CE MÉTIER DE DORMIR

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jeudi 19 juillet 2012

La Baule, Jacques Serena à Écrivains en bord de mer

J'étais à la rencontre avec Jacques Serena à "Écrivains en bord de mer", qui répondait aux questions de Thierry Guichard du Matricule des Anges.

Belle discussion en tutoiement, avec parfois des confessions de la part de Jacques Serena racontant avec beaucoup d'humour sa vie sentimentale et son travail d'écriture.

J'ai noté quelques phrases à la volée : "Quand on a le désir de comprendre une compagne, on n'est pas sorti de l'auberge" (...) "On veut écrire une chose et cette chose nous emmène à la périphérie et on écrit autre chose". Sur l'autofiction : "Je n'arrive pas à inventer, mais je suis de mauvaise foi heureusement". Sur les rapports entre la vie écrite dans les livres et la vraie vie : "J'ai une grande chance, ma femme ne lit pas mes livres". Sur le pouvoir révélateur de l'écriture : "Certaines choses, quand on les fait, ça paraît légitime, mais dès qu'on les écrit ça paraît désopilant".

Enfin, à propos de la portée politique de ses romans, l'auteur de Sous le néflier (Minuit) et Artisans (Publie.net) a expliqué que l'avenir d'un jeune adulte n'est jamais définitivement scellé, contrairement à ce que la société veut lui faire croire : "Ma vie a commencé à 32 ans, avant j'ai juste surnagé comme j'ai pu. C'est ça que disent mes livres : qu'il y a une alternative".

 

mercredi 18 juillet 2012

La Baule, Claro à Écrivains en bord de mer

C'est Claro qui a fait l'ouverture du festival "Écrivains en bord de mer" à La Baule.

L'auteur de CosmoZ (Actes Sud, 2010) a lu (sur son iPad) "Beckett en corps", une excellente conférence en cercle (une "cir-conférence" a dit Claro) d'introduction à l'œuvre de Samuel Beckett.

"Que peut-on faire avec Beckett ? le relire avec un piolet" a commencé Claro. À propos de chaque livre de Beckett qu'il a évoqué, il a répété cette phrase : "Je trouve ce livre très drôle, même si je ne comprends pas tout" puis il a fait une démonstration de la puissance de l'auteur de Molloy grâce à la blague du fou qui dit au peintre : "accroche-toi au pinceau, je retire l'échelle" qui s'est révélée très efficace.

Claro publie le mois prochain Tous les diamants du ciel chez Actes Sud, dont on peut d'ores et déjà lire les premières pages sur le site d'Edenlivres.

 

jeudi 8 décembre 2011

Bordeaux, Pascal Quignard chez Mollat

Passage de Pascal Quignard à la librairie Mollat, venu présenter son nouveau roman, Les solidarités mystérieuses (Ed. Gallimard).

Rencontre très forte, débutée avec une lecture par l'auteur d'extraits, Pascal Quignard expliquant : "Il vaut mieux toujours commencer par une lecture, qui permet de donner le ton, l'univers."

Après avoir commenté rapidement les extraits lus, il s'est passé quelque chose d'étonnant : Pascal Quignard a fait diffuser dans la salle un nocturne de Chopin, et il a demandé à ce qu'on monte le son, et il l'a écouté, et tout le monde avec lui, durant plusieurs minutes. Pascal Quignard était dans une extrême concentration pendant cette écoute, avec presque les larmes aux yeux, il avait les mains regroupées sur la table, et on aurait dit qu'il priait, et précisément cette écoute de la musique ressemblait à une célébration religieuse, avec toute une assemblée regroupée autour de l'officiant Quignard. Ensuite, il a laissé la salle lui poser des questions sur ses livres.

J'ai pris en notes quelques réponses de Pascal Quignard. Notamment ceci : "À vingt, trente ou quarante ans, j'avais besoin de lire pour vivre : me confronter aux expériences des écrivains m'aidait à vivre. Les lieux dans lesquels j'étais étaient moins importants que les livres que je lisais. En vieillissant, la nature s'est mis à prendre une importance beaucoup plus grande en moi, et c'est devenu une lecture du paysage : contempler est un dérivé du livre ou à la source du livre." Parlant de ses rituels d'écriture, il a expliqué : "Je me lève tôt. J'ai commencé à écrire car je n'ai jamais eu beaucoup de sommeil. Je me lève vers 3-4 heures, 4-5 heures du matin, ça dépend des jours. Je réserve chaque jour quatre ou cinq heures à écrire, lire, rêvasser. Je ne mange pas, je ne me lave pas, j'écris tout de suite, le plus possiblement au contact des rêves et de la nuit. Vers 10-11 heures, ma journée est terminée."

