Il y a quelques temps, Emmanuelle Pagano avait fait un billet sur son
"organisation en béton" de mère de famille écrivain (Mardi jour d'écriture). Dans ses
Mémoires, Philippe Sollers détaille son emploi du temps quotidien
(8h30-14h : écriture à la maison; l'après-midi : chez Gallimard; 22h30-minuit :
lecture). Si je réfléchis bien, de mon côté, je ne fais à peu près rien d'autre
que lire ou écrire. Combien d'heures par semaines ?
Tous les matins, 9h-12h : écriture. C'est-à-dire vraiment écriture
: premier jet à la main, ou correction à la main sur un tapuscrit, ou
dactylographie correctrice d'un premier jet, et tout ça sans se lever de son
siège pour faire autre chose que du café (ma drogue légale). Impossible
d'écrire plus de 3 heures, et pour dire vrai, après 2h on est épuisé. Donc : si
ça a bien marché : 4 pages en 2h, et si ça a mal marché : 1 page en 3h.
Chaque après-midi, 14h : la paperasse administrative, les coups de téléphone
à passer, bref les emmerdements en cours (nombreux, comme tout le monde), sans
oublier les manuscrits à imprimer/relier/glisser dans l'enveloppe, poster.
15h-17h : les amis au café, rigolade, potins locaux. 17h30-19h30 : lecture,
avec prise de notes (trouver le livre qui, à ce moment de ma vie, me touchera
au point que j'en ferai une chronique du mois).
Éventuellement, saut de puce chez Mollat, à La Machine à Lire,
chez Olympique,
ou chez Georges,
si un auteur que je veux entendre passe par là, ou bien vernissage (notamment
si le
CAPC organise une exposition importante, ce qui arrive parfois).
21h30-23h30 : écriture du Carnet du lendemain. 23h30 :
lecture rapide puis longue séance de projection de rêves jusqu'au matin.
Deux heures d'écriture le matin, une heure de lecture l'après-midi, deux
heures d'écriture le soir, cinq heures sept jours par semaine, 7 x 5 = 35
heures. Je ne vous dis pas combien je gagne (zéro), puisque de toutes façons je
ne fais pas ça pour l'argent.