La chronique de mars est en ligne, elle est consacrée à la superbe Histoire d'un crime, de Victor Hugo (Ed. La fabrique *) racontant heure par heure le coup d'État du 2 décembre 1851.

(* Voir la présentation du livre sur le site de l'éditeur)
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samedi 20 mars 2010
Par MP le samedi 20 mars 2010, 08:27 - livres
La chronique de mars est en ligne, elle est consacrée à la superbe Histoire d'un crime, de Victor Hugo (Ed. La fabrique *) racontant heure par heure le coup d'État du 2 décembre 1851.

(* Voir la présentation du livre sur le site de l'éditeur)
mardi 9 mars 2010
Par MP le mardi 9 mars 2010, 17:29 - livres
À ne pas manquer, le livre de Stéphane Zagdanski, Mes Moires, mis en ligne par l'auteur sur son site Paroles des jours. Pour l'instant il n'y a que la première partie, espérons que la suite suivra.

C'est un texte superbe (paru en 1997 chez Julliard et aujourd'hui épuisé) d'un auteur de 34 ans qui se retourne sur sa courte et déjà longue vie.
Extrait :
De Zagdanski, on conseille aussi le long entretien sur Proust réalisé par Jean-Hugues Larché : Résurrection de Proust (DVD, Ed. R de Paradis, 2008, 18 €)."Surprise. Mon vélo jaune américain au pied du lit, au réveil, un jour de Noël. Je
monte et descends les trottoirs en dégustant inlassablement l'amorti de la suspension, la caresse dorsale du gros ressort argenté. C'est comme chevaucher un kangourou.
Peine perdue. Essaie d'éteindre l'agitation perpétuelle de ton cerveau, juste pour voir. Ne pense plus à rien, vraiment rien, pense: « Tic, tac, tic, tac, tic, tac... » Mais non, impossible, je n'y parviens pas, l'expérience suscitée par pure curiosité échoue, les phrases raffluent aussitôt comme le brouhaha dans une cour de récréation. Ces mots dans ton crâne sont immortels, littéralement. C'est comme ça, rien n'y changera jamais rien."
dimanche 7 mars 2010
Par MP le dimanche 7 mars 2010, 12:14
Je suis surchargé, je termine l'écriture d'un nouveau roman, plus du retard sur la lecture de ma chronique de mars, plus aussi un texte à rendre pour la fin du mois, bref le surrégime, mais quand même j'ai pris le temps de lire le nouveau Patrick Modiano, L'horizon (Ed. Gallimard, 172 p., 16,50 €).

L'horizon est un livre fantastique, un roman extraordinaire, le meilleur Modiano depuis Un pedigree, j'en reparlerai en détails dès que possible.
Modiano est partout dans les journaux (voir le dossier de presse sur l'excellent Réseau Modiano) mais il ne faut pas manquer la longue interview accordée à Sylvain Bourmeau de Mediapart. Et lire aussi Sud-Ouest de ce matin où Modiano dit : « J'aurais dû rester à Bordeaux. Il y avait comme un charme là-bas. La nuit, le port... Une ville un peu comme le Turin de Pavese... » Modiano bordelais ? évidemment !
lundi 1 mars 2010
Par MP le lundi 1 mars 2010, 08:04
Je travaille ces jours-ci sur un texte de commande qui concerne de nouveau Bordeaux.