À propos de ce que lire signifie, il a dit : "Je sais d'expérience qu'ouvrir un livre c'est exposer sa vie à une autre narration de sa vie" et aussi : "J'ai fait assez de dépressions nerveuses pour pouvoir dire que le premier signe de la dépression est le fait de ne plus pouvoir lire. (...) Je pense vraiment que je suis [d'abord] quelqu'un qui lit. Je ne peux pas faire de différence entre lire et écrire. Je lis, et ce qui me manque dans le livre, je peux l'écrire."

Pascal Quignard a conclu : "Mon but : éprouver plus intensément la vie que je peux mener" et répondant sur une question lui demandant comment il a vécu son prix Goncourt en 2002 : "Le Goncourt, quand on ne s'y attend pas, passe comme l'eau sur les ailes d'un canard."

     - Le podcast intégral de la rencontre est disponible sur le site de Mollat.
     - Voir l'entretien vidéo réalisé peu avant la rencontre.

 

mardi 18 octobre 2011

Bordeaux, Carlos Fuentes à l'Institut Cervantes

Passage de Carlos Fuentes à la Casa de Goya, dans les locaux de l'Institut Cervantes de Bordeaux.

Très impressionnante énergie, forte présence, grande disponibilité et humour, chez le romancier mexicain de 83 ans qui semble en avoir quinze de moins. Dès les premières minutes, Carlos Fuentes a laissé une salle archicomble mener le débat en posant des questions sur l'écriture, le Mexique, la France (il est revenu notamment sur son attrait pour la Dordogne). Fuentes a expliqué qu'il terminait actuellement l'écriture d'un roman sur Nietzsche et l'Éternel retour. Il a aussi conseillé aux écrivains : travaillez, travaillez, travaillez, ayez une discipline de fer.

L'auteur de Terra Nostra et Les Années avec Laura Díaz (Ed. Gallimard) séjourne actuellement dans la capitale de l'Aquitaine où il sera fait docteur Honoris Causa de l'Université de Bordeaux le jeudi 20 octobre.

 

samedi 23 juillet 2011

La Baule, Régis Jauffret à Écrivains en bord de mer

J'assistais ce soir à la rencontre avec Régis Jauffret à Écrivains en bord de mer.

Le programme prévoyait un échange entre Régis Jauffret et Matthias Énard, mais ce dernier n'a pas pu venir pour raisons de santé. L'auteur de Microfictions (Ed. Gallimard), en lui rendant hommage, a expliqué que pour lui Énard est "actuellement le plus grand écrivain français vivant".

Jauffret a répondu aux questions de Bernard Martin, j'ai noté quelques phrases : "J'ai une infirmité, j'ai une impossibilité à écrire autrement que sous forme de fictions, et c'est une sorte d'infirmité." (...) "La fiction est dans la métaphore, aussitôt qu'il y a métaphore il y a fiction" (...) "La littérature a un grand rapport avec l'insomnie. J'écris parce que je n'ai pas assez dormi."

Il a évoqué à demi-mots le procès contre son roman Sévère (Ed. du Seuil), dont l'interdiction a été demandée par des personnes privées : "À partir du moment où on met "roman" [sur la couverture], c'est que c'est faux. Or, cette définition ne suffit pas pour la loi française." (...) "Aujourd'hui, pour être à peu près libre dans la littérature, il faut raconter des romans d'amour, des choses abstraites ou faire des textes expérimentaux, mais dès qu'on parle du réel et que le réel est polémique, le chemin est fermé." (...) "Un livre semblable sur un fait divers ne serait plus publié aujourd'hui, et il arrivera un moment où ces livres ne seront même plus écrits" (...) "Le romancier est libre mais pas tant que ça. La Recherche du Temps perdu, si elle paraissait aujourd'hui, il y aurait une foule de procès [de la part de tous les personnages qui s'y reconnaitraient]".

Et j'ai aussi noté une phrase, la dernière phrase de l'intervention de Régis Jauffret, phrase restée en suspend, et mystérieuse : "La barrière du langage nous cloisonne."

