CE MÉTIER DE DORMIR

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samedi 8 mars 2008

Le pourcentage de droits d'auteur c'est 10%, pas 8%

Légère surprise en tombant sur la page 6 du petit dépliant didactique "De l'auteur au lecteur : la réalité du livre" que l'ARPEL vient de publier : un camembert intitulé "Le prix du livre, ce qui revient à chacun" indique que les droits d'auteur sont de 8% (le graphique précise "Ces chiffres sont donnés à titre indicatif, il s’agit de moyennes professionnelles").


Non, les droits d'auteurs ne sont pas de 8%, ils sont de 10%. Il y a une tendance des éditeurs à vouloir baisser à 8% ces droits d'auteur, nous devons refuser cette tendance. Il faut rester à 10%. La règle a été, et reste encore pour les auteurs installés, entre 10% et 11%, avec augmentation progressive à 12% à partir de 5000 exemplaires vendus, et 14% à partir de 10000.

Je signe mes contrats d'édition à 10%, point. L'à-valoir on peut toujours le négocier, mais le pourcentage de droits d'auteurs c'est minimum 10% du prix de vente hors taxe. Question de principe.

Si vous êtes éditeur et que vous avez un de mes manuscrits en lecture, inutile de me contacter pour me proposer un contrat à 8% non-négociable : je refuserai la publication et j'expliquerai publiquement sur ce blog les raisons de mon refus.

Il faut être ferme. Nous les auteurs, nous travaillons dur, nous créons, nous avons droit à nos 10%.

mardi 18 septembre 2007

L'ARPEL propose un modèle de contrat type d'édition

L'ARPEL (Agence régionale pour l'écrit et le livre en Aquitaine) propose un modèle de contrat type d'édition et un modèle de contrat de cession de droits audiovisuels, avec les commentaires d'un cabinet d'avocats.

Rappel : début 2007 la SGDL a également mis en ligne un modèle de contrat.

mercredi 12 septembre 2007

Vive la gratuité de la culture

Je reviens sur la notion de gratuité dans le domaine de la culture à la faveur de l'interview d'Eric Arlix sur libr-critique.com. Arlix dirige les éditions è®e, un éditeur de création complètement différent de ses confrères, multi-support, et surtout imprévisible dans le meilleur sens du terme.

Voici ce que dit Eric Arlix :

"Pour internet ou d’autres supports (matériels ou immatériels) l’édition française est carrément moyen-âgeuse et totalement réactionnaire, les grands éditeurs ne peuvent tolérer plus de 3 lignes d’extraits de leurs livres sur leur site alors des fichiers numériques gratuits ça les faits bondir. Un grand éditeur de “gauche” (d’une certaine gauche) me disait récemment qu’un papier dans Elle est un pur bonheur pour un éditeur, ça en dit long sur le niveau de désenchantement d’une profession qui est passé d’Intellectuel à Épicier. S’intéresser à l’art c’est forcément partager des idées, d’une manière ou d’une autre, et le “payant” et le “gratuit” ne s’oppose pas, ils sont hyper complémentaires, peu de personnes le comprennent actuellement, qu’elles soient grosses ou petites, les communautés artistiques restent sectaires, corporatistes et prétentieuses."

Pendant ce temps, la ministre de la Culture, Christine Albanel (qui par ailleurs a récemment, d'une manière assez incompréhensible, interdit aux artistes subventionnés de dire du mal de qui vous savez) installait une énième commission contre ce qu'ils appellent le "téléchargement illégal" (les MP3), présidée par le dirigeant du premier disquaire de France (bonjour le conflit d'intérêts !) et déclarait à cette occasion :

" « Il faut en finir avec l'idée que tout est possible, a-t-elle ajouté. Nous ne pouvons laisser croire que la culture doit être gratuite et que la création [...] n'a pas de prix, donc pas de valeur. »"

Hé bien si, justement, c'est l'inverse : la culture, ou plus exactement la mise à disposition de l'Art, doit être gratuite; et la création a une valeur intrinsèque qui est déconnectée de son prix. Ainsi trois phrases de Rimbaud sont gratuites, l'ont toujours été, le resteront toujours.

Mon projet personnel sera, de plus en plus, de donner à lire gratuitement sur Internet la totalité de mes livres, et de tenter d'inclure dans mes contrats d'édition une clause me permettant de fournir un PDF intégral et gratuit de mes livres. De toutes façons, dans le genre de littérature que je fais, on ne vit pas avec la vente de ses livres (je n'ai même pas gagné 300 euros l'année dernière), alors qu'on me laisse au moins avoir des lecteurs gratuits à défaut d'en avoir des payants.

Si on développe, rien n'empêche que se mette en place progresivement un système de don aux auteurs, façon Jamendo, dans lequel le lecteur paie après coup, par gratitude. Si vous pouviez faire un don Paypal afin de donner directement une somme à Kafka pour le remercier d'avoir écrit ce qu'il a écrit, vous donneriez combien ? Evidemment, maintenant, il va falloir que je devienne le fils de Kafka, et là y a du boulot...

vendredi 25 mai 2007

Un modèle de contrat d'édition disponible sur le site de la SGDL

Un des gros soucis de l'auteur, surtout pour les premiers livres, tient au contrat d'édition que lui propose l'éditeur : que signifient les clauses de ce contrat ? comment les adapter ?

Le site web de la Société Des Gens de Lettres (SGDL) propose depuis peu au format PDF un modèle de contrat d'édition, dont les clauses sont ensuite commentées une à une. Un modèle de contrat de cession des droits audiovisuels est aussi proposé.

Le document est très intéressant à lire et à comparer avec les autres contrats qu'on a déjà eu entre les mains (c'est difficile de voir des contrats : souvent ils sont secrets et les auteurs ne se montrent pas les contrats entre collègues).

A mon avis, un contrat d'édition, ça doit toujours se négocier (par exemple on demande moins d'à-valoir mais en échange on augmente le pourcentage des droits d'auteur, ou bien on réduit le droit de préférence, ou bien on précise le chiffre de mise en place ou on énumère en détail les opérations de promotion, etc.).

MàJ 25/05 : voir l'excellente analyse de Marc Autret, qui pointe du doigt les quelques limites du document de la SGDL.