Bordeaux est en France une ville à part, et c'est aussi une ville qui compte pour moi puisque j'y ai vécu presque 22 années sans interruption. C'est la ville autour de laquelle sont nés les plus grands vins français et qui leur a donné son nom, et une ville à l'architecture classique magnifique, plus belle que Paris, et un port ouvert sur l'océan, et une cité d'écrivains et de philosophes (Montaigne, La Boétie, Montesquieu, Mauriac, Sollers), et c'est une ville qui n'est pas vraiment française mais plutôt bordelaise, une ville qui a été propriété de l'Angleterre, une ville également très ibérique. Mais tout cela on le sait depuis longtemps, d'autres l'ont déjà dit avant moi, donc il faut écrire autre chose.
En fait, il n'y a que deux villes où je parviens à rester fixe longuement et à écrire : Paris et Bordeaux. Paris c'est l'avenir, et Bordeaux c'est un passé qu'il suffit pour moi d'explorer.
(Photo : Boulevard Saint-Germain, Paris)
lundi 22 février 2010
Par MP le lundi 22 février 2010, 11:56
Pour répondre à une sempiternelle et pourtant vraie question, j'écris tous mes livres importants à la main, et voici une photographie de la première page de L'homme pacifique.
J'écris avec un stylo-plume à encre bleue, jadis un Pelikan, aujourd'hui un Waterman, sur des feuilles blanches courantes, couvertes de haut en bas, côté recto seulement. Parce que je peine à me relire, je dactylographie le texte aussitôt, si possible le jour même. Écrire à la main me permet d'écrire plus vite, de transférer d'une traite ma pensée dans les mots sans devoir tracer toutes les lettres. Peu importe que le texte soit illisible, en y revenant je me souviendrai de ce que je voulais dire, je sais que ma mémoire saura boucher les trous.
J'aimerai un jour pouvoir dicter, pour aller encore plus vite, pour penser tout haut. J'avais essayé il y a quelques années les logiciels informatiques de reconnaissance vocale, mais ils ne comprenaient pas toujours ce que je disais, ni mon vocabulaire ni ma ponctuation, je sentais que la machine était déroutée par le texte.
Bien sûr, je n'écris pas tout à la main, ce billet de blog est écrit au clavier directement sur le serveur informatique de Gandi.net. Les mails, et les statuts Facebook également, c'est l'évidence. Mais les phrases quotidiennes du Carnet sont toutes d'abord tracées et longuement raturées à la main sur un vrai petit carnet (vénitien) et seulement ensuite recopiées sur le serveur informatique : on ne corrige bien qu'à la main.

mercredi 10 février 2010
Par MP le mercredi 10 février 2010, 17:58
Tout au bout de l'estuaire face à Bordeaux c'est l'océan, et le premier pays
qu'on rejoint quand on navigue droit devant ce sont les États-Unis
d'Amérique.

Les français ne sont pas les seuls à être attachés aux États-Unis, les bordelais le sont autant si ce n'est plus. Thomas Jefferson (1743-1826) a été le troisième président des États-Unis et l'un des rédacteurs de la Déclaration d'indépendance, son portrait figure sur les billets américains de 2 dollars. C'était un homme des Lumières, admirateur de Montesquieu, ambassadeur des États-Unis en France, grand connaisseur des vins de Bordeaux (philosophe et oenologue, comme Montesquieu). Il connaissait et aimait Bordeaux et la Gironde. Il y a quelques jours une plaque à sa mémoire a été posée au 89 quai des Chartrons, à l'emplacement du consulat des États-Unis (qui date de 1778 et fut la première représentation diplomatique américaine dans le monde), et c'est une bonne nouvelle.
mardi 9 février 2010
Par MP le mardi 9 février 2010, 08:35 - livres
Au menu de la chronique de ce mois-ci : Le Petit-Fils d'Hercule (Ed. Gallimard, Folio *).

C'est un roman libertin anonyme, précédemment publié dans le volume II de la Pléiade des Romanciers libertins du XVIIIe siècle.
(* Voir la présentation du livre sur le site de l'éditeur)
samedi 6 février 2010
Par MP le samedi 6 février 2010, 00:00 - rendez-vous
Pour les lecteurs intéressés, je serai le samedi 13 février à 17h30 à la bibliothèque municipale de Bordeaux (Grand Parc), à l'invitation de Dominique Dat et ses collègues bibliothécaires.

Je répondrai aux questions de Jean-Paul Brussac (librairie Olympique) autour de mes deux derniers livres, L'homme pacifique et Je suis une surprise, et je ferai une petite lecture.
jeudi 4 février 2010
Par MP le jeudi 4 février 2010, 10:30 - livres
J'ai une dette éternelle envers Philippe Sollers : celle de m'avoir ouvert la porte de la bibliothèque.