 

vendredi 22 juillet 2011

La Baule, Nathalie Quintane à Écrivains en bord de mer

J'étais à la lecture de Nathalie Quintane cet après-midi à Écrivains en bord de mer.

Pur moment de quintane-essence, à la fois politique et humoristique, pour cette lecture de passages, commentés par instants, de Tomates (Ed. POL), le récit de Nathalie Quintane évoquant l'affaiblissement des libertés fondamentales en France, écrit à la suite de l'affaire de Tarnac. Et c'était l'exact moment, moins d'un an avant mai 2012, et l'exact lieu, la station balnéaire préférée du pouvoir actuel, pour lire ce texte en public.

 

jeudi 21 juillet 2011

La Baule, Chloé Delaume à Écrivains en bord de mer

De passage à La Baule, j'ai été écouter Chloé Delaume au festival Écrivains en bord de mer.

Chloé a présenté les auteurs de sa collection Extraction aux Éditions Joca Seria. Elle a également fait une lecture d'un texte inédit, deux chapitres d'un livre à paraître : Une femme avec personne dedans. C'est un roman qui s'annonce des plus passionnants, avec pour l'auteur de Dans ma maison sous terre une interrogation redoublée et toujours plus profonde sur soi-même. Deux phrases extraites de ce texte superbe, notées à la volée dans mon calepin : "Qui suis-je ? peut-être suis-je une femme avec personne dedans." (...) "Je suis la nullipare, jamais je n'ai accouché, jamais je n'enfanterai." Parution de ce nouveau livre début 2012 au Seuil, coll. Fiction & Cie.

 

vendredi 15 avril 2011

Bordeaux, Mathias Énard et Olivier Rolin à La Machine à Lire

Olivier Rolin et Mathias Énard étaient de passage à Bordeaux à la librairie La Machine à Lire. pour présenter leurs derniers livres respectifs : Sibérie (Ed. Inculte) et L'Alcool et la Nostalgie (Ed. Inculte).

Très belle rencontre modérée par Olivier Mony et fascinante discussion entre deux écrivains s'admirant mutuellement et de deux générations successives. Ils ont relaté les circonstances de l'écriture des deux livres : leur traversée de la Russie en train, de Moscou à Vladivostok en 2010 dans le cadre du "Transsibérien des écrivains".

J'ai noté quelques phrases prononcées par Olivier Rolin : "J'aime assez essayer de faire passer quelque chose d'un lieu. C'est un peu de l'ordre du journal de voyage. (...) J'avais déjà été en Sibérie plusieurs fois. (...) Pour moi c'est un voyage dans l'espace mais aussi dans le temps, je repasse par des endroits où j'étais passé vingt ans avant. J'aime bien les retours."

Mathias Énard a expliqué au contraire : "Je me sens incapable de faire des carnets de voyage. Je me sens plus à l'aise dans d'autres territoires. Je peux écrire en voyage, oui, mais sur tout autre chose. Je fais plus confiance à mes souvenirs qu'à ce que je vois sur le moment. L'écriture en direct ne me convenait pas, donc je me suis inventé un passé russe que je n'ai pas."

Répondant à une question du modérateur, Olivier Rolin et Mathias Énard se sont longuement exprimé sur la fiction romanesque et son effacement dans la littérature contemporaine au profit de textes plus près de la réalité. Rolin a expliqué qu'il s'était éloigné progressivement du roman : "Je me sens pour l'instant plus attiré par une recherche de l'exactitude",  se demandant même, au détour d'une phrase, si ses premiers livres, des romans, n'étaient pas plus forts que ceux qu'il écrit aujourd'hui. Énard, dont les livres sont à l'inverse actuellement des pures fictions, en a conclu : "Peut-être que la jeunesse se lance dans la fiction et que la sagesse revient vers autre chose."  

 

jeudi 7 avril 2011

Bordeaux, J.-B. Pontalis chez Mollat

Passage de J.-B. Pontalis à la librairie Mollat de Bordeaux pour y présenter son nouveau livre, Un jour, le crime (Ed. Gallimard).

