en pas douter...

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