On est en 1987, je n'ai lu quasiment aucun livre, si ce n'est Montaigne qui m'a fasciné. Les auteurs classiques, dans ma vision d'alors c'est l'enfermement scolaire, la lourdeur, la tristesse, la poussière, etc. Je ne lis pas de livres mais je lis le journal, or chaque mois dans "Le Monde des livres" Philippe Sollers publie un article autour de la réédition d'un auteur classique; il y démontre que ce que cet auteur a écrit a bouleversé la société, a changé la vie, et il cite, il donne à entendre la voix profonde de l'auteur. Ces textes classiques qu'il présente sont les mêmes que ceux que j'avais essayé de lire au lycée, ce sont les mêmes mais ce ne sont plus les mêmes. Sollers m'ouvre les yeux, il m'offre les clés de cette bibliothèque que l'école avait verrouillée; sans ses articles du Monde, je n'aurais jamais rien lu et jamais rien su, je serais resté mort.
Ces articles ont été regroupés en 1994 dans La Guerre du Goût, suivi en 2001 d'Éloge de l'infini. Aujourd'hui, voici la suite : Discours Parfait (Ed. Gallimard, 928 p., 29,90 €), qui contient les articles publiés chaque mois, désormais dans Le Nouvel Observateur, mais aussi des textes sur les peintres (Picasso, Van Gogh, Bacon), les musiciennes (Cécilia Bartoli), et de longs entretiens sur l'Art et la philosophie, notamment avec Yannick Haenel et François Meyronnis.
Ce qu'a fait Sollers avec ces textes, c'est un exercice de transmission à destination des jeunes générations, c'est la prépartion d'une Renaissance qu'il théorise dorénavant explicitement dans la préface de ce nouvel opus. La Guerre du Goût, Éloge de l'infini et Discours Parfait forment le sésame, c'est l'encyclopédie portative de la littérature mondiale, lisez-les.
Extraits :
"À l'opposé de toute vision apocalyptique, ou de « fin de l'Histoire », ou de fascination pour la Terreur, les écrits réunis ici ont pour unique visée la préparation d'une Renaissance, à laquelle, sauf de très rares exceptions, plus personne ne croit." (...)
"On oublie trop vite que Céline est un grand écrivain comique, parfois terrifiant, certes, mais profondément comique. Si vous en doutez encore, lisez ses Entretiens avec le professeur Y, à mourir de rire, comme du meilleur Molière." (...)
"Vous vous frottez les yeux, vous relisez ces phrases. Mais oui, aucun doute, elles sont là." (...)
"C'est vrai : les grands écrivains ne devraient pas mourir. D'ailleurs, ils ne meurent pas, ils se prolongent les uns les autres, ils viennent au secours de celui qui respire encore dans ce monde de fous (les « secours » de Proust : Saint-Simon, Nerval, Baudelaire). Mégalomanie ? Oui, mais ironique : « Je trouvais cruel qu'ils me disent ‘‘il y a longtemps de cela’’, comme si je n'étais pas le centre du monde, comme si les lois universelles m'étaient applicables.»"
samedi 30 janvier 2010
Par MP le samedi 30 janvier 2010, 15:20
Ça y est, c'est officiel : le site de Gallimard annonce la mise en vente des deux volumes de Pléiade d'Œuvres complètes de Jorge Luis Borges pour mars*, dans une édition de Jean-Pierre Bernès.

Borges était entré dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1992 (de son vivant, il avait approuvé le projet de parution) mais un conflit avec les ayants droits avait entraîné le retrait de la vente des exemplaires et on ne pouvait plus se procurer ces deux volumes (sauf à les acheter hors de prix sur le marché de l'occasion). Tout va bientôt rentrer dans l'ordre et le catalogue amputé de la Pléiade sera restauré.
* MàJ février : date de mise en vente annoncée : 16/04/2010
lundi 18 janvier 2010
Par MP le lundi 18 janvier 2010, 21:02 - auteurs
Passage de James Ellroy à Bordeaux, venu présenter à la librairie Mollat son dernier livre Underworld USA (Ed. Rivages).