L'auteur d'Après Freud et Frère du précédent a longuement répondu aux questions de Jean-Marie Planes. Il a dit pourquoi, lui qui déteste la violence, il s'était intéressé à ce sujet : "J'ai eu envie d'aller voir du côté de ce qu'en principe je veux ignorer." Il a expliqué : "Nous avons tous des pensées meurtrières, conscientes ou inconscientes (des rêves), mais cela reste des pensées. Qu'est-ce qui fait que ça franchit une frontière et ça passe à l'acte ? Je n'ai pas cherché à répondre car ça doit rester une énigme. La question du passage à l'acte reste un grand mystère." (...) "Il y a des crimes qui deviennent, sinon mythiques, du moins emblématiques, comme celui des sœurs Papin ou de Violette Nozière." (...) Pontalis a aussi précisé : "Ce livre n'est pas un essai, c'est une recherche pour rôder autour de la folie meurtrière."

 

dimanche 3 avril 2011

Bordeaux, à l'Escale du livre

L'Escale du livre se déroulait à Bordeaux pendant ces trois jours, l'occasion de faire la connaissance de beaucoup d'auteurs lus et appréciés mais jamais croisés en vrai.

J'ai assisté notamment à la discussion de Frédérique Clémençon, venue parler de son dernier livre, Les petits (Ed. de l'Olivier).

Également croisé, Pierric Bailly, l'auteur discret des impressionnants Polichinelle et Michael Jackson (Ed. POL).

Très bonne impression générale de cette Escale du livre, marquée entre autres par la qualité des auteurs invités à des rencontres-lectures et par la présence cette année de la librairie Mollat dont le stand était l'un des plus vastes et des plus animés du salon.

 

mercredi 9 mars 2011

Bordeaux, Hubert Lucot et Claude Chambard chez Mollat

Dans le cadre du Printemps des poètes 2011, la librairie Mollat accueillait au 91 rue Porte-Dijeaux deux poètes contemporains, Hubert Lucot et Claude Chambard, interrogés l'un après l'autre par Didier Vergnaud devant une salle quasiment pleine.

Hubert Lucot a parlé de son dernier livre, Le Noyau de toute chose (Ed. POL). Sur sa façon particulière de pratiquer l'exercice du journal, il a expliqué : "Le travail de la langue amène à romancer le réel. (...) Je suis de plus en plus libre par rapport à ce journal, dans la double perspective intime du roman et du poème". Hubert Lucot a aussi fait une lecture de deux passages troublants, l'un dans lequel l'auteur vient faire une rencontre à l'intérieur d'une prison, l'autre relatant le suicide par défenestration d'une voisine de son immeuble.

Claude Chambard a de son côté présenté son nouveau livre, Carnet des morts (Ed. Le bleu du ciel) qui paraît ce mois-ci, dont il a fait une longue lecture. Il a expliqué que ce volume était le quatrième* d'un ensemble qui en comptera douze, chacun des douze livres comprenant lui-même douze chapitres. Il est aussi revenu sur une de ses marques de fabrique : l'utilisation dans tous ses textes, même en revue, de l'esperluette "&" en lieu et place de la conjonction de coordination "et".

Le podcast est en ligne sur le site de Mollat.

 * Après La vie de famille (2002), Ce qui arrive (2004), et Le chemin vers la cabane (2008), tous aux Éditions Le bleu du ciel.

 

mardi 1 février 2011

Bordeaux, Christine Angot chez Mollat

Passage de Christine Angot chez Mollat, venue présenter son nouveau roman, Les Petits (Ed. Flammarion).

Passionnante rencontre (modérée par l'universitaire Jean-Michel Devésa), qui a permis à Christine Angot d'exposer en profondeur la portée politique de son travail romanesque et de détailler la construction et le style de ce nouveau livre.

J'ai noté au vol sur mon calepin quelques passages.

À propos de la société et de la politique : "Je travaille par rapport à un regard social sur tel personnage ou tel autre. Mon ambition, c'est d'entrer dans cette réalité, c'est d'empiéter sur elle qui croit qu'elle est toute seule, qui croit qu'on ne la voit pas." (...) "J'ai voulu montrer qu'un appartement n'est pas un espace privé, que la violence du monde arrive à passer les murs, que tout ce qu'on connaît et qu'on appelle public, et violence politique, se prolongeait à l'intérieur, par le couple. (...) Les enfants, même touts petits, sont déjà au cœur de ce qui les attend plus tard." (...) "L'esclavage : ça paraît fou que dans l'Histoire quelqu'un ait dit : cet homme, cette femme, m'appartient. Comment une personne a regardé une autre et s'est dit : lui, il est à moi. Ici, je montre comment cette femme met cet homme à son service, comment il lui appartient".