Impressionnant personnage, de grande taille et grande carrure, vif, souple comme un lynx, il ressemble à celui qu'on imagine : un homme qui n'a peur de rien. Avant la rencontre, il a signé son livre dans la librairie : une heure trente à dédicacer debout, devant la file d'attente, poignée de main à chacun, livre tenu à bout de bras et signé au stylo bille à toute vitesse, quelques mots échangés en anglais, Thanks, suivant, et le tout sans paraître fatigué, et avec bonne humeur.
La rencontre s'est ensuite passée devant une salle remplie à ras bord, en compagnie de deux traducteurs (Yves-Charles Granjeat, assisté de Stéphanie Benson) et d'un modérateur (Christophe Dupuis). Humour à froid presque permanent et quelques grands rires, énorme présence, il a répondu patiemment aux questions du modérateur puis a ensuite longuement échangé avec le public, le tout dans une décontraction typiquement américaine. Il a notamment raconté comment il avait travaillé pour ce livre : "J'ai engagé une personne qui a fait pour moi une recherche historique et a accumulé des notes. A partir de là j'ai écrit 200 pages d'autres notes sur l'intrigue, les personnages, l'époque, puis j'ai fait un plan de 400 pages, un plan extrêmement détaillé. Une fois que j'ai mon plan je sais comment l'histoire va bouger."
Concernant l'attaque de fourgon blindé au début du livre, il a plaisanté : "Je n'ai le droit qu'à une seule attaque de fourgon blindé par ouvrage ! sinon, après, on dilue."
Ellroy a insisté sur sa concentration sur le travail : "Je ne lis pas, je n'ai pas d'ordinateur, pas de téléphone portable, je vis dans un total isolement." Sinon il ne pourrait pas écrire car "le monde qui nous entoure est trop stimulant."
Il a ajouté : "J'ai un don, une vision monomaniaque, ce qui me permet de rester concentré de façon très efficace." Il a aussi confié qu'il ne lisait pas de fiction : "Je ne plaisantais pas quand je disais que je ne tiens pas compte du monde. Je suis comme un chien attaché à son bureau." Et aussi : "Je n'écris pas la nuit, j'écris le jour. Je me lève, je prends deux cafés très forts et j'écris à la main sur un bloc-notes, puis une secrétaire (toujours la même depuis 27 ans) tape à la machine."
Répondant à une question sur l'inspiration, James Ellroy a encore dit : "Je dois remercier l'histoire américaine et l'histoire de Los Angeles qui ont été très généreuses avec moi. Dieu m'a confié une mission : réécrire l'histoire américaine et l'histoire de Los Angeles à ma manière."
Le podcast de la rencontre, ainsi qu'une vidéo, sont en ligne sur le site de Mollat.
vendredi 15 janvier 2010
Par MP le vendredi 15 janvier 2010, 09:23 - livres
J'avais arrêté d'écrire mes chroniques mensuelles de nouveautés en mars 2008, pour cause de journées pleines.

J'ai fouillé et j'ai retrouvé un peu de temps, suffisamment pour me pencher chaque mois sur un texte classique (ou appelé à devenir tel) paru récemment. Ce mois de janvier, on recommence donc avec une nouvelle édition de l'Éloge de la folie, d'Érasme (Ed. Le Castor Astral *).
(* Voir la présentation du livre sur le site de l'éditeur)
jeudi 7 janvier 2010
Par MP le jeudi 7 janvier 2010, 13:21
Long et bel article d'Édouard Launet dans Libération de ce matin à propos du travail des correcteurs d'épreuves, particulièrement dans les maisons d'édition.

C'est une des choses qui m'ont le plus impressionné en arrivant chez Gallimard : le soin apporté à la correction. Le lecteur-correcteur qui s'est occupé de L'homme pacifique l'avait lu et compris vraiment en profondeur et m'a fait des propositions que j'ai à peu près toutes acceptées. Il m'a aussi forcé (mais j'avais toujours le dernier mot) à trouver des solutions à de vrais problèmes de logique et de syntaxe. Et ensuite, la correctrice des épreuves a également été parfaite, j'ai tout validé à une seule exception près.
Donc, comme auteur, oui, vraiment : hommage aux correcteurs, indispensables passeurs de nos textes, et aussi : solidarité avec leurs revendications sociales.
vendredi 1 janvier 2010
Par MP le vendredi 1 janvier 2010, 00:12

François Bon
(Photo François Bon, DR)Par MP le vendredi 1 janvier 2010, 00:01
Meilleurs voeux à tous, je vous souhaite le meilleur en 2010.

Que cette nouvelle année vous apporte de la lecture, de la lecture, et encore de la lecture. Et pour les pauvres galériens qui partagent le sort d'écrivain : de l'écriture, que les histoires se tissent et qu'elles tiennent debout, et que le livre se publie rapidement, et qu'il y ait un petit peu d'argent au bout (quand même). Bonne année 2010 ! *
* Et le rêve serait de pouvoir faire comme Georges Perec : envoyer à tous
ses amis des voeux
sous la forme d'un tiré à part inédit.
dimanche 27 décembre 2009
Par MP le dimanche 27 décembre 2009, 08:55
Fin décembre c'est le moment de faire le bilan de l'année : y a-t-il eu du neuf en 2009 ?

"Une année de fou et malgré tout je suis toujours vivant" (Carnet), oui. Une année commencée à Venise, j'ai hâte d'y retourner, puis la publication coup sur coup de deux romans dont enfin mon premier livre chez Gallimard.
Beaucoup de voyages, beaucoup d'émotions qui se sont succédées, et ça a continué jusqu'à ce mois de décembre. Et aussi des avancées significatives dans mon travail avec l'écriture d'un texte important qui, le moment venu, succèdera à L'homme pacifique (patience).
Sans oublier, côté site web, le début de la mise en ligne de mes manuscrits non publiés, articles parus en revue, contributions à des ouvrages collectifs, petits livres épuisés et autres raretés, mise en ligne qui se poursuivra en 2010, le temps de relire, corriger et faire les mises en page.
jeudi 10 décembre 2009
Par MP le jeudi 10 décembre 2009, 08:46 - livres
Arrivée inattendue d'un petit objet puissant : La montée des Couardes de Claude Chambard (Ed. Contre-Pied, 25 p., 4 €).

Claude Chambard a déjà publié une dizaines de livres, dont en 2002 et 2004 les superbes La vie de famille et Ce qui arrive (Ed. Le Bleu du ciel). La montée des Couardes est un extrait de la suite de ces livres dont l'ensemble s'intitule Un nécessaire malentendu.
Ce livre est un monologue autour de l'enfance et la jeunesse, mais concentré dans un souffle, une langue rapide, cumulative, une phrase dans laquelle les "et" ont cédé leur place aux "&" anciens, empreinte de Chambard devenue familière pour ses lecteurs. Large vision, amplitude de la pensée, profondeur, précision, multitude de scènes hallucinées et rémanentes pour le lecteur. On comprend pourquoi Mondrian a choisi de s'inviter dans ce livre (mais si).
Extraits :
"Je suis un grand malade, un interprète perplexe, un faisceau d'ignorance qui n'exige rien, ou plutôt si, tout de même, un espace sur terre où marcher sans boussole, marcher comme si j'étais une tribu de quatre ou cinq mille hommes, sans autorité, sans guerre, une tribu raffinée où je pourrais vivre à mon aise." (...)
"À six ans, j'arrête de rire, je baisse ma tête, je regarde le mur indifférent, je supplie Grandpère, je mords la poussière, je ne me mélange pas, je ne m'habitue pas, pour toujours." (...)
"Si mon écorce est attaquée, si elle est polluée de gale, si j'échoue, quelle pauvreté, mais aussi pauvre que l'on me jette, je gagnerai oui, tellement oui le souffle, le souffle & si en effet, j'échoue, je ne serais pas le plus mauvais, ni le plus doux."
lundi 7 décembre 2009
Par MP le lundi 7 décembre 2009, 20:44 - auteurs
Retour pour quelques heures en Gironde pour Marie Ndiaye, venue à la librairie Mollat présenter son dernier roman et Prix Goncourt 2009, Trois femmes puissantes (Ed. Gallimard).