À propos du style : "Qui s'intéresse à quelque chose dit de manière traditionnelle ? fait de manière traditionnelle, oui, c'est de l'artisanat, mais dit ? Il n'y a que le roman qui permet de dire de manière non traditionnelle et d'être sur une brèche politique". (...) "Je pense au son de la phrase en la confrontant à ce qu'on entend dans le réel." (...) "Quand vous écrivez, il faut être juste et exagéré, si vous n'exagérez pas le trait, rien ne sera vu".

Enfin, à une personne du public qui expliquait avoir été mise mal à l'aise par la lecture du livre dont les phrases lui semblaient 'sèches' et 'courtes', Christine Angot a répondu : "Ce qui vous a mis mal à l'aise, ce ne sont pas les 'phrases sèches', elles ne le sont pas, ce ne sont pas les 'phrases courtes', qui ne le sont pas non plus; ce qui vous a mis mal à l'aise, c'est ce qui est dit."

Le podcast intégral de la rencontre est disponible sur le site de Mollat.

 

mardi 30 novembre 2010

Bordeaux, Michel Houellebecq à la librairie Mollat

Escale assez inattendue de Michel Houellebecq à Bordeaux pour une séance de dédicace éclair, sans lecture ni rencontre, à la librairie Mollat.

Houellebecq est un auteur dont j'admire le classicisme du style et la force de vision poétique (sur ce point, je suis en opposition avec la quasi totalité de mes amis et collègues auteurs). Affluence des grands jours dans la librairie et attente d'une heure trente pour les lecteurs. Grande courtoisie du Prix Goncourt 2010, mais aussi l'impression d'un immense éloignement de sa part, et toujours cette concentration immobile (le fameux délai de réponse, déjà observé à la télévision et à la radio).

 

jeudi 25 novembre 2010

Bordeaux, Bernard Noël au festival Ritournelles

Venue de Bernard Noël à Bordeaux, avec une lecture programmée ce matin à la Bibliothèque Mériadeck dans le cadre du festival Ritournelles qui a lieu ici jusqu'au 27 novembre.

L'auteur du Château de Cène, qui a fêté ses 80 ans la semaine dernière, a prêté sa voix, d'une manière magnifique, à ses textes, donnant une lecture lente et très douce.

Bernard Noël a aussi débattu en compagnie de Mathieu Riboulet et Aurélie Loiseleur autour du thème de la journée, "Le corps écrit", remarquant notamment : "Quand on écrit un poème, on n'écrit pas sur une page, on écrit dans un volume".

 

vendredi 15 octobre 2010

Bordeaux, Philippe Forest chez Mollat

Passage de Philippe Forest chez Mollat, venu présenter son nouveau roman, Le siècle des nuages (Ed. Gallimard).

Passionnant échange avec un auteur volubile et décontracté, balayant l'histoire de l'aviation et de la littérature, évoquant incidemment d'autres auteurs, comme Blaise Cendrars, Louis Aragon ou Antoine de Saint-Exupéry.

J'ai noté à la volée sur mon calepin quelques phrases : "Il y a une volonté de ma part de m'affronter au genre de l'épopée" (...) "C'est un roman sur le temps, l'Histoire, mais aussi l'espace" (...) "Saint-Exupéry est un très grand styliste, je m'en suis aperçu en essayant de décrire ce qu'on voit d'un avion, Saint-Exupéry y parvient de façon remarquable."

Évoquant l'expérience singulière de pilote de ligne qui était celle de son père, il explique : "On flotte à la fois dans l'espace et le temps. Par exemple, quand nous lui demandions l'heure, mon père avait sa montre réglée en GMT, sur le Méridien de Greenwich, donc du coup il n'était pas dans le même temps que nous. Cela produit un rapport père-fils fait de relativité."

Sur la littérature et l'existence en général, Philippe Forest a aussi dit : "Toute vie est un roman, la liberté à laquelle nous pouvons accéder consiste à devenir le romancier de sa propre vie. Mentalement il s'agit de réinventer sa vie en la transformant en un roman dont on produise le sens" (...) "Pour un romancier, l'imaginaire investit tout espace vide, on se retrouve exproprié de sa propre vie à travers l'imaginaire qui s'infiltre partout" (...) "Il faut que le roman soit tourné vers l'avenir, il faut laisser le livre ouvert."

Le podcast de la rencontre est disponible sur le site de la librairie Mollat.

 

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