Énorme affluence, des dizaines de lecteurs sont restés en bas dans la rue, et lorsque Marie Ndiaye monte sur l'estrade pour s'asseoir devant le micro, la salle applaudit spontanément, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu ça chez Mollat, hommage bordelais à cette grande lauréate du Goncourt, dans la lignée des Proust, Gracq, Modiano, Duras, ou Echenoz.
Étonnante retenue, discrétion, timidité jusqu'au retrait, de Marie Ndiaye, ne sachant pas quoi dire de ses livres, essayant de répondre aux questions érudites, précises, très pertinentes de Dominique Rabaté (auteur d'une étude sur elle aux Éditions Textuel). Elle semble signifier en permanence : j'ai tout dit dans mes livres, regardez ma prose, écoutez-la. Et précisément l'entretien ne démarre vraiment que quand elle est interrogée sur son style, son outil, cette voix supérieure qui est la sienne depuis son premier livre, sa "phrase". J'ai noté ce qu'elle a dit à ce moment-là : "On est censé comme écrivains être les meilleurs connaisseurs de ce qu'on a fait, ce qui n'est pas le cas : on n'est pas soi-même son exégète, son commentateur, on n'a pas réfléchi sur la lecture qu'on a fait de son propre livre."
Parlant de sa phrase, l'auteur d'Autoportrait en vert dit encore : "J'accepte maintenant une certaine simplification de la phrase sans avoir peur qu'elle en soit plus pauvre, ou moins subtile, ou moins belle. Plus jeune, il me semblait que la complexité et le rythme d'une phrase tenait à sa longueur et à sa difficulté syntaxique, maintenant ce n'est plus le cas, j'accepte de travailler sur une matière syntaxique plus pauvre en essayant d'en extraire tout ce que je peux."
Marie Ndiaye a terminé en disant qu'elle n'avait pas encore de nouveau roman en cours mais qu'elle était en train de travailler sur une pièce de théâtre, qu'elle alternait les deux, roman, théâtre, pour respirer.
L'intégralité de la rencontre est disponible en podcast sur le site de Mollat.
À noter que Marie Ndiaye ne s'est pas exprimée ce soir sur l'attaque affligeante, absurde et malsaine, lancée contre elle par un parlementaire de droite (auquel elle avait d'ailleurs déjà répondu en maintenant sa condamnation de la politique sarkozyste).
samedi 28 novembre 2009
Par MP le samedi 28 novembre 2009, 13:49
Eden-Livres, la plateforme de livres électroniques de Gallimard, vient de mettre en vente la version numérique de L'homme pacifique.

L'ouvrage est disponible aux formats PDF (8,50 €) et ePub (9,00 €), via les sites ePagine ou Immateriel. On peut lire les 22 premières pages en ligne sur le feuilletoir.
Je suis ravi que ce livre puisse dorénavant être acheté à la fois en version papier et en version numérique. J'aimerais que tous mes livres, et plus généralement tous les nouveaux livres publiés en librairie, soient disponibles sous ces deux formats, papier et numérique, au choix *.
* Et le rêve serait même de pouvoir acheter les livres sous trois formats : papier, numérique, audio lu par l'auteur.
vendredi 27 novembre 2009
Par MP le vendredi 27 novembre 2009, 17:55
En fouillant dans mes vieux projets de textes, je découvre qu'en 2007 j'avais envisagé d'écrire un hypothétique journal intime de Arvin Sloane, le méchant de la série télévisée Alias.

Alias, diffusée sur la chaîne américaine ABC, a connu 5 saisons (entre les années 2001 et 2006), c'est une série de JJ Abrams (qui fera ensuite la plus excellente encore série Lost également sur ABC*). Alias est l'histoire de Sydney Bristow (jouée par Jennifer Garner), espionne agent double.
La série est bourrée d'invraisemblances mais les bizarres liens familiaux de l'héroïne sont très intéressants (un père adoptif, un père biologique supposé mort, une mère biologique supposée morte, une soeur dont elle ignorait l'existence, etc).
Le méchant de la série, et le tout premier père adoptif de Sydney quand elle est née (mais ça aussi elle l'ignore), est Arvin Sloane (joué par Ron Rifkin, photo ci-dessus). Il dirige un service secret clandestin, c'est un homme du mensonge, manipulateur, traître, tacticien, sans aucun scrupule et qui n'hésite pas à faire assassiner ceux qui lui font obstacle (y compris le petit ami de Sydney, c'est la scène fondatrice de la série), il garde des centaines de secrets, y compris sur sa vie privée (sa santé, par exemple), il possède une immense culture et aussi une immense fortune qu'il utilise pour recueillir les objets mystérieux créés au XVe siècle par un savant et prophète qui ressemble à Léonard de Vinci, objets qui une fois réunis construiront une machine capable de donner la vie éternelle et/ou de voyager dans le temps.
L'idée qu'un personnage aussi dissimulateur que Arvin Sloane puisse tenir un journal intime me plaisait. Finalement, j'ai abandonné le projet, je n'étais pas capable d'écrire ce qu'il pensait.
* Cette année, la série télé vedette de ABC c'est V, une version améliorée de la série de science-fiction du même nom de 1983.
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